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L'Iran dit "fermer" à nouveau le détroit d'Ormuz
L'Iran a annoncé samedi "fermer" à nouveau le détroit d'Ormuz en représailles aux attaques israéliennes au Liban, tandis que Donald Trump a menacé d'imposer un péage dans ce passage stratégique si les négociations entre Washington et Téhéran venaient à échouer.
Le commandement central de l'armée iranienne a annoncé que "le détroit d'Ormuz serait fermé au trafic maritime", une "première mesure en réponse à la violation des engagements par l'ennemi". Il a menacé "d'autres mesures" si nécessaire "pour contraindre l'ennemi à respecter ses obligations" contractées dans le protocole d'accord irano-américain signé mercredi.
Malgré son annonce, Téhéran n'a pas semblé vouloir rompre les discussions en vue d'un accord définitif sur la fin du conflit, qui doivent commencer en Suisse dimanche.
Donald Trump a de son côté menacé d'appliquer un péage dans le détroit en cas d'échec des discussions avec l'Iran.
"Il n'y aura AUCUN PEAGE dans le détroit d'Ormuz pendant les 60 jours de la période de cessez-le-feu, et il n'y aura AUCUN péage après l'expiration de la période de 60 jours, à moins qu'il ne soit imposé par les Etats-Unis d'Amérique, si un accord n'était pas trouvé, pour les services rendus comme ange gardien des pays du Moyen-Orient et à des fins de remboursement des coûts passés, présents, et futurs", a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social.
- "Vigilantes" -
L'Iran avait verrouillé au début de la guerre cette voie maritime par laquelle transitaient auparavant quelque 20% des hydrocarbures mondiaux, provoquant un emballement des cours du pétrole, ainsi que des pénuries.
Téhéran a également évoqué la possible mise en place de "frais" de service maritime pour les navires voulant y transiter.
La réouverture du détroit a constitué l'un des points clés du protocole d'accord, qui prévoit une fin des hostilités sur l'ensemble des théâtres, y compris au Liban, Téhéran ayant insisté sur ce dernier élément.
Après l'annonce de Téhéran d'une nouvelle fermeture du détroit, le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué que ses forces demeuraient "vigilantes".
Selon lui, les passages dans le détroit d'Ormuz se sont poursuivis de manière sûre samedi, avec le passage de 55 navires marchands.
Malgré le texte américano-iranien, et une nouvelle annonce de cessez-le-feu vendredi, Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah s'affrontent depuis deux jours dans le sud du Liban, où les opérations israéliennes ont fait au moins 24 morts samedi.
- "La peur domine" -
L'armée israélienne a pour sa part annoncé qu'un de ses soldats avait été tué samedi lors de combats dans le sud du Liban, portant à cinq ses pertes dans le pays depuis la conclusion de l'accord préliminaire irano-américain.
Israël, qui occupe une partie du sud, a indiqué viser des positions du Hezbollah en représailles à des attaques contre ses troupes.
Un responsable militaire israélien a cependant affirmé samedi que l'armée avait reçu l'ordre de la direction politique du pays de cesser les affrontements avec le Hezbollah dans le sud du Liban, tout en continuant à y opérer "de manière défensive".
De son côté, le Hezbollah a affirmé qu'Israël était "totalement responsable" des violations de la trêve.
"La peur domine chez tout le monde", témoigne auprès de l'AFP Fadi Zayat, un habitant du village méridional de Tayr Debba.
Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient par des tirs de roquettes sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien, tué lors des frappes américano-israéliennes sur Téhéran qui ont déclenché la guerre le 28 février.
- Protocole "en danger" -
Malgré ces affrontements au Liban qui menacent les discussions entre Washington et Téhéran, le ministère iranien des Affaires étrangères a annoncé la tenue dimanche en Suisse de discussions "techniques" entre Iraniens et Américains, en présence de représentants du Qatar et du Pakistan, pays médiateurs.
Islamabad a confirmé la tenue de ces "pourparlers techniques" dimanche à Bürgenstock, près du lac de Lucerne.
Le protocole d'accord prévoit le lancement de tractations d'une durée de 60 jours en vue de parvenir à un accord final, qui seront centrées sur le programme nucléaire iranien.
Des discussions "préparatoires" ont commencé dès samedi entre diplomates, selon Berne.
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a néanmoins prévenu samedi les Etats-Unis que le protocole serait "en danger" si ses clauses n'étaient pas appliquées rapidement, autre allusion à la situation au Liban.
M. Vance a déclaré samedi à Fox News s'attendre à partir "dans les prochains jours" pour la Suisse. L'émissaire Steve Witkoff et le gendre du président Donald Trump, Jared Kushner, sont déjà sur place, a-t-il précisé.
burx-rle/llb
A.Silveira--PC