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Les Bourses mondiales reprennent leur souffle, après l'exemption de droits de douane américains sur la tech
Les marchés boursiers mondiaux ont évolué en hausse lundi, portés par l'annonce d'une exemption provisoire de surtaxes douanières américaines sur les produits de la tech, toujours sur fond de forte incertitude quant à la politique commerciale de Washington.
En pleine guerre commerciale avec Pékin, les États-Unis ont finalement accordé une exemption de surtaxes sur les produits high-tech, smartphones et ordinateurs en tête, ainsi que sur les semi-conducteurs.
Les États-Unis imposaient depuis la semaine dernière les produits chinois à 145%, dans le cadre d'une vaste offensive protectionniste lancée par Washington début avril, qui rend les marchés très volatils. Pékin a riposté en faisant bondir ses droits de douane à 125% depuis samedi.
"Les investisseurs considèrent l'adoucissement de la rhétorique commerciale comme un signe haussier" et estiment "que l'administration Trump est de plus en plus attentive à l'évolution des marchés financiers", a écrit Jose Torres, d'Interactive Brokers.
En conséquence, les acteurs de marché commencent "lentement à élaborer des scénarios qui sont meilleurs que le scénario le plus pessimiste" sur la guerre commerciale, qui avait précipité les Bourses mondiales dans une spirale baissière début avril, explique à l'AFP Art Hogan, de B. Riley Wealth Management.
A Wall Street, le Dow Jones a avancé de 0,78%, l'indice Nasdaq de 0,64% et l'indice élargi S&P 500 a gagné 0,79%.
En Europe, Paris a terminé en nette hausse de 2,37%, Francfort de 2,85%, Londres de 2,14% et Milan a gagné 2,88%.
"Il y a un effet d'aubaine pour les investisseurs qui voulaient rentrer sur le marché et qui profitent de prix à la casse" sur certaines valeurs recherchées, après les montagnes russes boursières de la semaine passée, explique à l'AFP Philippe Cohen, gérant de portefeuilles chez Kiplink, évoquant des "rachats à bon compte".
Jose Torres s'attend toutefois "à ce que le sursis douanier n'offre qu'un soulagement à court terme", alors que la Maison Blanche a insisté sur le caractère "temporaire" des exemptions et sur le fait qu'elle entendait toujours taxer l'électronique.
Donald Trump a aussi averti dimanche qu'aucun pays n'était "tiré d'affaire" face à son offensive douanière, "surtout pas la Chine qui, de loin, nous traite le plus mal", a-t-il tonné sur son réseau social Truth.
"Les derniers jours ont montré une fois de plus à quel point l'ensemble de l'argumentation du gouvernement américain est fragile et à quel point des revirements imprévus peuvent survenir rapidement", résume Andreas Lipkow, analyste indépendant. "La grande incertitude persiste sur les marchés financiers."
L'automobile reprend de la vitesse
Les constructeurs automobiles américains ont été recherchés, à l'image de Ford (+4,07%), General Motors (+3,46%) et Stellantis (+5,64%), après que Donald Trump a assuré qu'ils avaient "besoin d'un peu de temps" pour relocaliser leur production aux Etats-Unis.
"Je cherche une solution pour aider certains constructeurs automobiles qui se tournent vers des pièces fabriquées au Canada, au Mexique et ailleurs", a ajouté le président américain.
Des surtaxes d'une valeur de 25% sont entrées en vigueur jeudi 3 avril sur toutes les voitures qui ne sont pas fabriquées aux États-Unis.
Le dollar boudé
Le dollar se stabilise après avoir été éprouvé par l'escalade de la guerre commerciale et les revirements de M. Trump, dont la politique sape la crédibilité américaine auprès des acteurs du marché des changes.
Depuis le début du mois d'avril, le dollar, longtemps considéré comme un actif de confiance, a ainsi perdu près de 5% face à la monnaie unique. Vers 20H45 GMT, il était atone face à l'euro à 1,1352 dollar.
"Les investisseurs deviennent de plus en plus inquiets face aux politiques commerciales erratiques de l'administration américaine et à son abandon apparent d'alliances géopolitiques de longue date", explique Ricardo Evangelista, analyste à ActivTrades.
Le marché de la dette américaine se détend
Les bons du Trésor des États-Unis, longtemps considérés comme des valeurs refuges, avaient été fortement vendus ces derniers jours, souffrant eux aussi de la perte de confiance des investisseurs envers l'économie américaine, ce qui a fait grimper leurs taux d'intérêt.
Ils semblent à nouveau retrouver les faveurs des investisseurs. A dix ans, les emprunts d’État américains atteignaient 4,38% vers 20H20 GMT contre 4,49% vendredi en clôture.
Sur le marché du pétrole, en petite forme, le baril de WTI américain a grappillé 0,05% à 61,53 dollars et celui de Brent de la mer du Nord a pris 0,19% à 64,88 dollars.
A.Santos--PC