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40 roses blanches, l'hommage bouleversant aux victimes de l'incendie en Suisse
Portant un seau à la main rempli de roses blanches, Azeddine Mekrabech a fait le déplacement vendredi à Crans-Montana, alors que la Suisse entière rendait hommage aux dizaines d'adolescents et jeunes adultes qui y ont perdu la vie dans un incendie la nuit du nouvel an.
Une bâche protège désormais de la neige les innombrables fleurs, ours en peluche et bougies qui sont déposées devant le bar Le Constellation, dans la station de ski où 40 personnes ont perdu la vie, dont des Français et des Italiens.
Azeddine Mekrabech dépose délicatement ses roses blanches sur cet autel improvisé.
"J'en ai apporté 40. Une pour chacune des victimes", confie à l'AFP ce Lyonnais de 30 ans.
Huit jours après la tragédie, qui a également fait 116 blessés, en majorité grièvement brûlés, la Suisse a observé vendredi une journée de deuil national.
De nombreuses autres personnes sont venues de loin à la station de ski de Crans-Montana et rendre un hommage aux jeunes victimes qui fêtaient la Saint-Sylvestre dans le bar.
"Je suis quelqu'un qui fait assez la fête. Ça m'a fait penser à moi. Je me suis dit, on aurait pu être dans une soirée sans faire attention et être piégé comme ça", explique M. Mekrabech.
- "Horrible" -
Comme Azeddine, ils étaient nombreux à suivre la cérémonie officielle qui était retransmise en direct sur des écrans géants à Crans-Montana, depuis la ville de Martigny, située en contrebas dans la vallée du Rhône.
Lorsque les secouristes sont entrés dans le centre des congrès, se dirigeant vers une centaine de places réservées, ils ont été accueillis par une ovation.
Nicolas Dobler, pompier volontaire de 38 ans dans le canton suisse du Jura, est venu avec trois collègues pour allumer des bougies au mémorial. "On est venu exprès aujourd'hui pour la journée de deuil national et aussi pour soutenir vraiment nos collègues sapeurs-pompiers qui ont vraiment vécu quelque chose d'horrible", dit-il à l'AFP.
"C'est une situation qu'on n'aimerait jamais rencontrer. On ne peut pas se préparer à ce genre de situation, ce n'est pas possible, même en faisant toutes les formations possibles", explique-t-il.
Olena, une réfugiée ukrainienne de 61 ans résidant dans la ville voisine de Sion, est elle aussi montée à Crans-Montana : "Ici aussi, des gens meurent. C'est terrifiant. Nous sommes venus honorer toutes ces victimes".
- "Incroyable" -
"J'ai tenu comme valaisan à être présent avec ma famille et mes petits-enfants pour témoigner aussi notre soutien, notre solidarité", explique aussi Wilhelm Shnyder, 60 ans.
"C'était important de se réunir, je pense que c'est très important pour toute cette région. On est tous beaucoup touchés, surtout la jeunesse", témoigne aussi Cathy Simon, habitante du Jura suisse portant un énorme ours en peluche, soulignant que "c'était une très belle cérémonie, très simple et vraiment très touchante".
Devant Le Constellation, Federico Gelle, un Italien de 17 ans venu de Toscane, a lui allumé une bougie. Il s'est agenouillé, semblant prier parmi les bouquets de fleurs, avant de se relever, les yeux embués de larmes.
"C'est terrible, mais c'était évitable", dit-il à l'AFP.
"Je n'ai perdu personne ici... mais c'est tellement triste", poursuit-il, la voix brisée.
Matthias Gerhardt, 61 ans, a lui fait le déplacement depuis Genève. "C'est tellement grave ce qui est arrivé, c'est incroyable. C'est pour ça que j'ai fait tout ce chemin", témoigne-t-il.
"C'est quand même une journée de deuil national. C'est important qu'on puisse exprimer notre colère et de pouvoir discuter avec les gens", souligne-t-il, ajoutant: "C'est important d'y participer".
P.Mira--PC