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Trump et Musk consomment leur rupture de spectaculaire façon
Leur alliance était spectaculaire et intense, leur rupture l'est tout autant: Donald Trump et Elon Musk ont consommé jeudi leur divorce comme dans une émission de téléréalité, en direct devant les caméras et sur internet.
Dans le Bureau ovale, le chancelier allemand Friedrich Merz se tient parfaitement coi et laisse passer l'orage.
Sauf que ce n'est pas à lui que s'en prend le président américain, connu pour malmener certains de ses invités étrangers. Il est surtout occupé à régler ses comptes avec l'homme le plus riche du monde.
Donald Trump se dit "très déçu" par les critiques incessantes du multimilliardaire à l'égard de son méga projet de loi budgétaire, pièce maîtresse de son programme.
"Elon et moi avions une bonne relation. Je ne sais pas si c'est encore le cas", lance-t-il à propos de son ancien "conseiller spécial", qui n'a quitté que vendredi dernier la mission de réduction des dépenses publiques qu'il menait à la Maison Blanche.
Sur son réseau social X, l'entrepreneur hyperactif réplique en direct.
- "N'importe quoi" -
"N'importe quoi", écrit Elon Musk en commentaire d'une vidéo de Donald Trump affirmant que sa colère était due à la perte de subventions pour les véhicules électriques.
"Faux", poste-t-il ensuite au-dessus d'un extrait dans lequel le président américain assure que l'entrepreneur connaissait par avance le contenu du texte. Une "grande et belle loi" selon Donald Trump, une "abomination" selon le patron de Tesla et SpaceX.
Puis le multimilliardaire, qui a très généreusement financé la campagne républicaine en 2024, s'emporte: il affirme que "Trump aurait perdu l'élection" sans lui et l'accuse d'"ingratitude".
La joute fait décrocher l'action Tesla à la Bourse de New York.
Dans le Bureau ovale, Friedrich Merz continue à faire de la figuration, tout comme le vice-président JD Vance et d'autres responsables américains et allemands, pendant que Donald Trump dépeint assez cruellement son ancien allié en amoureux éconduit.
"Il disait les choses les plus belles à mon propos", rappelle-t-il à propos d'Elon Musk.
"Les gens quittent notre gouvernement, ils nous aiment, et à un certain moment cela leur manque tellement... Et certains d'entre eux deviennent hostiles", poursuit le républicain.
Dès l'entrée tonitruante d'Elon Musk dans la campagne de Donald Trump l'an dernier, les doutes ont surgi sur la longévité de la relation entre ces deux hommes impulsifs, tous deux affamés d'attention et fonctionnant à l'instinct - l'un en politique, l'autre dans le monde des affaires et de la technologie.
- "Nouveau parti politique" -
Pendant plusieurs semaines, l'idylle a semblé parfaite.
Donald Trump n'a eu de cesse de défendre son allié face aux critiques sur les méthodes brutales de Doge, la mission d'austérité budgétaire qu'il dirigeait.
Il n'a pas hésité à qualifier de "terrorisme" le vandalisme contre des voitures Tesla, et à organiser une opération de promotion pour la marque à la Maison Blanche.
Elon Musk a lui couvert d'éloges le président américain, qu'il a même qualifié de "roi" le jour de son investiture.
On l'a vu porter une casquette siglée "Trump avait raison sur tout" au conseil des ministres, et le suivre comme son ombre, à la Maison Blanche comme à Mar-a-Lago, sa luxueuse résidence en Floride.
Mais des fissures ont fini par apparaître, à force de tensions publiques entre le multimilliardaire, qui pilote via SpaceX notamment d'énormes contrats fédéraux, et les ministres ou conseillers du président.
Pour certains experts, ce qui pourrait avoir scellé le sort d'Elon Musk ne s'est pourtant pas passé à Washington, mais dans le Wisconsin à l'occasion d'une élection au printemps à la Cour suprême locale.
Le patron de Tesla s'est lourdement impliqué pour tenter de faire élire un juge conservateur, mais c'est la candidate des démocrates qui l'a emporté, largement.
Donald Trump, qui déteste par-dessus tout être associé à la défaite, a forcément suivi avec attention cette première aventure politique en solo d'Elon Musk.
Lequel n'en a visiblement pas été dégoûté. L'homme le plus riche du monde a demandé jeudi sur X s'il n'était pas "temps de créer un nouveau parti politique" aux Etats-Unis.
P.Serra--PC