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Affaire Epstein: Keir Starmer "regrette" d'avoir nommé Mandelson ambassadeur aux Etats-Unis
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a dit mercredi devant le Parlement "regretter" d'avoir nommé comme ambassadeur à Washington Peter Mandelson, accusant ce dernier d'avoir "menti de façon répétée" sur ses liens avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein.
Peter Mandelson, qui a été démis de son poste d'ambassadeur en septembre dernier, est depuis mardi sous le coup d'une enquête de police, soupçonné d'avoir transmis des informations financières sensibles à Epstein alors qu'il était au gouvernement entre 2008 et 2010.
Ces dernières révélations, issues des documents publiés par le ministère américain de la Justice, marquent une nouvelle étape dans la chute de Mandelson et une source d'embarras supplémentaire pour le chef du gouvernement travailliste, déjà impopulaire et confronté au mécontentement au sein même de son parti.
Peter Mandelson "a menti de façon répétée à mon équipe lorsqu'on lui a posé des questions sur sa relation avec Epstein avant et pendant son mandat d'ambassadeur. Je regrette de l'avoir nommé", a déclaré Keir Starmer. Face aux assauts de la cheffe de l'opposition conservatrice Kemi Badenoch, il a dû reconnaitre formellement qu'il était au courant des relations entre Epstein et Mandelson. "Si j'avais su à l'époque ce que je sais maintenant, il n'aurait jamais" été nommé, a précisé le Premier ministre.
"Mandelson a trahi notre pays, notre parlement et mon parti", a ajouté le dirigeant travailliste.
L'opposition veut contraindre Keir Starmer à publier tous les documents liés à la nomination et aux conditions de la révocation de Mandelson, après seulement sept mois à Washington.
Peter Mandelson avait été démis de ces fonctions à la suite de précédentes informations sur ses liens avec Epstein, notamment une lettre écrite pour le 50e anniversaire du financier dans lequel il disait le considérer comme son "meilleur ami". Le gouvernement avait alors expliqué que "l'étendue des relations de Peter Mandelson avec Jeffrey Epstein" n'était pas connue au moment de sa nomination.
Keir Starmer s'est dit prêt à dévoiler les documents réclamés, à l'exception de ceux qui pourraient "être préjudiciables à la sécurité nationale ou aux relations internationales".
- "Sabotage" -
Un engagement insuffisant pour Kemi Badenoch, qui a accusé le gouvernement de "sabotage", avant un débat prévu dans l'après-midi au Parlement.
Figure du parti travailliste, artisan avec Tony Blair du New Labour, plusieurs fois ministre, ancien commissaire européen, Peter Mandelson, 72 ans, est un homme d'influence qui avait toujours su rebondir. Jusqu'à ce que son amitié avec le pédocriminel Jeffrey Epstein, mort en prison en 2019, finisse par le faire tomber.
Des documents font maintenant soupçonner qu'il ait divulgué au financier américain des informations susceptibles d'influencer les marchés, notamment lorsqu'il était ministre du Commerce dans le gouvernement travailliste de Gordon Brown, de 2008 à 2010.
La police a ouvert mardi une enquête pénale le visant, peu après que Gordon Brown lui ait transmis des informations sur ce qu'il a qualifié d'"acte inexcusable et antipatriotique" de la part de Mandelson.
Mandelson a quitté le parti travailliste dimanche soir, puis la Chambre des Lords mercredi. Il n'a pas commenté les dernières révélations.
Dimanche, il avait assuré n'avoir "ni trace, ni souvenir" de versements d'un total de 75.000 dollars (63.200 euros) de la part du financier américain en 2003 et 2004, dont semblent attester des relevés bancaires publiés dans le cadre du dossier Epstein.
Il avait également assuré ne pas savoir qui était la femme à ses côtés sur une photo le montrant en t-shirt et caleçon, publiée dans le même cadre.
En janvier, dans une interview à la BBC, Mandelson avait fini par s'excuser auprès des "femmes et filles qui ont souffert" des agissements d'Epstein, reconnaissant avoir eu tort d'avoir maintenu ses liens avec le criminel sexuel après la condamnation de ce dernier en Floride en 2008 pour recours à des prostituées mineures.
L'ancien ministre avait auparavant assuré avoir été "tenu à l'écart", en raison de son homosexualité, des agissements sexuels du financier, qui recrutait des jeunes filles mineures pour les exploiter.
T.Batista--PC