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Tarifs douaniers de Trump: à la frontière, les entreprises mexicaines en quête de plan B
L'industrie mexicaine le long de la frontière avec les Etats-Unis pense à se retourner vers le marché intérieur pour résister au choc dévastateur des tarifs douaniers du président Trump.
Dans les environs de Tijuana, plus de 200 usines de sous-traitance (maquiladoras) qui exportent vers les Etats-Unis vont subir de plein fouet les tarifs douaniers à 25% imposés par le président américain.
Fournitures médicales, matériaux semi-conducteurs, composants électroniques: tous les secteurs "se verront affectés" par les tarifs entrés en vigueur depuis mardi, a expliqué à l'AFP José Luis Contreras, le président de l'Association des industries de Mesa de Otay.
L'industrie automobile, un autre secteur fortement orienté vers le marché américain, a obtenu un répit d'un mois annoncé par Trump ce mercredi.
Chaque année, plus d'un million de camions de marchandises traversent la frontière dans cette région dont les grands parcs industriels abritent 400 entreprises.
Elles doivent "réorienter" leur activité vers le marché interne" devant la menace de Trump, lance Contreras. Selon lui, cela implique de reproduire à l'intérieur du pays les chaînes de production de l'Accord Canada-Etats-Unis-Mexique (ACEUM).
Il veut trouver des nouveaux marchés et mettre fin aux restrictions légales pour les "maquiladoras", qui doivent exporter un certain pourcentage de leur production, ajoute-t-il.
Mais il faut "agir rapidement", puisque "l'aspect social est très important", prévient Contreras. Quelque 80 000 emplois sont en jeu dans les usines de sous-traitance en cette partie de la frontière, longue au total de 3.100 kilomètres, selon cet entrepreneur en métallurgie.
La présidente mexicaine, Claudia SheinBaum, annoncera dimanche ses mesures pour répliquer aux tarifs douaniers de Trump, si aucun accord n'est trouvé entre-temps, alors que les deux chefs d'Etat pourraient se parler ce jeudi.
La présidente a affirmé ce mercredi que si les tarifs douaniers sont maintenus, son gouvernement est prêt à trouver de nouveaux partenaires commerciaux.
- Des "plaisanteries" sans avenir -
Trump a imposé des tarifs à 25% au Mexique et au Canada, qu'il accuse d'être incapables de lutter contre l'immigration illégale et le trafic de fentanyl, un puissant opioïde à l'origine de surdoses mortelles aux États-unis chaque année.
Dans sa croisade protectionniste, le président américain, qui souhaite relocaliser des entreprises sur le territoire américain, s'en prend également à la Chine et à l'Union européenne.
Les analystes estiment que les tarifs douaniers menacent de déclencher une récession au Mexique, dont 80% des exportations vont aux États-Unis.
En y ajoutant les mesures de représailles, ces tarifs nuiront également à l'économie américaine, en répercutant les coûts sur les entreprises, les travailleurs et les consommateurs, ajoutent les experts.
Du même coup, les tarifs américains pourraient pousser leurs partenaires régionaux dans les bras de la Chine, leur grand concurrent. "Il y aura quelques perturbations, mais (...) pas beaucoup", a déclaré Trump mardi soir devant le Congrès.
"Les plaisanteries de Trump (...) ne pourront pas se poursuivre encore longtemps", estime Contreras, qui doute que les États-Unis puissent remplacer rapidement la main-d’œuvre et les compétences développées au Mexique pendant des décennies d'échanges commerciaux.
La confiance des consommateurs américains a atteint en février sa baisse mensuelle la plus importante depuis août 2021, selon un sondage du Conference Board.
- Une guerre sans gagnant -
Les Mexicains qui traversent par milliers la frontière au poste de San Ysidro -l'un des plus importants au monde- ont la certitude qu'il n'y aura pas de gagnant à la guerre tarifaire lancée par Trump.
"Ce sera très difficile pour Trump de revenir complètement en arrière", croit Moisés Arroyo, un mécanicien retraité de 72 ans qui a les nationalités mexicaine et américaine, dans la longue file de voitures pour passer de Tijuana à San Diego.
Son compatriote Carlos Nava, un américain de 58 ans, observe une baisse de son activité comme chauffeur Uber à San Diego.
"Nous allons arrêter d'aller consommer" de l'autre côté de la frontière, selon Arroyo, qui a l'habitude d'aller faire des courses à San Diego.
E.Borba--PC