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Israël et le Liban conviennent de renouveler le cessez-le-feu
Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington.
Cela intervient alors que des frappes israéliennes ont fait mercredi neuf morts au Liban, où le Hezbollah pro-iranien a revendiqué des tirs contre Israël, qui a menacé de frapper la banlieue sud de Beyrouth en cas d'attaque contre son territoire.
"A l'issue des négociations menées sous l'égide des Etats-Unis, Israël et le Liban ont convenu de la mise en œuvre d'un cessez-le-feu", peut-on lire dans cette déclaration entre les trois parties aux négociations.
Il sera subordonné "à l'arrêt complet des tirs du Hezbollah" et à "l'évacuation" de tous les membres du mouvement libanais du secteur situé au sud du fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres de la frontière avec Israël, a-t-on ajouté.
Les parties ont aussi "convenu de faire avancer rapidement la mise en place de zones pilotes dans lesquelles les Forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif sur le territoire, à l'exclusion de tous les acteurs non étatiques", une référence au Hezbollah, selon la même source.
Ces mesures doivent permettre de "progresser vers un accord global de paix et de sécurité".
"Tous les pays ont réaffirmé que l'avenir des relations entre Israël et le Liban devait être décidé par les deux gouvernements souverains. Ils ont rejeté toute tentative, de la part d'un État ou d'un acteur non étatique, de prendre en otage l'avenir du Liban", ajoute la déclaration dans une référence explicite à l'Iran, accusé de soutenir le Hezbollah pro-iranien et de vouloir lier les deux négociations.
Plus tôt, le président américain Donald Trump avait insisté pour "séparer" les discussions sur le Liban de celles sur l'Iran, alors que Téhéran considère qu'il s'agit d'un seul et même sujet.
Israël et le Liban ont également convenu de participer à une nouvelle session de pourparlers la semaine du 22 juin en vue d'un "accord global", ajoute la déclaration.
- Cessez-le-feu bafoué -
Des délégations israéliennes et libanaises se sont réunies à Washington mardi et mercredi, pour la quatrième fois, les premières négociations directes entre les deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.
Un cessez-le-feu est censé être en vigueur entre Israël et le Hezbollah depuis le 17 avril mais il a été largement bafoué.
Le Hezbollah a indiqué mercredi avoir visé des militaires dans le nord d'Israël.
Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, avait averti la veille que la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement chiite, serait frappée si ce dernier visait son territoire.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a quant à lui prévenu que toute attaque contre la capitale libanaise entraînerait "une reprise à grande échelle de la guerre" au Moyen-Orient.
Mercredi matin, une frappe israélienne a visé Khaldé, à l'entrée sud de la capitale, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).
A l'écart du conflit avec Israël, l'armée libanaise a fait état de la mort d'un soldat, tué par une frappe israélienne dans le sud, et de deux militaires blessés par un drone israélien dans la même région.
- "Délibéré" -
Elle a dénoncé un ciblage israélien "délibéré" de ses troupes et positions.
Dans la même région, une frappe israélienne a aussi visé "directement" une ambulance, tuant deux secouristes et blessant grièvement un troisième, a annoncé le ministère de la Santé, portant à au moins 130 le nombre de secouristes et personnels médicaux tués depuis le début de la guerre.
Quatre Syriens et deux Palestiniens ont également été tués près de Tyr, une ville côtière millénaire pilonnée depuis plusieurs jours, a indiqué le ministère.
Selon un correspondant de l'AFP, des déplacés dormant dans leurs voitures ou des tentes dans cette zone considérée comme sûre ont fui vers d'autres secteurs.
Mais un haut responsable de la formation a indiqué mardi à l'AFP que son groupe n'accepterait pas de "cessez-le-feu partiel".
Les frappes israéliennes ont tué 3.516 personnes depuis le 2 mars, début de la guerre au Liban, et en ont déplacé plus d'un million, selon les autorités. Côté israélien, 26 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban.
C.Amaral--PC