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"Nazi sans prépuce": pas de jugement dans l'affaire Meurice, l'affaire renvoyée à un nouveau procès
Les conseillers prud'hommes chargés de se prononcer sur le licenciement de l'ex-humoriste de France Inter Guillaume Meurice n'ont pas réussi à s'accorder sur un jugement et l'affaire sera tranchée lors d'une nouvelle audience dont la date reste à déterminer, a annoncé à l'AFP son avocat lundi.
Limogé par Radio France en 2024 pour avoir avoir qualifié à deux reprises le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de "nazi sans prépuce", Guillaume Meurice conteste la légalité de son licenciement et réclame quelque 400.000 euros de dommages et intérêts à Radio France.
Son ancien employeur assure, lui, que l'humoriste a commis une "faute grave" et manqué à son "devoir de loyauté" en réitérant cette phrase polémique à l'antenne malgré un avertissement.
Cette affaire avait provoqué des turbulences au sein de la première radio de France et ravivé le débat sur les limites de la liberté d'expression.
Faute d'accord entre les quatre conseillers prud'hommes qui ont examiné le dossier lors de l'audience début décembre, l'affaire est renvoyée à "un juge départiteur", un magistrat professionnel qui devra "départager les voix", a déclaré Me Hugues Dauchez, l'avocat de l'humoriste.
Selon une source judiciaire, le délai pour une nouvelle audience peut aller de six mois à deux ans.
"Il faut être patient mais, devant les prud'hommes, il faut toujours être patient", a commenté Guillaume Meurice aux côtés de son avocat, insistant de nouveau sur l'enjeu de ce dossier à ses yeux.
Selon l'humoriste, passé depuis sur Radio Nova, sa défaite devant les tribunaux signifierait "qu'un humoriste pourrait être jugé pour une blague, pourrait être viré pour ce motif-là, pour une blague qui a déplu à la direction".
L'origine de l'affaire remonte au début novembre 2023, quand Guillaume Meurice suggère dans un sketch sur Halloween un "déguisement" de Benjamin Netanyahu, "sorte de nazi mais sans prépuce".
Ces propos, tenus quelques semaines après l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023 en Israël et le début de la guerre à Gaza, provoquent une tempête médiatique et lui valent des accusations d'antisémitisme.
L'humoriste est alors entendu par la police dans le cadre d'une enquête pour provocation à la haine, ultérieurement classée sans suite faute d'infraction suffisamment "caractérisée".
S'estimant blanchi, Guillaume Meurice reprend l'expression à l'antenne en avril 2024 et déclenche une nouvelle et ultime tempête.
Mi-juin 2024, la direction de Radio France le licencie, malgré l'opposition des syndicats et de la rédaction de France Inter, qui dit alors redouter un "précédent grave" pour la liberté d'expression.
T.Vitorino--PC