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L'Iran dit "fermer" à nouveau Ormuz en représailles aux attaques israéliennes au Liban
L'Iran a annoncé samedi "fermer" à nouveau le stratégique détroit d'Ormuz, en représailles aux meurtrières attaques israéliennes au Liban qui violent, selon lui, les termes de son protocole d'accord avec les Etats-Unis en vue de la fin du conflit au Moyen-Orient.
"Il est par la présente annoncé que le détroit d'Ormuz sera fermé au trafic maritime (...) cette première mesure est une réponse à la violation des engagements par l'ennemi", a déclaré le commandement central de l'armée iranienne dans un communiqué lu à la télévision d'Etat.
"Si l'agression se poursuit, d'autres mesures seront planifiées et mises en oeuvre pour contraindre l'ennemi à respecter ses obligations", a-t-il ajouté.
L'Iran avait verrouillé au début de la guerre cette voie maritime par laquelle transitaient auparavant quelque 20% des hydrocarbures mondiaux, provoquant un emballement des cours du pétrole, ainsi que des pénuries.
Sa réouverture a constitué l'un des points clés du protocole d'accord signé cette semaine par les Etats-Unis et la République islamique, qui prévoit une fin des hostilités sur l'ensemble des théâtres, y compris au Liban, Téhéran ayant insisté sur ce dernier point.
Mais malgré ce texte, et une nouvelle annonce de cessez-le-feu vendredi par les Etats-Unis, Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah s'affrontent depuis deux jours dans le sud du pays du Cèdre, où les opérations israéliennes ont encore fait au moins 24 morts samedi.
Selon l'agence nationale d'information libanaise ANI, une vingtaine de bombardements israéliens ont été recensés samedi dans l'est et le sud du pays.
Israël, qui occupe une partie du sud, a indiqué viser des positions du Hezbollah en représailles à des attaques contre ses troupes. Selon l'armée israélienne, "plus de 50 projectiles" ont été tirés par l'organisation chiite contre ses soldats dans la nuit de vendredi à samedi.
Les frappes israéliennes ont tué, selon la Défense civile, 16 personnes dans la région de Nabatiyé, où un correspondant de l'AFP a vu des colonnes de fumée dans les airs.
- "Retrouver nos vies" -
Le Hezbollah a dit avoir repoussé des troupes israéliennes qui ont, "sous couvert de cessez-le-feu, (...) tenté de s'infiltrer" sur une hauteur stratégique surplombant Nabatiyé.
"Tout en étant engagé en faveur du cessez-le-feu, (le Hezbollah) ne fera preuve d'aucune tolérance face à toute tentative israélienne (...) d'étendre son occupation", a affirmé le mouvement dans un communiqué.
"La peur domine chez tout le monde", témoigne auprès de l'AFP Fadi Zayat, un habitant du village méridional de Tayr Debba.
"Nous sommes retournés dans notre village il y a quelques jours, avec nos sacs prêts dans le cas où nous devrions repartir", déclare ce laborantin de 53 ans. "Nous attendons une décision sérieuse pour mettre fin à cette guerre (...) et retrouver nos vies".
Depuis le côté israélien de la frontière, un correspondant de l'AFP a vu de nombreuses explosions sur le sol libanais, avec des panaches de fumée s'élevant au-dessus de la forteresse médiévale de Beaufort, dont s'est emparée l'armée israélienne fin mai.
Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient début mars par des tirs de roquettes sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien, tué lors des frappes américano-israéliennes sur Téhéran qui ont délenché la guerre le 28 février.
L'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, Yechiel Leiter, avait assuré vendredi qu'Israël s'engageait à respecter le cessez-le-feu, à condition que le Hezbollah fasse de même.
Samedi, il a accusé le Hezbollah d'avoir "violé le cessez-le-feu" et assuré que son pays l'honorait tout en "se défendant contre des attaques terroristes".
- Discussions "préparatoires" -
Du côté des pourparlers irano-américains, initialement prévus vendredi en Suisse et censés lancer un processus de 60 jours pour régler le sujet central du nucléaire et mener à un accord final, aucune nouvelle date n'a été annoncée.
Des discussions "préparatoires" ont toutefois commencé samedi entre diplomates dans une station de tourisme suisse, selon Berne.
Selon la chaîne publique suisse RTS, y participent des délégations des Etats-Unis et de l'Iran, ainsi que des pays médiateurs, Qatar et Pakistan.
Le vice-président américain JD Vance, qui devait se rendre en Suisse, a annulé son voyage, mais l'émissaire Steve Witkoff est lui en route, selon des médias américains. L'envoyé de M. Trump, Jared Kushner, y est également attendu, ont indiqué les médias Axios et CNN, citant tous deux des responsables américains.
Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, principal pays médiateur, est lui arrivé samedi en Iran dans le cadre des tractations.
burs/cgo/tq/cab
G.Teles--PC