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Taxis: une cinquième journée de mobilisation, blocage dans les gares parisiennes
Des dizaines de taxis ont bloqué vendredi les prises en charge dans deux gares parisiennes, à Paris, à la veille d'une réunion avec le gouvernement pour régler le conflit sur la nouvelle tarification du transport de patients, menaçant d'ores et déjà de manifester de nouveau lundi.
Vendredi à midi, 1.530 taxis étaient mobilisés dans toute la France selon une source policière, dont 470 à Paris. Ailleurs, les plus fortes mobilisations ont eu lieu à Pau (250 taxis) et à Marseille (120 taxis).
Le cumul de bouchon était largement supérieur à la moyenne toute la journée en région parisienne, jusqu'à un retour à la normale vers 16H00, selon selon le site de la direction des routes Sytadin.
"On bloque tout pour se faire entendre. Le service taxi ne sera pas honoré", a lancé vendredi matin Abdel Heouamel, 43 ans, taxi parisien.
Vers 09H00, une trentaine d'artisans ont bloqué la Gare de Lyon, puis vers midi une autre trentaine la Gare du Nord, a constaté un journaliste de l'AFP. "Viens avec nous", lançaient les taxis à leurs collègues non grévistes, les poussant à éteindre leur "lumineux", l'enseigne qui signale en vert ou en rouge leur disponibilité.
- Réunion samedi -
L'intersyndicale des taxis a entamé lundi une mobilisation massive, avec pour centre le boulevard Raspail à Paris, près du quartier des ministères.
L'objectif est de contrôler la croissance des dépenses de transport sanitaire: 6,74 milliards d'euros en 2024, dont 3,07 milliards pour les taxis conventionnés (avec un bond de 45% depuis 2019).
Ces trajets vers les hôpitaux ou cabinets médicaux représentent la majorité du chiffre d'affaires de nombreux chauffeurs, surtout dans les petites villes.
La mobilisation "montre que le gouvernement a très largement sous-estimé l'impact humain, économique et social des pratiques déloyales organisées dans le secteur du VTC ainsi que de la nouvelle convention pour le transport de malades", a observé l'intersyndicale dans une lettre adressée jeudi au Premier ministre.
Les taxis ont depuis obtenu une réunion samedi à 17H00 au ministère des Transports en présence du Premier ministre. Ils demandent le retrait de la convention de la CNAM et la nomination d'un médiateur.
Mais le gouvernement a déjà assuré qu'il n'allait "pas faire machine arrière".
"Il s'agit de faire entre 100 et 150 millions d'économies sur 6,3 milliards. Donc, c'est 2% d'économies qui seront faites sur l'efficacité, pas sur le service aux malades", a déclaré vendredi la porte-parole du gouvernement Sophie Primas sur BFMTV/RMC.
"Il ne faut pas abîmer (...) l'accès aux soins pour les Français. Donc il faut travailler sur l'organisation des flux avec les taxis, s'assurer qu'on fait le maximum pour réduire les frais", a-t-elle ajouté.
Le patron de l'Assurance maladie a lui assuré que le nouveau système de tarification prévu à partir d'octobre serait "économiquement pertinent pour eux et soutenable pour l'Assurance maladie".
Les fédérations de taxis ont appelé à manifester de nouveau lundi "si les pouvoirs publics ne répondaient pas à leurs revendications par des actions concrètes".
- "Incidents récurrents"-
Le climat s'est tendu à plusieurs reprises cette semaine entre taxis et forces de l'ordre mais aussi avec les conducteurs de voitures de transport avec chauffeur (VTC).
De nombreux taxis manifestent en effet également contre la concurrence des VTC, coordonnés par des plateformes comme Uber ou Bolt.
"Depuis le début du conflit, nos équipes sur le terrain ont constaté que des chauffeurs VTC qui exercent légalement leur activité sont victimes de dégradation de leur bien et parfois voient leur intégrité physique mise en danger", a déploré Union-Indépendants, un syndicat de chauffeurs VTC, dans une lettre au ministre des Transports Philippe Tabarot. Le syndicat a lui aussi demandé à être reçu.
Le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau a ordonné aux forces de l'ordre de renforcer les contrôles des VTC, accusés par les taxis de pratiques irrégulières.
Dans un télégramme aux préfets jeudi, consulté par l'AFP, le ministre met en exergue "les incidents récurrents" des derniers mois qui "démontrent la tension entre les taxis et les conducteurs de VTC".
En cause, selon M. Retailleau, "des pratiques irrégulières de la part des VTC et la présence de faux professionnels sur la voie publique".
L.E.Campos--PC