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Droits de douane: lundi noir sur les marchés, Trump inflexible
Les marchés mondiaux sont à nouveau violemment secoués lundi par la guerre commerciale lancée par Donald Trump, inflexible, et les représailles chinoises annoncées, qui font craindre de lourdes conséquences pour l'économie mondiale.
Après deux séances dans le rouge jeudi et vendredi, les Bourses européennes connaissent un séisme "historique" selon les analystes: l'indice phare allemand, le DAX, dévisse de plus de 5%, autant que le CAC 40 à Paris.
De Tokyo à Shanghai en passant par Séoul et Taipei, les principaux indices asiatiques, en partie fermés vendredi, ont connu un lundi noir. A Hong Kong, l'indice Hang Seng s'est effondré de plus de 13% - sa pire séance depuis 1997 - alors que Wall Street avait signé vendredi sa pire journée depuis 2020.
Interrogé sur la dégringolade des marchés, qui redoutent une escalade commerciale destructrice pour l'économie, Donald Trump est resté inflexible: "Il faut parfois prendre un traitement pour se soigner", a-t-il déclaré.
Il a assuré que son pays était "beaucoup plus fort" depuis l'annonce de ces mesures et assuré que la chute des marchés n'était pas une volonté délibérée de sa part.
Le président républicain reproche aux partenaires économiques des Etats-Unis de les "piller". En conséquence, il a imposé un taux universel de 10% de taxe douanière sur tous les produits importés aux Etats-Unis, entré en vigueur samedi.
Ce taux va être relevé dès mercredi pour plusieurs dizaines de partenaires commerciaux majeurs, notamment l'Union européenne (20%) et la Chine (34%).
La Chine a répliqué en annonçant ses propres droits de douane - 34% de taxes sur les importations américaines. Des contre-mesures qui visent à ramener les Etats-Unis sur "la bonne voie", a avancé lundi Ling Ji, vice-ministre du Commerce. Il a toutefois souligné que la Chine resterait "une terre sûre" pour les investissements étrangers.
Face aux turbulences boursières, le principal fonds d'Etat chinois a dit vouloir contribuer au "fonctionnement stable" des marchés.
- 'Pas de discussion' -
"Nous avons des déficits commerciaux massifs avec la Chine, l'Union européenne et beaucoup d'autres", a écrit dimanche Donald Trump sur son réseau Truth Social.
"La seule manière de régler ce problème, ce sont les droits de douane, qui vont rapporter des dizaines de milliards de dollars aux Etats-Unis", a-t-il ajouté.
Les Etats-Unis visent "l'hégémonie au nom de la réciprocité", a accusé Pékin lundi.
M. Trump a assuré avoir discuté pendant le week-end "avec beaucoup d'Européens, d'Asiatiques, au monde entier. Il veulent tous désespérément un accord".
Les Européens "veulent discuter mais il n'y aura pas de discussion tant qu'ils ne nous donneront pas beaucoup d'argent sur une base annuelle", a-t-il martelé.
"Plus de 50 pays ont approché le gouvernement au sujet d'une réduction de leurs barrières douanières, de leurs droits de douane et de l'arrêt de leur manipulation de changes", a déclaré le ministre des Finances Scott Bessent sur la chaîne NBC.
"Nous allons voir si ce qu'ils ont à proposer est crédible", a-t-il expliqué. Mais "après 20, 30, 40, 50 ans de mauvais comportements, on ne peut pas repartir de zéro".
"Ce n'est pas le genre de chose que vous pouvez négocier en quelques jours ou quelques semaines", a encore prévenu le ministre, laissant entendre que ces taxes pourraient rester en vigueur plusieurs mois au moins.
Les dirigeants européens ont eux multiplié les contacts au cours du week-end avant une réunion lundi à Luxembourg des ministres du Commerce extérieur de l'UE pour préparer "la réponse européenne aux Etats-Unis".
Bruxelles a promis d'ouvrir des "négociations sérieuses" avec Washington contre ces taxes jugées "injustifiées".
- Possible récession -
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu doit rencontrer lundi M. Trump à Washington pour évoquer entre autres les nouvelles taxes douanières. Le Vietnam a lui demandé un délai d'"au moins 45 jours" pour "parvenir à un accord le plus rapidement possible", a dit le secrétaire général du parti communiste, To Lam.
Le principal conseiller économique de la Maison Blanche, Kevin Hassett, a lui jugé que ce n'est pas l'économie américaine qui trinquera le plus de la guerre commerciale, même s'il a concédé qu'il pourrait "y avoir des hausses de prix".
"Je ne pense pas qu'on va voir un effet majeur sur les consommateurs aux Etats-Unis", a-t-il insisté.
"Je ne pense pas que l'inflation sera un grand problème", a aussi balayé Donald Trump.
La plupart des économistes s'attendent cependant à ce que les nouveaux droits sur les produits importés aux Etats-Unis provoquent une accélération de l'inflation et freinent la consommation.
"Nous pourrions assister très rapidement à une récession aux États-Unis", a déclaré Steve Cochrane, économiste en chef pour la région Asie-Pacifique chez Moody's Analytics.
N.Esteves--PC