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Cannes revêt ses habits de lumière, à la veille d'un festival marqué par les tensions mondiales
Dans l'attente des plus grandes stars du cinéma mondial qui déferleront sur sa Croisette, de Juliette Binoche à Robert de Niro, Cannes s'est mise sur son 31 lundi, à la veille du 78e festival international du film qui ouvre dans un monde sous tension.
"Cannes, c'est un cinéma souvent politique, souvent social, sociétal, un cinéma citoyen", a estimé l'acteur et humoriste français Laurent Lafitte, qui animera mardi, pour la deuxième fois, la cérémonie d'ouverture du plus grand rendez-vous international du 7e art.
"On peut parler un peu du monde sans être trop sentencieux ni donneur de leçons, c'est le bon endroit en tout cas", a-t-il ajouté, lors d'un point de presse, promettant "d'injecter un peu d'humour" dans la soirée.
De l'humour mais aussi beaucoup de glamour, sur une Croisette qui s'apprête, comme chaque année, à voir défiler les plus grandes stars, à commencer par Robert de Niro, 81 ans, qui doit recevoir une Palme d'or d'honneur mardi.
"Vous allez voir, ça va être une belle cérémonie", a promis le délégué général du festival Thierry Frémaux lors d'une conférence de presse lundi, évoquant notamment l'hommage rendu au monstre sacré d'Hollywood qui sera "quelque chose de très beau".
Star française de la musique, Mylène Farmer montera aussi sur scène pour une surprise, peut-être un titre inédit.
Une autre chanteuse française, Juliette Armanet, sera la vedette du film d'ouverture, "Partir un jour", qui sort en même temps en salles en France.
Parmi les premières célébrités à rejoindre Cannes figurent les membres du jury, dont la présidente Juliette Binoche, actrice française à l'aura internationale et personnalité engagée. A ses côtés, l'actrice américaine Halle Berry ou la romancière franco-marocaine Leïla Slimani.
Environ 40.000 festivaliers accrédités, venus de 160 pays, ont aussi commencé à rallier les hôtels et palaces de la Croisette.
Une micro-polémique a agité certains médias après la publication par les organisateurs d'une charte du festivalier interdisant "la nudité sur le Tapis rouge" ainsi que les "tenues, en particulier les traînes longues, dont le volume entrave la bonne circulation des invités et complique l'assise dans la salle".
Interrogé par l'AFP, le festival a précisé "explicite(r) des règles déjà appliquées de longue date". "Il ne s'agit pas de réglementer les tenues vestimentaires mais d'interdire la nudité totale sur le tapis rouge", a ajouté un porte-parole.
- Gaza et Ukraine -
L'occasion de donner le ton d'une édition dans un monde traversé par les guerres et la montée des régimes autoritaires.
"J'ai coutume de dire que le festival est politique quand les artistes le sont. Et que si on ne voyait que des films d'amour, ce serait un festival de films d'amour. Mais les artistes vivent dans leur monde, dans leur pays", a souligné Thierry Frémaux, évoquant notamment les Iraniens sélectionnés, Jafar Panahi et Saeed Roustaee.
La guerre à Gaza ou le président américain Donald Trump, qui a plongé l'industrie du cinéma dans l'expectative en menaçant d'instaurer des droits de douane de 100% sur les films étrangers, sont également dans les esprits.
"Je ne veux pas du tout parler de cette histoire de taxes, de tarifs douaniers, parce que c'est trop tôt. Mais si je dois dire une chose, c'est qu'on ne laissera personne, au Festival de Cannes, faire en sorte que le cinéma américain ne soit pas fort", a martelé M. Frémaux.
La lutte contre les discriminations liées au genre et les violences sexistes et sexuelles pourrait également s'inviter dans cette édition: des parlementaires français, qui feront le déplacement, ont appelé le festival à faire évoluer les mentalités mi-avril.
Hasard du calendrier, la cérémonie d'ouverture se tiendra quelques heures après le délibéré du procès à Paris de Gérard Depardieu pour des agressions sexuelles lors d'un tournage.
Plus d'une centaine de films seront projeté jusqu'au 24 mai, date de la remise de la Palme d'or qui succédera à "Anora", de l'Américain Sean Baker.
Vingt-deux films sont en lice, dont "Jeunes mères" des frères Dardenne, rois belges du cinéma social déjà double-palmés, et "Alpha" de la Française Julia Ducournau, une des sept réalisatrices en compétition, qui espère être sacrée une seconde fois après le très gore "Titane".
Le Chinois Bi Gan, l'Américain Ari Aster et la Française Hafsia Herzi, tous trois dans la trentaine, font leurs premiers pas en compétition.
F.Carias--PC