-
La Bourse de Paris termine en léger recul, entre inflation américaine et Moyen-Orient
-
Mort du sociologue et homme de gauche suisse Jean Ziegler à 92 ans
-
Malgré les appels au calme, Belfast craint une nouvelle nuit de violences
-
Léon XIV à la Sagrada Familia pour un des moments marquants de son séjour en Espagne
-
Finale NBA: Wembanyama et les Spurs pour égaliser contre New York
-
L'inflation continue de déraper aux Etats-Unis, le pouvoir d'achat fond
-
Fibre Excellence: le gouvernement émet des réserves sur le projet de reprise
-
Tour Aura: le cow-boy Simmons plus fort que la cavalerie
-
Quais de gare désertés, la SNCF fait le dos rond après la mobilisation des cheminots
-
Rachat de SFR: l'opération "ne va pas de soi", selon le président de l'Autorité de la concurrence
-
Au fond de l'océan Indien, un stupéfiant cimetière de baleines
-
Les Bourses européennes terminent dans le rouge, entre Moyen-Orient et inflation américaine
-
L’ONU affirme qu’un garçon a été abattu lors d’une manifestation pour les droits des femmes afghanes
-
Lyhanna: pour Macron, "la confiance dans nos institutions" ébranlée
-
SpaceX: les chiffres de l'arrivée en Bourse
-
Wall Street recule, entre désintérêt pour la tech et inflation américaine
-
SpaceX: Wall Street oscille entre ferveur et doutes avant une entrée en Bourse titanesque
-
Belfast redoute de nouvelle violences, au lendemain d'émeutes anti-immigrés
-
Geste viral "six-seven", échange avec Bad Bunny, blagues sur le foot: quand le pape parle aux jeunes
-
Bosch parie sur les robots humanoïdes pour se relancer
-
Une alliance menée par Airbus officialisée jeudi après l'échec d'un avion de combat franco-allemand
-
Ouzbékistan: une première au Mondial-2026 qui consacre l'essor du football
-
Mondial-2026: l'Angleterre, des Lions affamés sous la griffe de Tuchel
-
Mondial-2026 - Groupe L: l'Angleterre veut enfin ramener la Coupe, la Croatie en embuscade
-
Mondial-2026/Groupe K: le Portugal attend son heure, la Colombie veut soigner son retour
-
Mondial-2026: Infantino attendu à la veille du jour-J, sur fond de tensions diplomatiques
-
La Nasa sert-elle des pâtes? L'astronaute italien prépare une mission al dente
-
Le Pakistan mène de nouvelles frappes meurtrières sur l'Afghanistan
-
Mondial et produits dérivés: un jeu simple avec un ballon et à la fin, c'est le commerce chinois qui gagne
-
Le suspect de l'attaque de Belfast devant un juge, au lendemain d'émeutes anti-immigrés
-
Un ostéopathe condamné à 17 ans de réclusion pour des viols et agressions sexuelles en série
-
Appels à la retenue après de nouveaux échanges de tirs entre l'Iran et les Etats-Unis
-
Patrick Bruel, l'idole d'une génération rattrapée par des soupçons d'agressions sexuelles
-
SNCF: grève des cheminots contre la filialisation, les quais de gare désertés
-
Le suspect de l'attaque de Belfast devant un juge, au lendemain de violences anti-immigrés
-
Indonésie: prison ferme contre des militaires pour une attaque à l'acide contre un militant des droits humains
-
L'Arabie saoudite lance sa nouvelle compagnie nationale Riyadh Air sur fond de guerre au Moyen-Orient
-
Eric Trappier, le Français du "faire seul" qui a fait basculer le Scaf européen
-
Venezuela: sans la main de fer de Maduro, la rue renaît
-
"Vallée de l'IA": comment la région Hauts-de-France séduit les investisseurs
-
De l'ADN de mammouth retrouvé dans des excréments congelés d'écureuil
-
À Paris, des musiciens cherchent la formule d'un concert accessible aux malentendants
-
Patrick Bruel présenté à des juges, le parquet requiert sa mise en examen pour viols et son incarcération
-
Côte d'Ivoire: entre précarité et (auto)censure, une fragile liberté de la presse
-
Valeria, une jeune Ukrainienne confrontée au tribut psychologique de la guerre
-
Art, chiffres et frappes: la formule du chef des dronistes ukrainiens
-
De l'immobilier aux centres de données, le pari IA d'un milliardaire de Dubaï
-
Procès Maradona: sa fille dénonce l'irresponsabilité de l'équipe médicale, charge l'accusé principal
-
Policier non poursuivi pour meurtre dans l'affaire Nahel: la Cour de cassation examine des pourvois
-
Les députés américains approuvent 70 milliards de dollars pour la lutte contre l'immigration
Wayne Shorter, un rêveur qui a traversé soixante ans d'histoire du jazz
Le saxophoniste Wayne Shorter, alias "Mr Gone", décédé jeudi à Los Angeles à 89 ans, a passé quasiment soixante ans au sommet de l'histoire du jazz, de chorus rêveurs en conversations musicales inspirées, aux côtés de Miles Davis, Art Blakey, Joe Zawinul ou Herbie Hancock.
"Même si ça n'est pas un chef de file, comme John Coltrane ou Charlie Parker, qui tout d'un coup ont montré la voie, il a apporté beaucoup à l'histoire du jazz", estime Franck Bergerot, journaliste et auteur de plusieurs livres sur Miles Davis, dont Wayne Shorter fut l'un des musiciens de 1964 à 1970.
"C'est un personnage, un poète, quelqu'un de complètement à part, qui a contribué à de grandes histoires puisqu'il a été le directeur musical d'Art Blakey et un compositeur important", poursuit l'historien.
En 1960, il a 26 ans lorsqu'il est embauché par Art Blakey dans ses Jazz Messengers: depuis lors, et jusqu'à ce que sa santé ne se détériore subitement début 2019, ce saxophoniste ténor et soprano était quasiment toujours resté au sommet. En toute discrétion.
Wayne Shorter a su, au début d'années soixante marquées par deux grandes figures du sax, John Coltrane et Sonny Rollins, imposer une troisième voix.
"Elle s'est distinguée par rapport aux voix plus viriles du hard bop", note Franck Bergerot. "Il a incarné une sorte de voix médiane, un discours un peu plus rêveur."
Ce style, ce phrasé un peu de travers, ces chorus jamais conventionnels, fait de suspensions, de déroutants changements de direction et de tempo, vont s'épanouir pleinement chez Miles Davis. La musique de climats que prône le célèbre trompettiste, contrastant avec le hard bop d'Art Blakey plus rentre dedans, lui libère des espaces.
Au sein de cette formation légendaire, Wayne Shorter va aussi exprimer pleinement ses talents d'écriture. Il y signera quelques-unes de ses compositions majeures comme "Footsprints" ou "Nefertiti".
- Toujours magique -
Puis ce seront les retrouvailles avec le pianiste Joe Zawinul, pour l'aventure Weather Report, groupe-phare de jazz fusion dans les années 1970 et 1980.
Découvrant avec Weather Report les musiques du monde, il va alors multiplier les piges pour bien d'autres musiciens que ceux de la famille du jazz: le Brésilien Milton Nascimento, le Malien Salif Keita, les Rolling Stones, la chanteuse crossover Joni Mitchell, le guitariste de latin-rock Carlos Santana, plus récemment la chanteuse pop Norah Jones, sont quelques-uns des musiciens qui l'ont sollicité.
"Ses interventions étaient toujours magiques, et à chaque fois, les quelques notes qu'il jouait sur une chanson faisaient que ça devenait quelque chose d'autre", affirme Franck Bergerot.
Il fréquentera aussi dans les années 1990 la crème de la nouvelle scène free américaine.
Empreint d'une grande sagesse, Wayne Shorter avait également su surmonter des coups durs, dont la mort de son épouse dans le crash d'un avion au-dessus de l'Atlantique en 1996, pour fonder en 2001 son propre quartette.
Enfin leader, il avait avec ce groupe poli son art. "Il s'était affranchi de tout l'attirail jazz-rock pour juste faire de la conversation, en picorant dans son ancien répertoire en toute liberté, comme un oiseau", note Franck Bergerot.
Toujours avec modestie et discrétion, traits de caractère d'un musicien à la carrière exemplaire qui, au temps où il était dans le second quintette de Miles, tendait au trompettiste ses partitions en lui disant: "Voilà M. Davis, j'ai écrit de nouveaux thèmes."
A.P.Maia--PC