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Pérou : second tour en vue pour Fujimori qui salue une victoire sur "l'ennemi" de gauche
La candidate de droite à la présidentielle au Pérou Keiko Fujimori a salué lundi une victoire sur l'"ennemi" de gauche, alors que les premiers décomptes la placent en position d'accéder au second tour, à l'issue d'un scrutin marqué par de graves défaillances et des accusations de fraude.
Loin des 50% nécessaires pour l'emporter dès le premier tour, la fille de l'ancien président autocrate Alberto Fujimori (1990-2000), âgée de 50 ans, pourrait affronter le 7 juin l'ultraconservateur Rafael Lopez Aliaga, bien placé dans une course serrée pour la deuxième place.
Le dépouillement officiel avance lentement, tandis que des retards dans l'acheminement du matériel électoral ont empêché dimanche l'ouverture d'une quinzaine de bureaux de vote.
Des dizaines de milliers d'électeurs n'ont pas pu voter. Le Jury national électoral (JNE) a annoncé le report de leur ouverture lundi de 07H00 (12H00 GMT) à 18H00 (23H00 GMT).
"Les résultats du comptage rapide sont un signal très positif pour notre pays, car (...) l'ennemi c'est la gauche", s'est félicité Keiko Fujimori, candidate pour la quatrième fois, après la publication d'un comptage rapide de l'institut Datum. Selon ces résultats, elle recueille 16,8% des voix, contre 12,9% à Rafael Lopez Aliaga, talonné par le candidat de gauche Hernando Nieto (11,6%) et le centriste Ricardo Belmont (10,1%).
Des sondages à la sortie des urnes avaient déjà placé Keiko Fujimori en tête, suivie de plusieurs candidats dans un mouchoir de poche, dont l'ancien maire de Lima, Rafael Lopez Aliaga.
Et sur 44% des suffrages dépouillés, Keiko Fujimori arrive également en tête des résultats officiels devant Rafael Lopez Aliaga
La journée de dimanche a été marquée par de longues files d'électeurs excédés devant des bureaux de vote fermés.
"C'est une honte, c'est une tristesse immense. Voir que cela se passe ici", a témoigné auprès de l'AFP Margarita Tumba, une électrice de Lima de 74 ans.
La police et des enquêteurs se sont rendus dans les locaux de l'Office national des processus électoraux (ONPE) pour enquêter sur ces défauts dans l'organisation.
- fraude électorale -
Rafael Lopez Aliaga, surnommé "Porky", a lui dénoncé lors d'une conférence de presse "une fraude électorale gravissime".
"Il n'y a aucune possibilité de fraude", a rétorqué Piero Corvetto, chef de l'ONPE, garantissant que les résultats "reflèteront fidèlement la volonté populaire".
En toile de fond de ce scrutin, marqué par un nombre record de 35 candidats, le Pérou connaît une flambée de la criminalité et un rejet de la classe politique.
"Que tout cela cesse. Nous vivons dans un pays du narcotrafic (...) dépassés par la délinquance", confiait Elena Flores, commerçante de 50 ans dans le centre de Lima.
Les homicides ont plus que doublé depuis 2018, atteignant environ 2.600 par an, tandis que les plaintes pour racket ont été multipliées par huit, selon la police.
Face à l'insécurité, les candidats ont rivalisé de propositions radicales, allant de prisons dans la jungle au rétablissement de la peine de mort.
Keiko Fujimori s'est engagée dans un entretien à l'AFP à la veille du scrutin, à "rétablir l'ordre" dès ses 100 premiers jours.
Plus de 27 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes pour élire président et parlementaires lors de ce vote obligatoire. Le scrutin marque le retour d'un Parlement bicaméral pour la première fois depuis 1990.
Le Pérou a connu huit présidents depuis 2016, dont la moitié ont été destitués par le Parlement. La classe politique est discréditée par des scandales de corruption à répétition. Quatre anciens chefs d'Etat sont actuellement emprisonnés.
L'actuel président de gauche par intérim, José Maria Balcazar, ne pouvait pas se présenter. Son successeur doit être investi le 28 juillet prochain.
Malgré ce contexte, l'économie péruvienne reste stable, portée par une inflation parmi les plus basses d'Amérique latine (1,5%) et des exportations minières dynamiques.
L.Mesquita--PC