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Droits de douane: Meloni en mission délicate à Washington pour négocier au nom des Européens
Avocate du "Made in Italy", mais pressée par Bruxelles de parler au nom de ses partenaires européens, la Première ministre italienne Giorgia Meloni doit rencontrer Donald Trump jeudi à Washington pour une mission délicate sur les droits de douane.
La cheffe de la coalition ultraconservatrice au pouvoir à Rome est la première dirigeante de l'UE à se rendre à la Maison Blanche depuis qu'a éclaté la guerre des droits de douane, alors que la Banque Centrale Européenne (BCE) vient de s'accorder pour une baisse de 0,25 point des taux directeurs pour renforcer l'économie de la zone euro.
Sa présidente Chritine Lagarde a déclaré jeudi que la BCE devait "faire face à l'imprévisible" et à se montrer "agile" face au contexte incertain de guerre commerciale menée par les Etats-Unis.
La directrice du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, a de son côté affirmé dans son traditionnel discours de lever de rideau des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale que malgré les "incertitudes" engendrées par les "politiques commerciales", les projections de croissance, "en baisse notable", ne "montrent pas de récession".
- "Relation très spéciale" -
C'est dans ce contexte indécis que la Première ministre italienne, la seule dirigeante de l'UE invitée en janvier à l'investiture de Donald Trump, se rend à Washington.
Giorgia Meloni partage un large socle idéologique avec le locataire de la Maison Blanche, qui l'a qualifiée de "dirigeante fantastique".
Soulignant la "relation très spéciale" entre les deux dirigeants, de hauts responsables américains ont estimé que Mme Meloni pourrait servir d'intermédiaire pour un accord entre l'Europe et les Etats-Unis.
"Nous espérons que la Première ministre et le président seront en mesure de faire avancer les choses", a déclaré un responsable de l'administration Trump aux journalistes avant la rencontre prévue à 12H00 locales (16H00 GMT).
"Nous sommes ouverts, nous sommes disponibles, nous sommes prêts à conclure des accords avec les pays qui prennent cela au sérieux. Nous espérons que l'Italie et l'UE en feront partie", a-t-il ajouté.
Dépendante des exportations de son industrie, laquelle pèse près d'un quart de son PIB, Mme Meloni a critiqué ces droits de douane tout en jouant le dialogue et exhortant Bruxelles à ne pas prendre de mesures de rétorsion.
- "Aucune pression" -
Son pas de deux et sa proximité avec M. Trump inquiètent ses partenaires européens, à l'instar du ministre français de l'Industrie, Marc Ferracci, qui a dit craindre, à l'annonce de la visite de Mme Meloni à Washington, qu'elle ne fasse cavalier seul.
"Je ne sens aucune pression", a plaisanté Mme Meloni mardi soir en marge d'une cérémonie devant des chefs d'entreprise. "Je suis consciente de ce que je représente et je suis consciente de ce que je défends."
L'Italie réalise plus de 10% de ses exportations vers les Etats-Unis, troisième partenaire commercial de la péninsule. 10% des exportations de l'Allemagne se font également aux Etats-Unis, et 7% des exportations françaises.
"Nous devons absolument éviter une guerre tarifaire", a plaidé le ministre de l'Industrie, Adolfo Urso, ajoutant que Mme Meloni chercherait à Washington à "convaincre tout le monde de la nécessité de discuter".
Rappelant que la Commission européenne est seule compétente en matière d'accords commerciaux, sa présidente Ursula von der Leyen a insisté sur le fait que "toute démarche auprès des Etats-Unis est la bienvenue" et "étroitement coordonnée".
Selon un diplomate européen interrogé par l'AFP, "il n'y a aucun problème" dès lors que tout dirigeant du bloc se rendant à l'étranger "porte le message des Européens" pour "renforcer l'unité européenne".
Selon la presse italienne, la médiation de Mme Meloni vise notamment à préparer une rencontre entre M. Trump et Mme von der Leyen.
burs-gab-dk/ph/vla
F.Moura--PC