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Bolivie: arrestation du procureur général dans le collimateur de Washington
Bolivie: arrestation du procureur général dans le collimateur de Washington / Photo: AIZAR RALDES - AFP/Archives

Bolivie: arrestation du procureur général dans le collimateur de Washington

Le procureur général de Bolivie a été arrêté mercredi deux jours après la révocation de son visa par le gouvernement américain qui l'accuse de s'être laissé corrompre par des narcotrafiquants, ce que conteste le haut magistrat, dénonçant une ingérence politique.

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"L'arrestation du procureur (Roger Mariaca) est confirmée", a indiqué une source au ministère de l'Intérieur.

M. Mariaca a été interpellé à l'aéroport de Viru Viru dans la ville de Santa Cruz, en même temps que le procureur du département bolivien de Santa Cruz (est) Alberto Zevallos, lui aussi sanctionné par Washington , selon la presse locale.

Les autorités n'ont pas donné la raison de leur arrestation qui survient alors que la Bolivie est depuis juin sous état d'exception.

Ce régime qui restreint le droit à manifester et autorise la mobilisation de militaires, a été proclamé par le président Rodrigo Paz pour mettre fin à des semaines de contestation et de blocages routiers, et récemment prolongé.

MM. Mariaca et Zevallos venaient d'être inscrits lundi sur une liste du Département d'État américain, aux côtés de juges, fonctionnaires ou entrepreneurs de Bolivie, Colombie et Équateur, accusés par Washington de corruption, de liens avec le narcotrafic ou de complot contre leurs gouvernements respectifs.

En Bolivie, ce sont 21 personnes qui ont été placées sur cette liste dont Martín Irusta, procureur ayant exercé comme avocat de l’ex-président socialiste Evo Morales (2006-2019).

En fonction depuis fin 2024, M. Mariaca a nié lundi les accusations et dénoncé immédiatement un acte "d'ingérence" et de "pression politique" en raison de ses enquêtes.

Son bureau a notamment permis la capture en mars d'un narcotrafiquant uruguayen, Sebastián Marset, expulsé depuis vers les États-Unis avec le soutien de la DEA, le service américain de lutte antidrogue.

Une enquête est également en cours visant le consultant argentin Fernando Cerimedo, ancien conseiller personnel du président bolivien Rodrigo Paz. Cet homme, qui a collaboré à plusieurs campagnes de droite en Amérique latine, est soupçonné de tentative de féminicide, enrichissement illicite, blanchiment d’actifs, entre autres infractions présumées.

- "pas de mandat" -

La police a également perquisitionné mercredi les bureaux du parquet de Sucre, la capitale constitutionnelle de la Bolivie située dans le sud du pays, selon des images diffusées en direct par l'institution sur les réseaux sociaux.

"Nous dénonçons auprès de l'ensemble de la population bolivienne cette intervention qui se déroule de manière illégale", a déclaré Claudia Pardo, responsable communication du parquet dans une vidéo où elle apparaît, elle et plusieurs collègues, entourés de policiers cagoulés.

"Je suis en état d'arrestation", a-t-elle ensuite indiqué à l’AFP, toujours munie de son téléphone portable, depuis un commissariat à Sucre. "Nous voulions donner une conférence de presse (...) mais des policiers ont pénétré sans mandat et nous ont tous appréhendés", a-t-elle affirmé.

Le parquet de Santa Cruz a également été investi par des policiers, selon des images diffusées par des médias locaux.

Depuis le retour au pouvoir de Donald Trump début 2025, Washington affiche une volonté d'hégémonie en Amérique latine et dans les Caraïbes, pour contrer l'influence de la Chine, de la Russie et de l'Iran, une priorité définie dans la stratégie de sécurité nationale.

Les Etats-Unis peuvent s'appuyer la vague conservatrice qui a porté au pouvoir des hommes politiques de droite proches du président républicain.

Concernant Roger Mariaca, le gouvernement américain a affirmé cette semaine qu'il avait reçu "des pots-de-vin pour faciliter le narcotrafic et aider des criminels violents à échapper à la justice". Des accusations contestées par l'intéressé.

Mercredi, des médias locaux ont diffusé une vidéo de Marset le jour de son arrestation, aux côtés de policiers d'élite à son domicile, déclarant que Mariaca serait son ami, une vidéo dont l’AFP n’a pas pu vérifier l’authenticité.

P.Cavaco--PC