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Washington et Kiev scellent un vaste partenariat pour l'accès aux ressources ukrainiennes
Les Etats-Unis et l'Ukraine ont signé mercredi à Washington un vaste accord économique mettant en place un fonds d'investissement dans la reconstruction de ce pays ravagé par la guerre et donnant à l'administration Trump un accès aux ressources naturelles ukrainiennes.
Cet accord intervient en parallèle à de multiples tractations diplomatiques en cours pour trouver une issue au conflit, trois ans après l'invasion russe de l'Ukraine.
"Je suis heureux d'annoncer la signature aujourd'hui de l'accord historique de partenariat économique" avec l'Ukraine, a déclaré le ministre américain des Finances, Scott Bessent, dans un message vidéo.
"Avec les Etats-Unis, nous créons ce fonds qui attirera des investissements mondiaux dans notre pays", s'est félicitée pour sa part la ministre ukrainienne de l'Economie, Ioulia Svyrydenko, qui a fait le déplacement à Washington pour signer le document.
L'accord avec Washington financera des "projets d'extraction de minerais, de pétrole et de gaz", a précisé la ministre ukrainienne sur Facebook.
Mais l'Ukraine "conserve l'entière propriété et le contrôle de ces ressources" y compris le sous-sol, et ce sera "l'Etat ukrainien qui détermine où et quoi extraire", a-t-elle dit.
Le président américain Donald Trump avait réitéré mercredi, avant la signature, que les Etats-Unis souhaitaient, "pour nos efforts" vis-à-vis de l'Ukraine, avoir quelque chose en retour. "Et nous avons dit: les terres rares. Ils ont de très bonnes terres rares".
- "Commencer à creuser" -
Les Etats-Unis ont fourni, sous l'ancienne administration de Joe Biden, des dizaines de milliards de dollars d'aide à l'Ukraine, après l'invasion de ce pays par la Russie en février 2022.
"Nous avons conclu un accord qui garantit notre argent et nous permet de commencer à creuser et à faire ce que nous avons à faire", avait poursuivi le président américain, soulignant que "c'est aussi une bonne chose pour eux parce qu'il y aura une présence américaine" en Ukraine.
Le projet d'accord a été depuis des semaines au coeur de tensions entre Kiev et Washington, dont le soutien est crucial pour l'Ukraine.
Une précédente mouture de ce texte aurait dû être signée lors de la visite du président ukrainien Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche fin février, mais son altercation inédite avec son homologue américain, sous les caméras, avait précipité son départ et annulé la signature de l'accord.
Une nouvelle version, proposée par Washington en mars, avait été jugée très défavorable par des députés ukrainiens et des médias.
Au fil des négociations, ce document a pu être transformé en une version plus acceptable pour Kiev, selon des responsables ukrainiens.
- "Bel accord" -
"C'est vraiment un bel accord international équitable entre les gouvernements américain et ukrainien concernant des investissements communs dans le développement et la reconstruction de l'Ukraine", s'était félicité à la télévision nationale le Premier ministre ukrainien Denys Chmygal avant l'annonce de la signature du texte.
Le document amendé ne reconnaît pas comme une dette vis-à-vis des Etats-Unis les dizaines de milliards de dollars d'aide militaire et financière américaine.
"Aucune dette, aucune aide" accordée avant la signature "ne fait partie de cet accord", avait assuré Denys Chmygal.
Le document doit encore être ratifié par le Parlement ukrainien après sa signature.
Il ne semble pas comporter de garanties de sécurité américaines face à la Russie, pourtant demandées par l'Ukraine, un point sur lequel insistait Volodymyr Zelensky.
Le texte met en place un "fonds d'investissement pour investir dans la reconstruction" de l'Ukraine, lequel fonds sera financé et géré à parts égales par Ukrainiens et Américains.
La quantité de richesses minières que renferme le sol ukrainien reste peu claire, la plupart de ces ressources étant inexploitées, difficiles à extraire ou de facto sous contrôle russe, car se trouvant dans des territoires occupés par l'armée russe.
Cette dernière a d'ailleurs revendiqué mercredi la conquête d'une localité ukrainienne dans le nord de la région orientale de Donetsk, épicentre des combats où ses troupes poursuivent une lente avancée.
Parallèlement, Kiev a accusé Moscou d'augmenter l'intensité de ses attaques sur le front, en dépit de l'annonce du président russe d'une trêve du 8 au 10 mai.
G.M.Castelo--PC