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Kenya: le pasteur accusé du "massacre de Shakahola" reste en prison
Un tribunal a ordonné mercredi le maintien en détention du pasteur Paul Nthenge Mackenzie, accusé de la mort d'au moins 133 personnes dans une forêt du sud-est du Kenya où se réunissaient les adeptes de sa secte évangélique.
Paul Nthenge Mackenzie va être poursuivi pour "terrorisme", ont annoncé le 2 mai les procureurs, dans cette affaire baptisée "le massacre de la forêt de Shakahola" qui a suscité un vif émoi dans ce pays religieux d'Afrique de l'Est.
Un juge de la ville de Mombasa (sud-est) a ordonné la prolongation de la détention du pasteur Mackenzie et de 17 co-accusés, dont sa femme, pour une durée de 30 jours à compter du 2 mai, date à laquelle ils avaient comparu devant le tribunal.
Les procureurs avaient demandé 90 jours.
Un total de 133 personnes, dont de nombreux enfants, ont jusqu'à présent été retrouvées mortes. Les recherches de fosses communes et de survivants sont toujours en cours dans cette forêt de la côté kényane.
Il ressort des autopsies pratiquées sur 112 premiers corps que la plupart des victimes sont mortes de faim, vraisemblablement après avoir suivi les prêches de Paul Nthenge Mackenzie, pasteur autoproclamé de l'Eglise Internationale de la Bonne Nouvelle qui prônait de jeûner "pour rencontrer Jésus".
Certaines victimes, dont des enfants, ont toutefois été étranglées, battues ou étouffées, avait indiqué la semaine dernière le chef des opérations médico-légales, Johansen Oduor.
Les autopsies ont également révélé qu'il y avait "des organes manquants sur certains des corps", souligne le Directoire des enquêtes criminelles dans un document judiciaire consulté mardi par l'AFP, évoquant "un trafic d'organes humains bien coordonné impliquant plusieurs acteurs".
Paul Mackenzie est détenu depuis qu'il s'est rendu aux autorités le 14 avril, après que la police a découvert les premières victimes dans la forêt de Shakahola. Une cinquantaine de fosses communes ont été découvertes depuis.
Le plus influent pasteur du Kenya, Ezekiel Odero, a également été arrêté le 28 avril dans le cadre de cette affaire, puis libéré sous caution jeudi dernier.
Il est visé par l'enquête en raison de la présence possible de corps de certains de ses fidèles parmi les cadavres retrouvés à Shakahola. Plus de 20 comptes bancaires lui appartenant ont été gelés.
Ce massacre a ravivé le débat sur l'encadrement des cultes au Kenya, pays en majorité chrétien qui compte 4.000 "églises", selon des chiffres officiels.
Le président William Ruto a créé un groupe de travail chargé de "l'examen du cadre légal et réglementaire régissant les organisations religieuses".
Ce scandale a également placé les autorités sous le feu des critiques pour ne pas avoir empêché les agissements du pasteur Mackenzie, pourtant arrêté à plusieurs reprises pour ses prêches extrêmes.
V.F.Barreira--PC