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Luc Besson accusé de viol: décision le 23 juin sur une éventuelle réouverture des investigations
La cour d'appel de Paris tranchera le 23 juin sur une éventuelle réouverture des investigations visant Luc Besson, accusé de viol par l'actrice Sand Van Roy, l'une des affaires emblématiques de #MeToo qui s'était close par un non-lieu, a appris mardi l'AFP de source judiciaire.
Une audience s'est tenue mardi matin, à huis clos, à la chambre de l'instruction, opposant l'avocat de Sand Van Roy à la défense du réalisateur.
En amont de celle-ci, le parquet général a rendu, en février, des réquisitions dont l'AFP a eu connaissance et qui demandent la réouverture.
Dans ses réquisitions écrites, il considère que des analyses ADN, réalisées sur un sous-vêtement de la plaignante par un laboratoire néerlandais, constituent un "élément nouveau susceptible de caractériser des charges nouvelles (...) justifiant la réouverture de l'information en vue de nouvelles investigations".
A l'audience, la procureure s'est toutefois "interrogée sur la question de la définition de charge nouvelle", s'en remettant à la cour pour trancher, selon une source proche du dossier.
Contacté à l'issue, l'avocat de Sand Van Roy, Antoine Gitton, n'a pas souhaité commenter.
Dans sa requête écrite, citée par le parquet général, le conseil avait fait valoir que "l'ADN du mis en cause a été formellement retrouvé sur la partie postérieure" du sous-vêtement porté par sa cliente le soir des faits qu'elle dénonce. Et de regretter que ce sous-vêtement n'ait "jamais été expertisé de manière adéquate au cours de l'enquête", "un fait matériel capital ignoré".
Au moment de la requête, les éléments de Sand Van Roy n'avaient pas été soumis à la partie adverse.
Sollicité mardi, la défense de Luc Besson n'a pas souhaité s'exprimer.
Son avocat, Thierry Marembert, avait indiqué, à la mi-mai, ne vouloir "faire aucun commentaire" dans l'attente de la décision de la chambre de l'instruction. Il avait toutefois rappelé le parcours procédural des accusations portées par Sand Van Roy: classement sans suite en février 2019, non-lieu en décembre 2021, confirmé par la cour d'appel de Paris en mai 2022, puis par la Cour de cassation en juin 2023.
L'actrice belgo-néerlandaise avait déposé une plainte pour viol le 18 mai 2018, quelques heures après un rendez-vous dans un palace parisien dont les protagonistes ont donné deux versions différentes.
Pour Sand Van Roy, l'influent cinéaste lui avait imposé une pénétration digitale, source d'évanouissement, malgré ses injonctions à arrêter. Une version selon elle accréditée par des constatations, le jour des faits, par les urgences médico-judiciaires.
Deux mois après sa plainte initiale, l'actrice déposait une plainte contre le cinéaste pour d'autres viols et agressions sexuelles commis, selon elle, entre 2016 et 2018, épisodes d'une "relation d'emprise professionnelle" sous menaces de "rétorsion sur sa carrière d'actrice".
Luc Besson a regretté de son côté une relation extra-conjugale dans un contexte de "subordination", alors que l'actrice avait tourné dans certains de ses films. Mais il avait relaté un rapport consenti empreint de "douceur".
A.Silveira--PC