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Lyon: un jeune du collectif identitaire Némésis dans un état "désespéré" après une agression
Un homme de 23 ans, Quentin, se trouve vendredi dans un état "désespéré" à Lyon au lendemain d'une agression, par des militants d'extrême gauche selon le collectif identitaire Némésis dont il assurait le service d'ordre, l'extrême droite fustigeant l"impunité" des groupes antifascistes.
Ce drame a déclenché d'innombrables réactions politiques, particulièrement dans les rangs de l'extrême droite. Marine Le Pen a appelé à considérer comme "terroristes" les "milices d'extrême gauche" et Jordan Bardella a sonné la "mobilisation de l'ensemble de la classe politique" en pointant du doigt le groupuscule dissous La Jeune Garde, proche de LFI.
Le parquet de Lyon a annoncé vendredi avoir ouvert une enquête pour "violences aggravées" pour cet homme hospitalisé depuis la veille avec un pronostic vital engagé.
Le jeune est "entre la vie et la mort", a déclaré sur la plateforme X le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, qui dénonce une "folie furieuse qui s'est déchaînée alors que se tenait une conférence de Rima Hassan", eurodéputée LFI.
"Quentin se trouve dans un état désespéré après avoir été passé à tabac par une dizaine d'individus", a déclaré l'avocat du jeune homme et de sa famille dans un communiqué.
"La thèse de la simple +rixe+ entre deux groupes rivaux ne semble pas correspondre à la réalité des faits: il s'agirait plutôt d'un lynchage gratuit de la part de plusieurs individus, en surnombre et armés, qui se seraient acharnés sur la victime isolée", ajoute Me Fabien Rajon.
Selon le collectif Némésis, proche de l'extrême droite, Quentin faisait partie du service d'ordre chargé d'assurer la sécurité de ses militantes qui manifestaient devant l'Institut d'Etudes Politiques (IEP) de Lyon contre une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan.
Ils y ont été pris à partie par des militants d'extrême gauche, a assuré Némésis qui parle d'un "lynchage" d'une "extrême violence" dans un communiqué.
- "Violence insupportable" -
"Il y a eu des échauffourées et une rixe entre des militants d'extrême droite et d'extrême gauche" comme il s'en produit "très régulièrement" sur le campus de l'Université Lyon 2 et devant l'IEP tout proche, et les policiers sont intervenus une première fois, a expliqué à l'AFP une source proche de l'enquête. Selon elle, les protagonistes se sont ensuite dispersés.
Plus tard, à plus d'un km de là, les pompiers ont été appelés pour deux blessés, dont l'un était Quentin, "très grièvement blessé". Une première source proche de l'enquête a initialement évoqué des coups de couteau, mais cela n'a pas été confirmé jusqu'ici. L'autre jeune, âgé de 22 ans, était légèrement blessé.
Selon d'autres sources proches de l'enquête, Quentin souffrait de traumatismes crâniens graves.
"A ce stade, le contexte et les circonstances de ces faits doivent être déterminés", a indiqué prudemment le parquet dans un communiqué, ajoutant que l'enquête avait été confiée à la Direction interrégionale de la police.
Alice Cordier, présidente de Némésis, a accusé des membres de la Jeune Garde, un collectif antifasciste lyonnais créé en 2018 mais dissous par le gouvernement le 12 juin 2025 notamment pour des "agissements violents" récurrents, tout comme, le même jour, le groupe Lyon populaire, un groupuscule d'extrême droite lyonnais, pour les mêmes motifs.
Ce sont généralement ces deux groupes qui s'affrontent régulièrement dans des rixes devant le campus de Lyon 2 depuis des années. "Mais c'est la première fois que l'on se retrouve avec une personne entre la vie et la mort", observe la source proche de l'enquête.
"C'est une violence insupportable! Un jeune homme est entre la vie et la mort, c’est terrible!", a écrit X Philippe Baptiste, en demandant "aux dirigeants des établissements d'enseignement supérieur une mobilisation encore accrue en la matière".
De son côté, le président des Républicains, Bruno Retailleau, a mis en cause "l'extrême violence qui règne dans les satellites qui gravitent autour de LFI".
Pour sa part, le secrétaire général du parti Renaissance, Gabriel Attal, a dénoncé "la violence de l'extrême gauche (qui) s'est déchaînée", appelant à une "condamnation unanime" de ces faits "extrêmement graves".
Rima Hassan a elle "fermement" condamné l'agression. "J'ai appris avec effroi les faits concernant le jeune homme Quentin, actuellement entre la vie et la mort à la suite d'un affrontement survenu hier à Lyon entre des militants antifascistes et des militants identitaires, présents aux côtés du collectif d'extrême droite Némésis, venus perturber la conférence à laquelle j'étais invitée à participer par les étudiants de Sciences Po", a écrit l'eurodéputée sur X.
Le député Manuel Bompard, coordinateur de LFI, a condamné "avec la plus grande fermeté toute violence physique" à propos de l'agression de Quentin, assurant qu'aucun membre de l'équipe de Rima Hassan ou de son parti n'avait "eu de contact avec les groupuscules fascistes qui ont tenté de perturber" sa conférence. "Personne ne doit perdre la vie pour ses idées", a-t-il conclu.
A.Aguiar--PC