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Statut de la Corse: Macron doit mettre fin au suspense
La Corse sera-t-elle bientôt autonome ? Réponse ce matin avec un discours très attendu du président Emmanuel Macron à Ajaccio, au lendemain d'une rencontre au sommet avec les nationalistes et la droite républicaine de l'île.
"Parole au président", titrait en Une Corse-Matin, quand Le Figaro revenait sur les "six ans d'atermoiements entre Macron et la Corse". Pour La Provence, Macron est "attendu au tournant".
Comme pour mieux rassembler tout le monde, le chef de l'Etat, qui effectue ici son cinquième déplacement, rendra ensuite hommage à la résistance corse à l'occasion du 80e anniversaire de la libération.
Mais place d'abord à la séquence politique: le président, arrivé mercredi soir, prendra la parole à 10h00 devant les élus corses pour esquisser l'évolution possible du statut institutionnel de l'île.
Il clôturera ainsi des mois de discussions entre gouvernement et responsables politiques locaux, ponctués mercredi par un dîner à la préfecture d'Ajaccio, où chacun a mis ses dernières cartes sur la table.
La mort du militant indépendantiste Yvan Colonna, agressé à la prison d'Arles, où il purgeait une peine de perpétuité pour l'assassinat en 1998 du préfet de Corse Claude Erignac à Ajaccio, avait alors déclenché de virulentes manifestations.
A la sortie du dîner mercredi, la tonalité était plutôt positive, les participants évoquant un "très bon état esprit", une "impression d'ouverture" et un possible "moment de bascule" jeudi avec le discours présidentiel.
Emmanuel Macron a parlé d'une "autonomie à inventer", d'un cheminement "entre totem et tabou", ont rapporté des nationalistes.
- Lignes rouges -
Jean-Félix Acquaviva, député autonomiste de Haute-Corse du parti de Gilles Simeoni, a évoqué "une volonté de converger pour trouver des points d'équilibre suffisamment forts qui permettent de dire que demain nous serons dans un moment important voire historique".
Les nationalistes, qui contrôlent l'Assemblée de Corse, réclament un pouvoir législatif propre, un statut de résident corse, la co-officialité de la langue corse et l'inscription de la notion de peuple corse dans la Constitution.
La droite, à l'inverse, se dit seulement favorable à une "adaptation" des lois de la République aux spécificités corses.
Reste aussi à savoir quelle place une évolution du statut de l'île, quelle qu'elle soit, prendra dans la Constitution, les nationalistes réclamant un titre spécifique pour la Corse.
Le président avait fixé aussi nombre de lignes rouges, à commencer par le refus d'avoir deux catégories de citoyens dans la République, ce qui exclut un statut de résident et une co-officialité de la langue corse.
Quoiqu'il en soit, tous se retrouveront autour des commémorations du 80e anniversaire de la libération de l'occupation italienne.
Emmanuel Macron va commémorer la "résistance insulaire", "communiste", et "l'apport des forces venues d'ailleurs", Italiens qui tournèrent le dos au fascisme après la capitulation de Mussolini ou troupes d'Afrique, a précisé l'Elysée.
- Bastia et Bonifacio -
Le chef de l'Etat saluera la mémoire de Fred Scamaroni, figure de la résistance corse, là où il fut détenu et se suicida, le 19 mars 1943, à la Citadelle d'Ajaccio.
Il se rendra aussi devant la maison où vécut Danielle Casanova, militante communiste corse engagée dans la résistance en région parisienne et morte en déportation à Auschwitz.
Emmanuel Macron se rendra dans l'après-midi à Bastia, pour une prise d'armes en présence d'unités militaires dont l'histoire est liée à la libération de la Corse, et pour une visite au Musée de Bastia.
Il décorera aussi le dernier tirailleur marocain encore en vie, Salah Ben El Hadj, âgé de 104 ans.
Le chef de l'Etat finira ensuite sa journée à Bonifacio, dans l'extrême-sud de l'île, où il dévoilera une plaque en hommage au résistant Albert Ferracci au collège qui porte désormais son nom.
La Corse avait été le premier territoire français libéré, le 4 octobre 1943, grâce à une insurrection populaire et l'aide des troupes françaises d'Afrique.
Elle avait été envahie en novembre 1942 par plus de 80.000 soldats italiens et une brigade SS, à laquelle s’était jointe une division de Panzers à l'été 1943.
E.Raimundo--PC