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L'UE s'engage à se réformer plus vite, pour peser face à la Chine et à Trump
Une Europe plus rapide et plus efficace: les dirigeants des Vingt-Sept se sont engagés jeudi à mettre en oeuvre des réformes pour redresser la compétitivité de l'économie de l'UE, et mieux résister face aux pressions de la Chine et des Etats-Unis.
"On partage le même sentiment d'urgence. Il faut y aller tout de suite et accélérer, parce qu'on est bousculé par la compétition internationale" , a déclaré le président français Emmanuel Macron à l'issue des discussions avec ses pairs européens.
"Une Europe, un marché !", a lancé devant la presse la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s'engageant ainsi à parfaire l'intégration du marché unique, vaste espace de 450 millions de consommateurs toujours entravé par d'importantes barrières internes.
Le président du conseil de l'UE, Antonio Costa, a promis des "mesures concrètes" en mars, lors du prochain sommet européen.
Les dirigeants de l'UE s'étaient réunis au château d'Alden Biesen, dans le nord-est de la Belgique, pour voir comment accélérer un train de réformes favorables à l'économie : suppression de réglementations jugées inutiles, parachèvement du marché unique, et mesures de protection pour les secteurs stratégiques.
Alors que la France et l'Allemagne avaient exposé leurs divergences ces derniers jours sur les priorités (protéger l'industrie via le "made in Europe" pour Paris, déréguler à tout-va pour Berlin), leurs chefs ont tenu à afficher leur unité en arrivant ensemble à ce somme.
"Nous voulons une Europe plus rapide et nous voulons l'améliorer", a lancé le chancelier allemand, Friedrich Merz.
Si elle compte de nombreux atouts, l'économie européenne souffre d'une croissance modeste (1,5% en 2025) et d'un manque de champions dans des domaines d'avenir comme l'intelligence artificielle, nourrissant des craintes de décrochage face à Pékin et Washington.
Et les échanges commerciaux sont devenus un terrain miné, où l'UE se retrouve de plus en plus souvent sur la défensive.
Elle était déjà sous la pression de la Chine, qui contrôle les terres rares essentielles à l'industrie mondiale, inonde le Vieux continent de ses petits colis et gonfle sans limite apparente ses excédents commerciaux.
Mais les assauts viennnent désormais aussi des Etats-Unis, qui depuis le retour au pouvoir de Donald Trump ont menacé d'annexer le Groenland, dégainé l'arme des droits de douane et tiré à boulets rouges contre les règles numériques et environnementales de Bruxelles.
L'ancien président de la BCE Mario Draghi, qui a débattu jeudi avec les dirigeants européens à Alden Biesen, avait servi d'inspiration en 2024 à un ambitieux train de réformes dans l'UE.
- Coopérations renforcées -
L'exercice consiste à lever les barrières internes qui entravent l'activité économique, mettre l'épargne au service des entreprises, et réduire l'empilement des règlementations européennes et nationales.
Mais ce traitement de choc lancé il y a 18 mois par la Commission européenne s'est en partie enlisé dans les procédures législatives de l'UE.
Le sommet a égalementé été marqué par d'"intenses discussions" sur les prix de l'énergie, a reconnu Ursula von der Leyen.
Plusieurs pays, dont l'Italie, réclament une refonte du marché du carbone européen, accusé de pénaliser les industriels, et exigent l'abandon de la suppression progressive des quotas gratuits d'émissions de CO2.
Mais "ce serait une erreur stratégique de dire que la compétitivité suppose d'abandonner le climat", a mis en garde Emmanuel Macron.
Sur la "préférence européenne", autre pomme de discorde, le président français a précisé que la liste des secteurs concernés serait définie en mars, alors que Bruxelles doit dévoiler à la fin du mois une proposition de loi sur ce sujet.
Il s'agit de fixer des obligations de produire en Europe à certaines entreprises qui bénéficient d'aides publiques, comme l'automobile.
Mais, dans une apparente concession à l'Allemagne, qui voulait préserver les partenaires de l'Europe, Bruxelles propose désormais que les produits des Etats aux règles similaires à l'Europe soient assimilés à ceux "fabriqués dans l'UE", selon une version du projet consultée par l'AFP.
Paris et Berlin sont par ailleurs en désaccord sur le plan budgétaire. M. Macron a proposé des investissements massifs financés par des emprunts communs, ou "eurobonds". Une idée rejetée à ce stade par Berlin, mais qui sera également abordée le mois prochain, dans le cadre des discussions sur le futur budget de l'UE.
L'idée d'un nouveau régime juridique pour les entreprises, baptisé EU Inc, qui réduirait leurs formalités administratives, a en revanche recueilli un assez large consensus, tout comme un assouplissement des règles sur les fusions, pour permettre la naissance de champions européens dans des domaines comme les télécoms.
Enfin, plusieurs dirigeants ont ouvert la porte à des "coopérations renforcées" pour appliquer certaines mesures, ce qui reviendrait à ne les appliquer que dans les pays qui sont volontaires, s'il s'avérait trop compliqué de s'entendre à 27.
G.Teles--PC