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Les marchés mondiaux dégringolent face au soufflet des droits de douane
Les marchés mondiaux ont succombé à l'affolement vendredi, les investisseurs laissant éclater leurs craintes quant à l'état de l'économie américaine en raison de la vaste offensive commerciale lancée par le président américain Donald Trump à laquelle a répondu la Chine.
Après une séance chaotique jeudi, les Bourses mondiales ont continué de plonger vendredi après les annonces de Pékin imposant en réponse aux mesures américaines des droits de douane de 34% sur toutes les importations de biens américains à partir du 10 avril.
A Wall Street, le Dow Jones a perdu 5,50%, l'indice Nasdaq a fondu de 5,82%, soit une chute de 22% depuis son record en décembre dernier, et l'indice élargi S&P 500 a lâché 5,97%, sa pire séance en Bourse depuis la crise du Covid-19 en 2020.
En deux jours, la place américaine a laissé s'envoler plus de 6.000 milliards de dollars de capitalisation boursière, selon l'indice Dow Jones US Total Stock Market.
En Europe, la Bourse de Paris a dévissé de 4,26%, effaçant tous ses gains de l'année, peu après avoir perdu plus de 5%. Les Bourses de Francfort et Londres ont toutes deux chuté de 4,95% et Milan de 6,53%, leurs plus fortes chutes depuis le début de la pandémie de Covid-19 en mars 2020. La Bourse suisse a dégringolé de 5,14% et Madrid de 5,83%.
"Il se peut que les marchés ne réagissent pas suffisamment, surtout si ces tarifs s'avèrent définitifs, compte tenu des répercussions potentielles sur la consommation et le commerce au niveau mondial", juge Matt Burdett, de Thornburg Investment Management.
Pour Steve Sosnick, d'Interactive Brokers, "les dernières fois que le sentiment du marché a changé de manière aussi brutale, c'était à cause d'évènements exogènes comme le Covid-19 et le 11-septembre". "Cette fois, c'est strictement la politique" de l'administration Trump qui en est la raison, ajoute auprès de l'AFP l'analyste.
Et "les mesures de rétorsion de la Chine annoncent le début d'une escalade" entre les deux géants économiques de la planète, souligne Alexandre Baradez, responsable de l'analyse marchés à IG France. Tout "ce que le marché craint".
Le retour du spectre de la récession
Lors d'un discours vendredi, Jerome Powell, le président de la banque centrale américaine, a dit que les "conséquences économiques" des droits de douane allaient "probablement" être plus étendues qu'anticipé.
M. Powell a cité "une plus forte inflation et une croissance ralentie", mais aussi un "risque accru pour l'emploi".
"Il est trop tôt pour dire quelle est la politique monétaire appropriée", a ajouté le patron de la Fed, une façon de dire qu'il n'entendait pas faire bouger les taux dans ce contexte, malgré les appels de Donald Trump, qui plaide pour un abaissement des taux.
L'onde de choc provoquée par les annonces de droits de douane américaines a ravivé les craintes d'une possible "récession aux États-Unis et à plus grande échelle", souligne Guillaume Chaloin, directeur de la gestion actions de Delubac AM.
Les cours du pétrole, très sensibles aux évolutions de la consommation mondiale, ont été touchés de plein de fouet, évoluant à leur plus bas niveau depuis quatre ans. Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, a perdu 6,50%, à 65,58 dollars, son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), a chuté de 7,41% à 61,99 dollars.
A Londres, Shell a dévissé de 7,47% et BP de 7,43%. A Paris, TotalEnergies a abandonné 6,24%. A Milan, Eni a perdu 4,53%. Outre Atlantique, Exxon Mobil (-7,20%), Chevron (-8,22%), ConocoPhilips (-9,41%) ont dégringolé.
Le marché obligataire recherché
Face au chaos commercial, les investisseurs se ruent vers toute valeur refuge qui leur permettrait de constituer une réserve de valeur, avec en premier lieu le marché de la dette, qui garantit un rendement aux investisseurs, et est aussi l'un des grands gagnants de la guerre commerciale.
Les taux d'emprunt souverains se détendent très nettement, signe de l'appétit des investisseurs.
Le taux auquel les États-Unis empruntent à échéance dix ans atteignait 3,99% vers 21H10 GMT contre 4,03% à la clôture jeudi. L'équivalent allemand passait de 2,65% à 2,57%, le français de 3,37% à 3,33%.
G.M.Castelo--PC