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Incendie en Suisse : toutes les victimes identifiées, l'Italie dénonce une tragédie évitable
Le long travail d'identification des 40 morts et 116 blessés dans l'incendie d'un bar de la station de ski suisse de Crans-Montana a pris fin lundi, quatre jours après ce drame qui continue de soulever interrogations et critiques.
"Toutes les victimes blessées ont été identifiées", a annoncé lundi la police cantonale du Valais après ce sinistre provoqué, selon l'enquête, par des bougies dites "fontaines" dans le sous-sol de l'établissement Le Constellation la nuit de la Saint-Sylvestre.
Les clients du bar, principalement des adolescents et de jeunes adultes, s'étaient retrouvés piégés par les flammes à l'intérieur. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ont montré des personnes tentant désespérément d'en sortir.
"Cette tragédie aurait pu" et "dû être évitée grâce à la prévention et au bon sens", a tonné lundi l'ambassadeur d'Italie en Suisse, Gian Lorenzo Cornado, présent à l'aéroport de Sion, dans le canton du Valais, pour le rapatriement des corps de cinq des six adolescents italiens ayant péri.
Depuis dimanche on sait que sur les 40 défunts, âgés de 14 à 39 ans, la moitié étaient mineurs. Il s'agit de 22 Suisses, dont un qui a également la nationalité française, et de 18 étrangers, selon la police cantonale du Valais.
Celle-ci a en outre précisé lundi que le nombre des blessés, auparavant établi à 119, avait été ramené à 116, dont 83 toujours hospitalisés.
Selon un comptage actualisé, parmi ces blessés figurent 69 Suisses, 23 Français et 12 Italiens, dont des binationaux.
- Macron sur place vendredi -
Le local et ses voies de sortie étaient-ils aux normes ? Pourquoi autant de mineurs y étaient-ils présents au moment du drame ? Pourquoi le feu s'est-il propagé aussi rapidement ?
L'enquête devra faire la lumière sur ces nombreuses questions, qui pourront engager la responsabilité de la commune comme des propriétaires français du bar, qui avaient effectué des travaux d'ampleur à sa reprise en 2015.
Ceux-ci, Jacques et Jessica Moretti, font depuis samedi l'objet d'une enquête pour "homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence" mais ils n'ont été ni placés en détention provisoire, ni assignés à résidence, ce qui a suscité l'étonnement jusqu'au-delà des frontières.
"En Italie, ils auraient été arrêtés", a protesté lundi l'ambassadeur italien, pointant du doigt de "nombreuses lacunes en matière de sécurité et de prévention".
"On comprend et on partage la colère, on comprend et on partage les réactions très émotionnelles, très fortes après le drame", a réagi lundi le président du gouvernement valaisan, Mathias Reynard.
Mais "il faut que l’enquête se passe, il faut que la justice fasse son travail, il faut que des réponses soient apportées aux familles parce que même si ça ne leur rendra pas leurs petits, on doit cette transparence et justice à ces familles", a-t-il ajouté.
La commune de Crans-Montana, quant à elle, a annoncé s'être portée partie civile pour "apporter activement sa contribution à l'établissement complet des faits".
Lundi dans la ville voisine de Sion, les cercueils de couleur crème de cinq des six Italiens morts ont été transportés du centre funéraire jusqu'à l'aéroport militaire, d'où a décollé l'avion qui devait les déposer à Milan puis à Rome, ont dit les autorités italiennes.
A Paris, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a fait savoir que le président Emmanuel Macron se rendrait vendredi en personne en Suisse, pour la cérémonie d'hommage prévue par les autorités.
Un 9 janvier qui sera décrété jour de deuil national dans ce pays alpin.
G.Teles--PC