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Berlin rouvre son ambassade à Damas, appelle à la sécurité pour tous les Syriens
L'Allemagne a remis en service jeudi son ambassade en Syrie en présence de la cheffe de sa diplomatie, qui a exhorté les autorités de transition à tout faire pour garantir la sécurité dans le pays.
Trois mois après la chute du président syrien Bachar al-Assad, la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, a officiellement récupéré en personne les clefs de l'ambassade, fermée en 2012 dans le sillage de la guerre civile.
Dans ce pays divisé entre plusieurs communautés religieuses, où la transition reste difficile trois mois après la fuite de Bachar al-Assad, Mme Baerbock doit avoir des entretiens jeudi avec le président syrien par intérim Ahmad al-Chareh et son ministre des Affaires étrangères Assaad al-Chaibani.
Selon des sources proches du ministère allemand des Affaires étrangères, "l'ambassade dispose d'une petite équipe politique et continuera à développer sa présence, en fonction de la situation".
"En raison du contexte sécuritaire et des capacités d'espace limitées", les affaires de visa et consulaires continueront à être traitées depuis Beyrouth, au Liban, ont précisé ces mêmes sources.
Avant sa fermeture en janvier 2012 et la réduction du personnel qui avait eu lieu auparavant dans le sillage de la crise, l'ambassade allemande à Damas comptait une cinquantaine d'employés, dont 25 à 30 expatriés et environ 20 sous contrat local.
Parmi les pays de l'UE, l'ambassade italienne a déjà repris ses activités à Damas. La France a remis pour le moment son drapeau sur son bâtiment et repris possession des lieux, mais elle n'y a pas encore d'activité consulaire. L'Espagne avait également annoncé avoir hissé son drapeau mi-janvier sur son ambassade.
- Un "nouveau départ" -
Juste avant de quitter le Liban pour la Syrie, Mme Baerbock a appelé les nouvelles autorités à garantir la paix et la sécurité de tous les Syriens, deux semaines après des massacres dans l'ouest du pays qui ont fait plus de 1.500 morts parmi les civils, en majorité issus de la minorité alaouite à laquelle appartient le clan Assad.
Il s'agit des pires violences depuis l'arrivée au pouvoir d'une coalition menée par le groupe islamiste sunnite Hayat Tahrir al-Cham (HTS).
Beaucoup de Syriens "ont peur que la vie dans la future Syrie ne soit pas sûre pour tous", a déclaré selon un communiqué Mme Baerbock, dont c'est le deuxième voyage en Syrie depuis la chute de Bachar al-Assad.
Elle a exhorté le gouvernement de transition syrien à s'assurer qu'il contrôlait les "groupes dans ses propres rangs".
Elle a ajouté qu'il devrait juger les responsables des violences et garantir la paix et la prospérité dans toute la Syrie, marquée par 14 années de guerre civile dévastatrice.
"C'est la tâche gigantesque à laquelle est confronté le gouvernement de transition syrien dirigé par Ahmad al-Chareh", a-t-elle dit.
Mme Baerbock a indiqué qu'elle profiterait de son voyage pour dire au gouvernement syrien qu'un "nouveau départ" entre l'Europe et l'Allemagne, d'une part, et la Syrie, d'autre part, était conditionné au fait que tous les Syriens jouissent de la liberté et de la sécurité, indépendamment de leur foi, de leur sexe ou de leur appartenance ethnique.
L'Allemagne a annoncé lundi le versement de 300 millions d'euros pour la reconstruction en Syrie, dans le cadre d'une conférence de pays donateurs qui a rassemblé des promesses d'aide à hauteur de 5,8 milliards d'euros.
Mme Baerbock s'était déjà rendue le 3 janvier en Syrie avec son homologue français, Jean-Noël Barrot, une visite sous mandat de l'Union européenne.
Cette visite avait fait le tour des réseaux sociaux après le refus d'Ahmad al-Chareh de serrer la main à Mme Baerbock. Comme il est d'usage pour certains musulmans rigoristes, le dirigeant islamiste l'avait saluée en posant sa main sur sa poitrine, après avoir attrapé du bout des doigts celle de son homologue français Jean-Noël Barrot.
Ce geste avait eu un écho particulier au moment où Mme Baerbock venait à Damas plaider le droit des femmes, mais le gouvernement allemand en avait minimisé la portée, prônant une approche pragmatique.
Nogueira--PC