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La France en "crue généralisée", évacuations localisées près de la Garonne
La France est en "crue généralisée", a prévenu vendredi l'organisme de surveillance Vigicrues avec deux départements toujours en vigilance rouge, une vingtaine en orange et des évacuations localisées d'habitants dans le Sud-Ouest, après plusieurs perturbations successives cette semaine dont la violente tempête Nils.
La Gironde et le Lot-et-Garonne, placés en vigilance rouge dès mercredi, ont été maintenues à ce stade d'alerte pour vendredi et samedi, avec des niveaux qui "vont continuer de progresser jusqu'à dimanche", selon le dernier bulletin de vigilance en date.
Et l'épisode n'est "pas du tout terminé" en raison de nouvelles pluies attendues, selon Lucie Chadourne-Facon, directrice de Vigicrues.
"Les perturbations qui arrivent vont réalimenter les crues. Donc on n'est pas du tout dans une logique de retour à la normale dans les jours qui viennent", a-t-elle averti lors d'une conférence téléphonique organisée par le ministère de la Transition écologique.
Les tronçons de ce fleuve situés entre Agen (Lot-et-Garonne) et Langon (Gironde) sont particulièrement surveillés. Des évacuations limitées d'habitants ont eu lieu vendredi sur ses rives, la crue inondant partiellement plusieurs communes.
- "Moi, je ne bouge pas" -
A Aiguillon (Lot-et-Garonne), bourg d'environ 4.000 habitants, la municipalité a mis en œuvre des évacuations préventives, avant le pic attendu samedi, avec deux quartiers où vivent 900 personnes sous la menace de la montée des eaux.
"Il vaut mieux prévoir le pire plutôt que de se retrouver à agir dans l'urgence", justifie le maire de la commune, Christian Girardi. "On ne peut pas obliger les gens à évacuer mais pour ceux qui voudront, nous sommes prêts. On a réquisitionné le gymnase, installé des lits de camp, commandé des plateaux repas."
Vendredi en milieu d'après-midi, une trentaine de personnes seulement y avaient trouvé refuge.
"Ce matin, on avait de l'eau un peu plus haut que la cheville dans la cuisine, tout l'électroménager était tombé en panne. On ne pouvait pas rester avec les enfants", a raconté à l'AFP Soraya, mère de famille de 34 ans.
Nombre d'habitants préféraient cependant rester chez eux, rompus à ces épisodes.
"Moi je ne bouge pas, j'habite là depuis 1985, j'ai vu des crues supérieures à 10 mètres et on n'a jamais évacué", relatait Nicole Soullier, 66 ans, alors que la crue actuelle ne devrait pas atteindre ce niveau.
"J'ai l'habitude de l'eau à la maison (...) On se barricade comme on peut, avec des planches sur la porte, et on relativise, sinon les enfants vont paniquer", abondait Ana Mendès, mère de famille de 39 ans.
Plus en aval à Tonneins, 14 personnes ont également été mises à l'abri vendredi matin. Quelques dizaines de personnes avaient quitté temporairement leurs logements dès mercredi soir à La Réole (Gironde) face aux débordements.
- "On s'embourbe" -
La préfecture de Gironde a mis en garde vendredi contre une brèche présente sur une digue à Jusix (Lot-et-Garonne), qui menace deux communes et 600 habitants au total. Aux abords de La Réole, "des submersions de digues sont attendues", a-t-elle aussi prévenu.
A Bergerac, en Dordogne, près d'une trentaine de personnes ont fait l'objet d'une évacuation préventive.
"On est sur un phénomène d'une ampleur exceptionnelle (...), c'est quasiment l'ensemble du territoire qui est concerné", a souligné Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique, dans les locaux de Météo-France.
Et ces crues ralentissent le travail des techniciens venus rétablir les réseaux malmenés par Nils, comme l'explique Eric Van der Vliet, directeur territorial d'Enedis pour la métropole bordelaise et présent jeudi sur un chantier de réparation.
"C'était totalement inaccessible. Il faut tout porter à pied et on s'embourbe. Donc c'est vraiment très compliqué", a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse, disant espérer un retour à la normale en début de semaine prochaine.
Vendredi soir, 70% des clients avaient pu être réalimentés en électricité au niveau national mais plus de 260.000 foyers restaient privés de courant, selon Enedis.
bur-dep-jmi-mer-paa-jed/bfi
L.Mesquita--PC