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Les partenaires des États-Unis appellent au dialogue après l'offensive protectionniste de Trump
Les principaux partenaires des États-Unis appellent jeudi au dialogue, au lendemain de l'offensive protectionniste massive lancée par Donald Trump qui fait plonger les marchés mondiaux et craindre des conséquences lourdes pour l'économie mondiale.
Les indices boursiers à Wall Street étaient orientés fortement à la baisse à environ une heure de l'ouverture, entraînant dans leur sillage les bourses européennes: Francfort chutait de 2,27%, Paris de 2,69% et Londres de 1,54%.
Symptôme des inquiétudes sur un ralentissement économique à venir, le pétrole plongeait de quelque 5% et l'or, actif refuge, a connu de nouveaux sommets.
Pékin a dit jeudi "maintenir la communication" avec Washington au sujet du commerce et de l'économie, tout en exhortant Washington à "annuler immédiatement" ses taxes douanières punitives et en promettant de riposter.
Le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, va parler avec ses homologues américains vendredi. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a assuré qu'il n'est "pas trop tard" pour négocier, mais assuré aussi que l'UE était "prête à réagir".
Berlin pour sa part soutient l'Union européenne dans sa recherche d'une "solution négociée" avec Washington.
- "Pillé, saccagé, violé" -
De quoi trancher avec le ton très offensif de Trump la veille: "notre pays a été pillé, saccagé, violé et dévasté par des nations proches et lointaines, des alliés comme des ennemis", a asséné le président américain, avant d'exhiber une liste des partenaires commerciaux concernés.
L'offensive protectionniste de la Maison-Blanche, sans équivalent depuis les années 1930, passe par un droit de douane généralisé de 10% sur toutes les importations à partir du 5 avril à 04H01 GMT. Des majorations sont prévues à partir du 9 avril pour les pays jugés particulièrement hostiles en matière commerciale.
Les marchandises de l'UE prendront 20% de taxes. Les taux ont été fixés à 24% pour le Japon, 26% pour l'Inde ou 46% pour le Vietnam.
Selon les analystes d'Oxford Economics, cette salve de Trump et ses conséquences pourraient ralentir nettement la croissance mondiale et la ramener sous les 2%.
"Les droits de douane de Trump sont les plus coûteux et les plus masochistes que les États-Unis aient appliqués depuis des décennies", a fustigé jeudi sur X Larry Summers, l'ancien secrétaire au Trésor sous Bill Clinton, évaluant à 30.000 milliards de dollars la perte, en raison du plongeon de Wall Street en amont et au lendemain des annonces de Trump.
Malgré les appels au dialogue, la plupart des États critiquent vertement Trump.
L'allié américain pourrait avoir enfreint les règles de l'OMC et leur accord bilatéral, a jugé le Japon. L'Australie a dénoncé un "geste qui n'est pas celui d'un ami", et le Bangladesh, deuxième fabricant de vêtements au monde, le "coup de massue" à son industrie.
La France, qui va réunir jeudi les représentants ses filières les plus touchées, déplore une "immense difficulté" pour l'Europe, et se dit, comme Berlin, prête à cibler la tech américaine dans le cadre d'une réponse continentale.
En Espagne, le Premier ministre Pedro Sanchez a critiqué un "protectionnisme du XIXe siècle (...) ce qui, à [son] avis, n'est pas une manière intelligente de relever les défis duXXIe siècle".
- Ni Russie ni Corée -
Les surtaxes américaines sont censées répondre aussi aux barrières dites "non tarifaires", par exemple des normes sanitaires ou environnementales.
La Maison-Blanche a fait savoir mercredi soir que certaines catégories n'étaient pas concernées: lingots d'or, produits pharmaceutiques, semi-conducteurs, cuivre, bois de construction, produits énergétiques ou encore minéraux introuvables sur le sol américain.
Pas trace en revanche de la Russie ni de la Corée du Nord dans la liste des pays sanctionnés au motif, selon un responsable américain, qu'elles ne sont plus des partenaires commerciaux significatifs.
Ni le Mexique ni le Canada n'apparaissent sur la nouvelle liste. Signataires d'un accord de libre-échange avec les États-Unis, ils relèvent d'un autre régime.
Ils vont toutefois encaisser comme le reste du monde les 25% de taxes additionnelles sur les voitures fabriquées à l'étranger qui sont entrées en vigueur jeudi matin.
Cette surtaxe a déjà fait ses premières victimes jeudi avec l'annonce par Stellantis de la fermeture de son usine Chrysler de Windsor (Canada) pendant deux semaines.
Les nouveaux droits de douane "ne feront que des perdants", a critiqué l'industrie automobile allemande.
Le Royaume-Uni, qui négocie un traité commercial bilatéral, sort relativement épargné, avec un taux plancher de 10%, mais ces sanctions américaines auront "un impact" sur l'économie britannique, a reconnu jeudi le Premier ministre Keir Starmer.
Donald Trump présente les droits de douane comme une baguette magique capable de réindustrialiser le pays, de rééquilibrer la balance commerciale et d'éponger le déficit budgétaire.
J.V.Jacinto--PC