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Après la méga-panne, la piste de la cyberattaque écartée en Espagne et au Portugal
La piste de la cyberattaque a été écartée mardi, 24 heures après le début de la panne électrique titanesque qui a paralysé l'Espagne et le Portugal, où le retour à la normale se faisait progressivement après le rétablissement total de l'électricité.
"Au vu des analyses que nous avons pu réaliser jusqu'à présent, nous pouvons écarter un incident de cybersécurité dans les installations du réseau électrique", a assuré à la mi-journée Eduardo Prieto, directeur des opérations du gestionnaire du réseau électrique espagnol (REE).
Une piste également exclue par le gouvernement portugais, même si les causes de cet évènement inédit restent encore à préciser, REE ayant évoqué une "forte oscillation des flux de puissance" sur le réseau électrique "accompagnée d'une perte de production très importante", un phénomène ayant entraîné la déconnexion du système espagnol du réseau européen.
Selon M. Prieto, le système électrique espagnol, qui avait été remis en marche à plus de 99% mardi matin, était à la mi-journée pleinement opérationnel, comme le réseau portugais selon son opérateur REN.
Au Maroc, également impacté par la panne ibérique, les connexions internet d'Orange et les systèmes d'enregistrement et d'embarquement des aéroports marocains étaient aussi de nouveau opérationnels mardi.
- Cris de joie -
Dans les rues des villes espagnoles, le retour du courant lundi soir a souvent été accompagné d'applaudissements et de cris de joie des habitants.
Il a permis de rétablir le trafic ferroviaire sur plusieurs grands axes, dont Madrid-Séville et Madrid-Barcelone, selon la compagnie nationale Renfe. Le trafic reste cependant suspendu sur plusieurs autres grands axes, les autorités ayant donné la priorité au rétablissement des trains suburbains.
D'après le ministre des Transports Oscar Puente, trois trains étaient encore bloqués mardi matin en Espagne avec des passagers à bord.
A la gare d'Atocha, la situation restait encore compliquée avec une foule de passagers attendant désespérément leur train. A chaque annonce d'un départ, les voyageurs applaudissent, ont constaté des journalistes de l'AFP.
A Madrid, bars et magasins ont rouvert progressivement leurs portes mardi matin, reprenant une activité normale après avoir dû pour la plupart fermer leurs portes dans la précipitation lundi.
La plupart des écoles ont également accueilli normalement les élèves, même si le système espagnol très décentralisé laisse une grande latitude aux différentes régions pour trancher ces questions.
Déjà les Espagnols tirent des leçons de cette extinction subite de tout le système électrique.
Avoir chez soi un transistor, des piles, des bougies et du liquide: c'est ce que beaucoup retiennent, à l'instar de Valentin Santiago, technicien environnemental de 48 ans, qui ne souhaite "jamais, ô grand jamais" se séparer de sa bonbonne de gaz.
- "Prêts pour n'importe quoi" -
Marcos Garcia, un avocat de 32 ans qui attend son bus, se lamente de "cette dépendance totale dans les systèmes technologiques", et aurait bien fait durer la panne.
"Ca a été une après-midi de répit, une pause technologie, une déconnexion improvisée. Ca n'aurait pas été pareil si ça n'était arrivé qu'à moi, mais là, ça touchait tout le monde... On est prêts pour n'importe quoi depuis la pandémie, tout nous paraît plus simple", juge-t-il.
Le retour complet à la normale était attendu avec impatience en Espagne comme au Portugal après une longue journée passée à jongler avec les difficultés, entre métros fermés, bus saturés, trains bloqués et communications extrêmement difficiles.
A Madrid comme à Barcelone, des milliers d'habitants ont dû traverser patiemment la ville, tentant de rentrer chez eux à pied au milieu d'embouteillages monstres.
De longues files improvisées se sont étirées sur plusieurs centaines de mètres aux arrêts de bus.
Dans la seule région de Madrid, près de 300 personnes se sont retrouvées piégées à l'intérieur des ascenseurs, selon les autorités régionales.
En Europe, une défaillance du réseau allemand le 4 novembre 2006 avait plongé dans le noir 10 millions de personnes dont la moitié en France et le reste en Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Italie, Espagne, pendant près d'une heure.
Trois ans auparavant, l'Italie toute entière, sauf la Sardaigne, avait été privée d'électricité le 28 septembre 2003.
burx-mig/mdm/vmt
X.Matos--PC