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Biden et Harris ensemble jeudi pour un pas de deux délicat
Joe Biden et Kamala Harris, qui l'a remplacé comme candidate à la Maison Blanche, devront effectuer jeudi un pas de deux politiquement délicat lors d'un déplacement consacré à l'économie.
Depuis le séisme politique causé par le retrait du démocrate de 81 ans le 21 juillet, le président et la vice-présidente sont apparus en public ensemble le 2 août, pour accueillir des prisonniers libérés par la Russie, dont le journaliste Evan Gershkovich.
Ils se rendent cette fois dans le Maryland, près de Washington, pour des discours consacrés au pouvoir d'achat, l'un des grands axes de la politique économique de Joe Biden et l'une des grandes vulnérabilités politiques des démocrates.
L'inflation recule aux Etats-Unis et la croissance reste robuste, mais cela n'empêche pas Donald Trump de reprocher constamment à ses adversaires d'avoir écrasé les ménages par un coût de la vie insupportable.
"Durant près de quatre ans, Kamala n'a fait que de se marrer, tandis que l'économie américaine s'enfonçait dans la crise", a lancé le candidat républicain lors d'un meeting mercredi.
Il a accusé la vice-présidente, qui présentera vendredi les grandes lignes de son programme économique, d'avoir "jeté des milliards de dollars par la fenêtre".
C'est la première fois que Kamala Harris et Joe Biden feront campagne ensemble, même s'il s'agit à proprement parler d'un déplacement dans leurs fonctions officielles, et non d'un meeting ou d'une levée de fonds.
- "Je cherche un boulot" -
Le rapport de force entre la démocrate de 59 ans et le chef d'Etat de 81 ans a évidemment été bouleversé.
Sur le plan protocolaire, Joe Biden a toujours la préséance. Mais en renonçant à sa candidature, il a perdu tout capital politique, surtout au vu de l'indiscutable élan pris jusqu'ici par la vice-présidente.
Kamala Harris a réussi à rattraper voire dépasser légèrement Donald Trump selon les sondages dans certains Etats clés, ce que Joe Biden, plombé par les inquiétudes sur son âge, n'avait jamais réussi à faire.
A en croire la presse américaine, le président, dont la position était devenue intenable après un débat calamiteux fin juin avec Donald Trump, a plus ou moins accepté d'entrevoir la fin d'une carrière politique entamée il y a plus de cinquante ans.
"Je cherche un boulot", a-t-il même blagué mercredi, en recevant des influenceurs à la Maison Blanche. Mais il nourrirait toujours de l'amertume envers certains dirigeants démocrates de haut rang, estimant qu'ils l'ont poussé vers la sortie.
Jusqu'ici, le président est resté à l'écart de la campagne de Kamala Harris.
La vice-présidente doit tracer sa propre voie, sans renier ouvertement les politiques menées par le président qu'elle seconde depuis janvier 2021.
Sans bouder ostensiblement Joe Biden, Kamala Harris ne voudra sans doute pas s'encombrer de ce président impopulaire, certes doté d'un certain capital sympathie auprès des démocrates, mais incapable de chauffer les salles à la manière d'un orateur vibrant tel que Barack Obama.
Les deux présidents, l'actuel et l'ancien, s'exprimeront la semaine prochaine lors de la convention démocrate de Chicago.
R.J.Fidalgo--PC