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Les produits du monde entier visés par une surtaxe de 10% à l'entrée des Etats-Unis
Une grande partie des produits que les Etats-Unis importent du reste du monde sont visés depuis samedi par des droits de douane additionnels de 10% décidés par Donald Trump, une déflagration pour le commerce mondial qui doit s'amplifier dans les jours qui suivent.
Ce plancher universel de 10%, dont certains produits sont exemptés, s'additionne aux taxes douanières qui existaient au préalable.
Certains biens sont toutefois pour l'heure exemptés: pétrole, gaz, cuivre, or, argent, platine, palladium, bois de construction, semiconducteurs, produits pharmaceutiques, ou encore minéraux introuvables sur le sol américain.
Et le Canada et le Mexique, soumis à un autre régime, paient déjà un nouveau tribut à la guerre commerciale initiée par le président américain Donald Trump.
L'addition sera nettement plus lourde dès le 9 avril pour les pays qui exportent plus vers les Etats-Unis qu'ils n'importent de produits américains.
+54% au total pour la Chine (visée en plusieurs temps), +20% pour l'Union européenne (UE), +46% pour le Vietnam, +24% pour le Japon...
Cela représentera quelque 80 pays et territoires, en comptant les 27 pays du bloc européen, selon un document officiel publié vendredi par le gouvernement américain.
La liste des plus taxés a été raccourcie: elle ne comprend plus les îles françaises de Saint-Pierre-et-Miquelon - que la Maison Blanche avait présentées comme étant visées par +50% de droits de douane -, ni les territoires australiens des îles Heard et McDonald, dans la région subantarctique, qui abritent seulement des colonies de manchots.
Leur présence avait suscité un mélange de stupéfaction et de moqueries concernant la méthodologie de l'administration américaine.
- Des milliers de milliards partis en fumée -
L'ONU commerce et développement (Cnuced) s'est inquiétée vendredi de trouver toujours dans la liste les pays plus pauvres de la planète.
L'organisation internationale a souligné que les pays les moins avancés et les petits États insulaires en développement n'étaient responsables, respectivement, que de 1,6% et 0,4% du déficit commercial américain.
Ces pays, a-t-elle observé, "ne contribueront ni à rééquilibrer le déficit commercial ni à générer des recettes significatives".
L'annonce mercredi de Donald Trump, justifiée par l'"urgence nationale" de réduire le déficit américain, a foudroyé l'économie mondiale.
Les barrières douanières promises seront aussi hautes, selon les économistes, que dans les années 1930 aux Etats-Unis, à une époque où les flux étaient éminemment plus faibles et les pays moins dépendants de la production des autres.
Face à la riposte annoncée par Pékin (+34% sur les produits américains dès le 10 avril) et aux craintes d'une spirale négative pour l'économie mondiale, les marchés financiers se sont effondrés.
En deux jours, la place américaine a vu s'envoler plus de 6.000 milliards de dollars de capitalisation boursière, selon l'indice Dow Jones US Total Stock Market.
"Sachez que je ne changerai jamais de politique. C'est un bon moment pour devenir riche, plus riche que jamais!", a fanfaronné vendredi le président américain, sur sa plateforme Truth Social.
Il a par ailleurs exhorté le président de la Réserve fédérale (Fed) à baisser les taux d'intérêt, estimant que c'était le moment "parfait" grâce aux progrès observés sur certains prix (pétrole, oeufs) depuis son retour au pouvoir en janvier.
Quelques minutes plus tard, le président de l'institution monétaire a pourtant brossé un tableau plutôt sombre des perspectives pour l'économie américaine, avec les droits de douane: potentiellement plus d'inflation, moins de croissance et plus de chômage.
P.Mira--PC