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La canicule est de retour et se déplace vers le Sud-Est
La canicule est de retour et se déplace vers le Sud-Est / Photo: Martin LELIEVRE - AFP/Archives

La canicule est de retour et se déplace vers le Sud-Est

Nouveau coup de chaud dans l'Hexagone après dix jours de répit: le mercure a frappé fort mercredi dans le Sud-Ouest, toujours en proie à un incendie massif, et continuera de toucher jeudi une vingtaine de départements du Centre-Est et du Sud-Est.

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"C'est vraiment une catastrophe", résume auprès de l'AFP Anna Hakopyan, 43 ans, gérante d'un pressing à Lyon. Non seulement la chaleur dehors est assommante mais "ici, c'est encore pire", dit-elle. "Il y a les machines qui tournent, on repasse avec les fers chauds... Et on n'a pas de clim."

Pas de climatisation non plus chez Renaud Lemaire, 47 ans, qui loge dans un vieil immeuble lyonnais. Il est au chômage, et la journée, "je vous avoue que je me promène souvent en sous-vêtements", plaisante-t-il. Et tous les moyens sont bons pour se rafraîchir: "parfois, j'utilise aussi ma baignoire comme une piscine", dit-il.

"C'est de la folie, on va droit dans le mur", s'alarme cet agent de sécurité belge croisé sur le chemin du supermarché, le front perlé de sueur. "Dès qu'on sort dans la rue, ça nous tombe dessus."

Depuis mercredi midi, seize départements sont en vigilance orange canicule.

Les fortes chaleurs se concentrent en Rhône-Alpes et départements voisins, et dans le Sud-Ouest où la température maximale de 42,7°C a été relevée par Météo-France à Bélis, dans les Landes, en vigilance orange comme la Gironde, qui est toujours le théâtre d'un mégafeu ayant pour l'heure ravagé 42.000 hectares de forêt et entraîné l'évacuation de près de 220.000 personnes.

Si la nuit promet d'être chaude dans ces départements, la Gironde et les Landes souffriront moins dès jeudi matin 6H, quand ils seront rétrogradés en vigilance verte à la faveur d'une baisse nette des températures sur la façade Atlantique.

Le mercure restera haut et la vigilance orange sera maintenue toutefois dans le Centre-Est. Dans le Sud-Est, deux départements sud-alpins, le Var, les Alpes-Maritimes, le Vaucluse et la Corse entreront à leur tour en vigilance orange à partir de midi.

En fin de semaine, Météo-France prévoit l'arrivée d'orages qui devraient permettre de rafraîchir l'atmosphère, mais seront "potentiellement violents", notamment vendredi dans le Centre-Est.

- "On se plaint beaucoup moins" -

Il s'agit du quatrième épisode caniculaire de l'année 2026, et Météo-France n'est pas encore en mesure de déterminer combien de temps il durera. Le précédent, troisième plus long jamais mesuré dans le pays et qui avait débuté le 4 juillet, s'est terminé il y a une dizaine de jours, le 19 juillet.

La fréquence croissante de ces vagues de chaleur est un marqueur sans équivoque du changement climatique.

À Lyon, certains retrouvent vite les habitudes qu'ils avaient prises début juillet. "On se lève plus tôt, on va courir plus tôt", raconte Edith, 54 ans, terminant son jogging matinal dans le parc de la Tête d'Or.

D'autres commencent à s'y faire. "À la maison, on se plaint beaucoup moins", explique Mireille, profitant de l'ombre et des brumisateurs installés place Bellecour sur la pause méridienne. Chez elle, on est désormais rodé : "la nuit, nous avons aéré, au petit matin nous avons tout fermé", détaille-t-elle. "Nous vivons dans le noir."

"Ça fait de moins en moins plaisir d'habiter en ville, franchement ça donne envie de retrouver la campagne", glisse David, un touriste suisse en visite dans la capitale des Gaules.

L'épisode caniculaire de juillet, bien que particulièrement long, avait été moins intense que celui qui a assommé la France du 17 au 30 juin. La première canicule de l'année, précoce, avait frappé entre le 24 et le 28 mai.

Les épisodes de chaleur font aussi craindre pour la santé des plus vulnérables: un bond de la mortalité, qu'on ne peut encore imputer avec certitude à la chaleur, a été constaté par Santé publique France après celui de juin, selon des données provisoires faisant état de 5.764 décès excédentaires enregistrés.

Les canicules à répétition, propices à la baignade, ont aussi fait grimper les morts par noyades: 274 en l'espace de deux mois et demi.

T.Resende--PC