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"On va s'en occuper": Trump accentue son offensive anti-immigration
Donald Trump a intensifié mercredi ses mesures contre l'immigration, accompagnées de déclarations toujours aussi acérées sur le sujet, deux jours après son retour à la Maison Blanche.
Le président américain s'est entretenu depuis le Bureau ovale avec Sean Hannity, l'un des animateurs vedettes de Fox News, pour sa première interview depuis son investiture lundi.
Le républicain, qui s'est engagé à expulser des Etats-Unis des millions de personnes sans papiers, a assuré que "des terroristes par milliers" étaient présents dans le pays à cause des politiques aux frontières de l'administration Biden, jugées laxistes.
Et notamment car des pays comme le Venezuela "ont pris leurs gangs des rues et les ont déplacés aux Etats-Unis", a-t-il lancé.
"On va s'en occuper", a lancé le président américain, affirmant: "On est arrivés juste à temps".
Plus tôt, sa porte-parole Karoline Leavitt, avait annoncé que l'armée allait déployer "1.500 militaires supplémentaires à la frontière" avec le Mexique en vertu d'un décret du président.
Des soldats qui vont s'ajouter aux plus de 2.000 militaires déjà présents le long de cette frontière sud.
- Premier projet de loi -
La nouvelle administration américaine a aussi suspendu jusqu'à nouvel ordre toute arrivée aux Etats-Unis des milliers de réfugiés à travers le monde ayant demandé l'asile, y compris ceux qui l'ont obtenu.
Le ministère américain de la Justice a lui menacé les autorités locales de poursuites en cas de non-application des politiques anti-immigration de Donald Trump.
Le Congrès a également adopté mercredi son premier projet de loi de la présidence Trump, qui -- comme un symbole -- s'attaque à l'immigration clandestine.
Le texte, dont la promulgation par Donald Trump est attendue rapidement, requiert la détention automatique par les forces de l'ordre fédérales de migrants en situation irrégulière qui ont été condamnés ou inculpés pour certains délits.
Une quarantaine d'élus démocrates ont voté pour cette loi, signe des tendances mouvantes sur le sujet de l'immigration au sein de la classe politique américaine.
- Démanteler les politiques pro-diversité -
Alors que les incendies reprennent de plus belle mercredi à Los Angeles, Donald Trump a laissé entendre dans son interview à Fox News qu'il comptait supprimer l'agence fédérale chargée de la réponse aux catastrophes naturelles, la FEMA.
"FEMA va être une grosse discussion sous peu, parce que je préférerais voir les Etats s'occuper de leurs propres problèmes", a-t-il déclaré, suggérant que l'Etat fédéral se limiterait à des aides financières.
Autre grand axe des premières décisions du milliardaire de 78 ans: démanteler les politiques de promotion de la diversité au sein du gouvernement fédéral.
Toutes les personnes employées par l'administration fédérale dans des programmes de DEIA (Diversité, Equité, Inclusion et Accessibilité) vont être mises en congé forcé.
Le terme "DEI", qui dans le vocabulaire des ressources humaines désigne les objectifs de recrutement de personnes issues en particulier de minorités raciales ou sexuelles, est devenu l'un des épouvantails de la droite dure américaine.
Dans un communiqué mardi soir, la Maison Blanche a invoqué "la promesse constitutionnelle d'une égalité indifférente à la race" et la promotion du seul "mérite".
Après l'élection, plusieurs grandes entreprises américaines ont mis fin à leurs programmes de diversité et d'inclusion, en particulier Meta (Facebook, Instagram, WhatsApp), McDonald's, le constructeur Ford ou les supermarchés Walmart.
- Deux genres reconnus -
Donald Trump a aussi signé après son investiture un décret limitant à deux, "masculin et féminin", les genres reconnus par l'Etat, niant donc l'existence officielle des personnes transgenres.
L'évêque épiscopalienne de Washington, Mariann Budde, s'est émue de ce virage ultraconservateur face au président mardi. Pendant un service religieux auquel il assistait, elle s'est inquiétée de la peur semée par ses politiques chez les immigrants et les membres de la communauté LGBT+.
"Cette pseudo-évêque (...) était une radicale de gauche, qui déteste Trump avec acharnement", s'est indigné le président américain sur son réseau Truth Social.
Dans une interview au New York Times, l'évêque a affirmé qu'elle ne demandait rien du président américain.
"Je plaidais envers lui: +Pouvez-vous voir l'humanité de ces gens?+", a lancé Mariann Budde au quotidien, précisant qu'elle s'attendait de manière "naïve" à une réaction différente du président.
F.Carias--PC