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Macron dans trois pays d'Afrique centrale vendredi
Trois capitales en quelques heures pour une "nouvelle relation" avec l'Afrique : Emmanuel Macron met le turbo vendredi dans sa tournée africaine destinée à montrer le nouveau visage de la diplomatie française sur le continent.
Le président français est arrivé tard jeudi soir en Angola en provenance du Gabon où il venait d'assister à un sommet sur la préservation des forêts tropicales.
Vendredi, il rencontrera successivement ses homologue angolais Joao Lourenço à Luanda puis congolais Denis Sassou Nguesso à Brazzaville, avant de rejoindre dans la soirée Kinshasa, dernière étape de sa tournée.
Avec toujours le même fil rouge: tourner définitivement la page de la "Françafrique", avec ses pratiques opaques et ses réseaux d'influence hérités du colonialisme, et mettre en place un nouveau "logiciel", reposant sur "l'humilité" et des partenariats pragmatiques, de la protection de l'environnement à la santé.
"Cet âge de la Françafrique est bien révolu", a-t-il lancé jeudi depuis Libreville qui a longtemps incarné ces dérives sous la présidence d'Omar Bongo.
"Au Gabon comme ailleurs, la France est un interlocuteur neutre", a-t-il martelé, alors que l'opposition gabonaise l'accusait d'apporter son soutien au président Ali Bongo Ondimba, fils et successeur d'Omar Bongo, en pleine année électorale.
En Angola, ancienne colonie portugaise où son prédécesseur François Hollande s'était rendu en 2015, la tâche sera sans doute plus aisée.
Emmanuel Macron, soucieux de diversifier les liens de la France avec le continent, a multiplié les déplacements dans les pays non francophones depuis son premier mandat (2017-2022).
- "Savoir-faire" -
A Luanda, un accord de coopération doit être conclu pour renforcer la filière agricole de ce pays et diversifier son économie, très centrée sur la production pétrolière.
L'Angola, qui importe une grande partie de ses produits alimentaires, veut renforcer sa "souveraineté" en la matière et "trouver de nouvelles ressources de revenus dans le domaine agricole", souligne la présidence française.
La France peut apporter un "savoir-faire" pour une filière de la production à la transformation et la commercialisation, ajoute-t-elle.
Le président français sera accompagné de représentants de grands groupes céréaliers, de spécialistes du développement d'infrastructures comme Meridiam et de Total qui est présent en Angola dans la production d'hydrocarbures mais aussi dans l'hydroélectricité.
Le président angolais, dont la réélection en 2022 a été contestée dans l'opposition, s'inscrit dans la continuité du Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA), au pouvoir depuis l'indépendance en 1975 et longtemps parti unique.
Emmanuel Macron s'arrêtera ensuite quelques heures à Brazzaville où Denis Sassou Nguesso règne d'une main de fer depuis près de 40 ans, une rencontre qui risque là aussi d'apparaître à contrecourant de son nouveau logiciel.
A la veille de son arrivée, des organisations congolaises de défense des droits de l'homme ont exposé leurs préoccupations et demandé au président français de les relayer.
- "Attendu sur la paix" -
Elles ont notamment plaidé pour la libération du général Jean-Marie Michel Mokoko et d'André Okombi Salissa.
Respectivement ancien chef d'état-major des armées et ex-ministre, ces deux personnalités ont été condamnées à 20 ans de prison ferme après la présidentielle de 2016 qu'elles ont perdue et contestée.
Emmanuel Macron rejoindra ensuite la République démocratique du Congo, ex-colonie belge sur l'autre rive du fleuve Congo, pour une visite axée sur la coopération en matière de santé et culturelle.
Il visitera samedi l'Institut national de recherche biomédicale et y rencontrera le professeur Jean-Jacques Muyembe, à l'origine de la découverte du virus Ebola. Il rencontrera aussi des artistes et des entrepreneurs du monde de la culture et de la création.
Cette étape peut s'avérer délicate alors que la France est accusée en RDC de soutenir le Rwanda plutôt que Kinshasa, confronté à une rébellion dans l'est du pays.
Quelques dizaines de jeunes, brandissant des drapeaux russes, ont manifesté contre sa venue mercredi à Kinshasa. Jeudi, une petite dizaine d'entre eux ont brûlé un drapeau de la France devant l'Institut français à Goma dans l'est du pays, a constaté un correspondant de l'AFP.
P.Serra--PC