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Turquie : un 1er Mai très suivi, près de 600 arrestations
Des milliers de manifestants ont rejoint les célébrations du 1er Mai en Turquie vendredi, malgré des déploiements en force de policiers à Ankara, la capitale et à Istanbul, entièrement verrouillée, où près de 600 personnes ont été interpellées.
Selon un bilan livré par le bureau du gouverneur d'Istanbul, à 18H00 (15H00 GMT), 575 personnes se trouvaient en garde à vue, qualifiées de "marginaux (qui) ont fait fi des décisions prises en matière de sécurité", selon le comuniqué.
L'Association des avocats ÇHD qui s'était déployée sur le terrain avait comptabilisé "au moins 550" interpellations deux heures auparavant, parfois musclées; la police a fait usage de gaz lacrymogènes depuis des véhicules anti-émeutes, au milieu de la foule, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Les autorités ont ainsi empêché les manifestants de rejoindre la place Taksim, haut lieu de la contestation stambouliote, fermée aux rassemblements depuis 2013 et une vague de manifestations antigouvernementales.
Un responsable syndical, Basaran Aksu, a été arrêté alors qu'il venait de dénoncer ce verrouillage: "On ne peut pas fermer une place aux travailleurs de Turquie. Tout le monde utilise Taksim, pour les cérémonies officielles, les célébrations. Seuls les ouvriers, les travailleurs, les pauvres se voient fermer la place".
Des images diffusées par la chaine d'opposition HALK TV montraient aussi le président du Parti des travailleurs de Turquie, Erkan Bas, noyé sous une douche de gaz au poivre.
"Le pouvoir parle déjà 365 jours par an, laissez donc les travailleurs parler des difficultés qu'ils vivent au moins un jour par an", a-t-il dénoncé.
Les syndicats et associations avaient appelé aux rassemblements sous le slogan "Pain, Paix, Liberté", alors que l'inflation officielle dépasse toujours les 30% - et même 40% à Istanbul selon la Chambre de Commerce - et que les autorités procèdent régulièrement à des vagues d'arrestations dans les rangs de l'opposition parlementaire et de la presse.
Dès le début de la semaine, plusieurs dizaines de personnes avaient été placées en garde à vue en amont du 1er Mai.
A Ankara, la centaine de mineurs d'une mine de charbon qui avaient suivi une grève de la faim neuf jours durant pour réclamer le paiement de leurs salaires ont été acclamés en se joignant au cortège, particulièrement fourni et jeune, dans ue ambiance fetsive malgré un important déploiement policier, a constaté une journaliste de l'AFP.
Comme à l'accoutumée, Istanbul avait été placée sous cloche dès le milieu de la nuit, les quartiers centraux de la rive européenne entièrement cernés de barrière métallique et les lignes de métro bus et tramway suspendues.
Simultanément, un rassemblement autorisé sur la rive asiatique du Bosphore, à l'appel de confédérations syndicales, a réuni dans le calme plusieurs milliers de personnes, selon un journaliste de l'AFP et la presse.
F.Ferraz--PC