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Série de fusillades à Nantes, quatre morts depuis la fin avril
Une nouvelle fusillade et un quatrième mort à Nantes depuis la fin avril. Jeudi, c'est un homme de 18 ans qui a été tué par balle, en plein jour, dans le quartier populaire de La Bottière.
Le procureur de la République de Nantes, Antoine Leroy, a confirmé le "meurtre d'un jeune de 18 ans et demi" à la mi-journée.
Les policiers ont été appelés vers 12h20 pour des bruits de tirs et ont découvert le corps de la victime, tandis que les auteurs des coups de feu avaient déjà pris la fuite, selon une source policière, confirmant une information du quotidien Ouest-France.
De nombreux policiers étaient sur place à la mi-journée, ainsi que des agents de la police scientifique en combinaison blanche, a constaté une journaliste de l'AFP.
Un périmètre a été délimité à l'aide de rubalise et des bâches blanches étaient installées autour du lieu des faits, au pied de barres d'immeubles blancs.
À côté du périmètre, une habitante du quartier explique avoir entendu "trois coups de feu" aux alentours de 12h30.
"J'ai quatre enfants, ça me fait peur. Si on sort se promener en pleine journée, on peut prendre une balle perdue? Ce n'est pas normal", s'inquiète-elle.
"Ça a passé un cap depuis un mois. Avant ça tirait mais ça ne tuait pas. C'est très inquiétant ce qu'il se passe. On se demande comment on va faire pour que ça cesse, on n'a pas le droit, pour les jeunes, de baisser les bras", a déclaré Wahib, 50 ans, éducateur sportif dans le quartier depuis plus de 20 ans.
- "C'est un drame" -
Un groupe d'habitants réunis à proximité des lieux du meurtre confient en début d'après-midi leur "inquiétude".
"Ça fait peur, c'est un parc où des enfants peuvent traîner, il y a des écoles à côté", dit un homme qui, comme la plupart des habitants rencontrés par l'AFP, a préféré garder l'anonymat.
Un autre riverain ajoute: "Les habitants en ont marre, on n'a jamais vu ça. Ce n'est pas normal ce qu'il se passe."
"On a vu la violence monter depuis plusieurs années, il y a eu des fusillades, maintenant des morts. Il faut attendre ça pour commencer à nous écouter? C'est malheureux", se désole un autre homme.
Sur place, Denis Talledec, adjoint à la sécurité à la mairie de Nantes, assure qu'"on ne banalise pas: à chaque fois c'est un drame".
Pour la maire socialiste de Nantes, Johanna Rolland, "tous les moyens doivent être mis en œuvre pour mettre un terme à cette série de règlements de compte. La Ville est pleinement mobilisée auprès des habitants", écrit Mme Rolland sur X.
"Nantes s'enfonce dans une spirale meurtrière", a affirmé dans un communiqué le syndicat Unsa Police 44, réclamant des "renforts immédiats".
C'est le quatrième homicide par arme à feu à Nantes depuis fin avril, les trois premiers étant liés, selon les premiers éléments des enquêtes, au trafic de drogue.
Le 28 avril, un jeune homme a été tué par balle, déjà dans le quartier de la Bottière, et un autre grièvement blessé.
Le 14 mai, c'est un adolescent de 14 ans qui a été retrouvé décédé, et deux jeunes blessés, dans le quartier du Port-Boyer, sur un point de deal "très convoité", d'après les autorités.
Dans la nuit du 26 au 27 mai, un jeune homme d'une vingtaine d'années, là aussi, est mort par balle dans le quartier de la Halvêque, tout près du stade de la Beaujoire.
Mi-mai, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, s'était rendu à Nantes et avait affiché sa "détermination" à "gagner" la "guerre" contre le narcotrafic.
A.Santos--PC