-
Présidentielle : Bruno Retailleau pousse Edouard Philippe vers une primaire
-
SNCF : les syndicats demandent un rattrapage salarial face à l’inflation
-
BMW abaisse de nouveau ses objectifs après un troisième trimestre en recul
-
Raymond Aabou absent de Fun Radio après une blessure lors d’une partie de padel
-
EuroMillions du 3 novembre : l’horoscope désigne un signe favorisé par le tirage
-
Attaque raciste de Trappes : l’enquête détaille la préparation de Kevin T.
-
Gisèle Pelicot évoque une nouvelle relation et une vie reconstruite
-
Quotidien : Salhia Brakhlia critique Maud Bregeon et Édouard Philippe sur la présidentielle
-
PostgreSQL 19 retardé après une vague de rapports de bugs générés par l’IA
-
Google glisse un hommage à Zelda Ocarina of Time dans son moteur de recherche
-
Zelda Ocarina of Time : le remake renonce au voyage rapide pour préserver l’exploration
-
Singles Day 2026 : les premières promotions apparaissent avant le 11 novembre
-
Cyberattaque aux supermarchés : Delhaize annonce le retour à la normale
-
Godzilla Minus Zero prolonge avec ambition le succès de Minus One
-
Californie : Proposition 40, une taxe historique sur les milliardaires
-
Dix ans après Montreuil-Bellay : la famille Théodore réclame réparation pour les internements tsiganes
-
Cercle Bruges : Pedro Caixinha succède à Lars Friis comme entraîneur
-
Route du Rhum : Francis Joyon secouru après le chavirage de son voilier
-
Crans-Montana : une nouvelle audition de Jacques Moretti ravive les attentes des victimes
-
Olivier de Kersauson : entre son manoir bigouden et la Polynésie
-
Jurassic Park : la bande-annonce perdue de la série animée annulée en 1993 retrouvée
-
Ukraine : une frappe russe fait 26 morts et fragilise les perspectives de paix
Sénégal: craintes pour le tourisme et l'extraction du sel au lac Rose
Debout sur les bords du lac Retba au Sénégal, plus connu sous le nom de lac Rose en raison de la couleur de ses eaux, Maguette Ndiour désigne un monticule de sel de 200 tonnes que des hommes versent lentement dans des sacs sous la chaleur étouffante de midi.
"C'est le seul que nous avons pu sauver à mesure que les eaux montaient", explique M. Ndiour, président de la coopérative des exploitants de sel du lac Rose, qui s'inquiète de devoir suspendre son activité pendant plusieurs années.
Dans deux mois, les exploitants auront vendu tout le sel extrait de ce lac situé à une quarantaine de kilomètres de Dakar, séparé de l'océan Atlantique par une étroite dune de sable, et connu internationalement pour la couleur rose qu'il prend à certaines périodes de l'année.
En cause: la montée spectaculaire du niveau des eaux pendant la saison des pluies de cette année, de juin à octobre, où les inondations ont été fréquentes. Le lac a aujourd'hui une profondeur de six mètres contre deux à trois habituellement, souligne l'activiste écologiste local Ibrahima Khalil Mbaye. Le sel y est donc fortement dilué et de nouvelles pollutions pourraient détruire cet écosystème fragile, s'alarme-t-il.
Selon Ousmane Ndiaye, directeur de la météorologie à l'Agence nationale de l'aviation civile et de la météorologie, "les pluies ont été exceptionnelles" tant en termes d'intensité journalière que sur la durée.
- Coup dur financier -
L'augmentation soudaine du volume d'eau du lac en août a emporté quelque 7.000 tonnes de sel déjà extraites, ce qui représente une perte financière d'environ 235.000 dollars, assure Maguette Ndiour, alors que 3.000 familles de la région gagnent leur vie grâce à l'extraction du sel.
A présent que la profondeur a augmenté, impossible d'extraire le sel traditionnellement, c'est-à-dire de remplir un sceau en se tenant debout sur le lac. Et la plupart des hommes ne savent pas nager.
La salinité du lac a aussi fortement diminué avec les abondantes eaux de pluie. Une mauvaise nouvelle pour le tourisme, car "avec moins de sel, le lac va perdre sa couleur rose" due à la présence d'un micro organisme qui développe un pigment rouge pour résister à la concentration de sel et au soleil, affirme M. Mbaye.
C'est ce que constate Julien Heim, un touriste français de 21 ans, qui débarque tout juste d'un petit tour en barque sur le lac. "C'était cool, mais il n'y a plus de terrasses sur les berges et le lac n'est pas rose", souligne-t-il.
A quelques mètres de là, dans le village au bord du lac, Maimouna Fedior, mère de quatre enfants, a perdu une grande partie de sa marchandise - des peintures, des masques et des bibelots en bois - lorsque les eaux ont inondé sa boutique.
Elle a du se trouver un autre espace à l'intérieur des terres et espère une aide de l'Etat.
"Nous on ne connaît que le tourisme", confie-t-elle à l'AFP. "Moi, ça fait 30 ans que je suis là. Mes enfants, je paie leur école avec ça, je les nourris avec ça", lâche-t-elle, dépitée.
- Urbanisation -
Pour Ousmane Ndiaye, point focal national du Sénégal du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), "la nature intense" des précipitations cette année est cohérente avec les conclusions du Giec sur l'augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes.
"La relation directe de cause à effet demanderait scientifiquement une étude séparée (...) mais on peut dire que c'est une manifestation probable du changement climatique", dit-il à l'AFP.
Outre la chute de l'activité économique, les riverains du lac craignent une pollution des eaux.
Selon Mamadou Alpha Sidibe, directeur de la prévention et de la gestion des inondations au sein du ministère de l'Eau, les inondations ont été déclenchées par les pluies abondantes mais elles ont été aggravées par l'urbanisation galopante entamée dans les années 2000 et "l'artificialisation des sols" qui en a découlé.
La terre est aujourd'hui partiellement voire totalement imperméabilisée et, en cas de fortes pluies, l'eau coule dans les villes jusqu'à se déverser dans le lac.
"Cette eau a traversé des rues, des ruelles, des stations-service... Tout s'est mélangé avant d'entrer dans le lac, qui est en train de s'étouffer", s'indigne Ibrahima Khalil Mbaye.
Début octobre, le ministre de l'Environnement, Alioune Ndoye, s'est rendu au lac Rose pour une visite. Des échantillons d'eau ont été prélevés pour une analyse de qualité. Les résultats n'ont pas encore été publiés.
T.Vitorino--PC