Portugal Colonial - A son procès, Nordahl Lelandais dépeint sa dérive après l'armée

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A son procès, Nordahl Lelandais dépeint sa dérive après l'armée
A son procès, Nordahl Lelandais dépeint sa dérive après l'armée

A son procès, Nordahl Lelandais dépeint sa dérive après l'armée

"Après l'armée, il n'y avait plus rien qui comptait": Nordahl Lelandais a relaté mercredi devant la cour d'assises de Grenoble qui le juge pour le meurtre de la petite Maëlys comment il a commencé à faire "n'importe quoi" après sa carrière militaire avortée.

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L'ancien maître chien militaire de 38 ans, vêtu d'une chemise blanche, a reconnu avoir à cette époque glissé dans les addictions, sexe et stupéfiants, et de manière générale avoir vu sa vie "s'éparpiller".

"Pour moi, l'armée c'était quelque chose de très important, je voulais faire carrière", souligne-t-il, se tenant debout bien droit dans son box et répondant calmement et poliment au flot ininterrompu de questions de la présidente Valérie Blain.

 

"Malheureusement, je ne m'attendais pas du tout à ça", déplore-t-il, racontant par exemple avoir dû "peindre des cailloux en blanc et de l'herbe en vert" à l'occasion d'une visite de ministre.

Retour à la vie civile. "Je m'éparpille, un peu de boulot, j'arrête, des copines, j'arrête, je fais n'importe quoi". L'un de ses meilleurs amis le dépeindra comme un "anorexique du travail". Sa dépendance aux sites pornographiques "a commencé après l'armée", admet-il.

Nordahl Lelandais avait auparavant décrit "une belle enfance" au sein d'une famille sans problème. L'école "n'est pas trop (son) truc" et il arrête ses études au niveau de la troisième pour intégrer un CAP de mécanique en alternance. Là encore, il n'ira pas au bout.

"Qui êtes-vous aujourd'hui M. Lelandais ?", interroge ensuite la présidente.

"C'est compliqué: qui je suis, je ne sais pas vraiment. Aujourd'hui je suis Lelandais, Nordahl, dans un box et je dois m'expliquer sur des faits très graves", répond-il avec gravité après un temps de réflexion.

"Je sais qui je ne veux plus être. Je ne veux plus être ce que j'ai été. J'étais perdu, ce n'est pas pour faire pleurer dans les chaumières. Je faisais n'importe quoi et aujourd'hui je suis là", poursuit-il.

Nordahl Lelandais est jugé depuis lundi pour le meurtre de la petite Maëlys De Araujo, huit ans. L'enfant avait disparu dans la nuit du 26 au 27 août 2017 lors d'une soirée de mariage à Pont-de-Beauvoisin (Isère). L'accusé a reconnu l'avoir tuée "involontairement". Depuis l'ouverture du procès lundi, il a promis à plusieurs reprises de s'expliquer ultérieurement.

- "Jordan" -

Mercredi, la journée avait démarré dans l'incertitude lorsqu'on a appris que l'accusé, arrivé tôt le matin au palais de justice, avait ressenti "quelques symptômes" du Covid-19 et avait procédé à un autotest puis à un test antigénique, qui se sont révélés négatifs.

L'audience avait ensuite débuté par l'audition d'une ex-partenaire sexuelle qu'il fréquentait épisodiquement dans les mois précédant la mort de la fillette. Elle l'avait rencontré sur internet sous le faux nom de "Jordan" et ignorait sa vraie identité.

Pour elle, Lelandais était "mystérieux", "un bloc". "Il ne se dévoilait sur rien ni sur son travail ni sur sa vie personnelle", et leurs relations étaient avant tout "physiques", a-t-elle déclaré à la cour.

Lui a succédé à la barre David, un ancien ami d'enfance, qui a dépeint l'accusé comme "un super ami" mais "bloqué en adolescence" par rapport à son groupe de copains de l'époque.

"Je pense être une des personnes qui te connaît le plus", a-t-il conclu, se tournant vers l'accusé. "Tu vas dire la vérité à la famille. Tu la dis, c'est tout ce que j'ai à dire".

Tout au long de la journée de mardi, ses anciens amis et des ex-petites amies avaient déjà fait part, souvent avec beaucoup d'émotion, de leur "incompréhension" et l'avaient eux aussi poussé de leur mieux à se livrer sur les circonstances du décès de la fillette.

Déjà condamné à Chambéry en mai 2021 à 20 ans de réclusion pour le meurtre du jeune soldat Arthur Noyer, Nordahl Lelandais n'avait pas fait appel.

Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le verdict est attendu autour du 18 février.

A.Motta--PC