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Casse du Louvre: un premier suspect mis en examen, bijoux toujours dans la nature
Un premier suspect a été mis en examen mercredi soir, soupçonné d'avoir participé au spectaculaire casse du Louvre, qui a fait le tour du monde, mais les bijoux restent introuvables, a annoncé la procureure Laure Beccuau.
Un premier suspect a été mis en examen pour vols en bande organisée et association de malfaiteurs, a annoncé la procureure de Paris sur le plateau de France 2, ajoutant que "l'autre devrait l'être dans la soirée".
Le premier mis en cause, âgé de 34 ans, a également été placé en détention provisoire, ont indiqué ses avocats, Mes Réda Ghilaci et David Bocobza.
"Le seul et unique commentaire que l'on peut vous donner ce soir, c'est qu'il existe un décalage qui est abyssal entre le caractère extraordinaire de ce dossier et la personnalité tout à fait ordinaire de notre client", ont-ils déclaré à la presse, insistant sur la nécessité du "respect le plus absolu du secret de l'enquête et de l'instruction" dans ce dossier.
Interpellés samedi soir, les deux suspects ont "partiellement reconnu les faits", a indiqué Mme Beccuau lors d'une conférence de presse en fin d'après-midi. Ils sont soupçonnés d'être ceux qui ont "pénétré dans la galerie d'Apollon pour s'emparer des bijoux", a-t-elle précisé.
Le parquet a requis leur mise en examen ainsi que leur placement en détention provisoire.
En revanche, "nous n'excluons pas la possibilité" d'un groupe beaucoup plus large que les quatre malfaiteurs repérés par les caméras de surveillance, a-t-elle dit.
- Bijoux "invendables" -
Les bijoux "ne sont pas encore en notre possession. Je veux garder l'espoir qu'ils seront retrouvés et pourront être rendus au musée du Louvre et plus largement à la nation", a aussi déclaré Mme Beccuau.
"Ces joyaux sont dorénavant bien évidemment invendables. Pour rappel, (...) quiconque les achèterait se rendrait coupable à son tour de recel de ce crime", a-t-elle souligné, avant de lancer: "Il est encore temps de les restituer".
Les deux hommes appréhendés vivent à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis.
Le deuxième, âgé de 39 ans, a été interpellé à proximité de son domicile. "Rien ne permet d'affirmer qu'il était en partance pour l'étranger", a indiqué la procureure. Il est déjà connu pour des faits de vols aggravés.
Mme Beccuau a souligné le travail "jour et nuit" de la centaine d'enquêteurs et magistrats impliqués sur ce dossier, évoquant une "mobilisation exceptionnelle de tous" pour "identifier au plus vite les malfaiteurs et tenter de retrouver les bijoux".
Plus de 150 analyses de prélèvements ont été réalisées "dans la plus grande urgence", a-t-elle dit.
Le butin de ce casse rocambolesque qui a fait le tour de la planète est estimé à 88 millions d'euros, avait indiqué Mme Beccuau.
Vers 09H30 le 19 octobre, les membres du commando avaient installé un camion-élévateur au pied du musée, sur le quai François-Mitterrand, et deux d'entre eux, visages masqués, s'étaient hissés avec une nacelle jusqu'à la galerie Apollon.
Après avoir brisé une fenêtre et les vitrines contenant les bijoux à l'aide de disqueuses, les voleurs étaient repartis à bord de deux scooters conduits par leurs complices.
Le cambriolage a duré en tout moins de huit minutes.
Dans leur fuite, les malfaiteurs ont laissé tomber la couronne de l'impératrice Eugénie, qui a été abîmée.
La directrice du Louvre a fait savoir "combien il serait délicat" de la restaurer, a noté Mme Beccuau.
- Sécurité en question -
L'affaire a provoqué des débats-fleuves sur la sécurité du Louvre, musée le plus visité du monde.
Elle a débouché sur un premier bras de fer. Le nouveau préfet de police de Paris, Patrice Faure, s'est ainsi dit mercredi "fermement opposé" à l'installation d'un commissariat au sein du Louvre, demandée par la présidente du musée, Laurence des Cars, après le cambriolage.
Le président de la commission de la Culture du Sénat, Laurent Lafon, a estimé mardi, à l'issue d'une visite des installations de sûreté du Louvre, que la sécurité de l'établissement n'était "pas conforme à ce qu'on peut attendre d'un musée aujourd'hui".
La ministre de la Culture, Rachida Dati, s'est quant à elle dite mercredi "dans l'attente" des conclusions de l'enquête administrative sur la sécurité du musée.
Celles-ci permettront de "prendre toutes les mesures nécessaires, urgentes, pour remédier à cet échec sécuritaire", a-t-elle indiqué.
pgr-cco-sm-jmo/asl/swi
X.Brito--PC