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Les négociations entre l'Iran et les Etats-Unis vont démarrer en Suisse
Les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran pour trouver une paix durable au Moyen-Orient doivent débuter dimanche dans un hôtel de luxe des Alpes suisses, quatre jours après la signature d'un protocole d'accord, déjà malmené, pour mettre fin aux hostilités.
Ces pourparlers, centrés sur le programme nucléaire iranien, sont prévus pour une durée renouvelable de 60 jours. Avant-même qu'ils ne commencent, les écueils se sont accumulés, avec la poursuite des combats au Liban malgré une clause de l'accord prévoyant la fin des hostilités sur tous les fronts sans exception, et l'annonce par Téhéran d'une refermeture du détroit d'Ormuz en représailles.
Selon le gouvernement suisse, la délégation de l'Iran est arrivée samedi soir à Zurich. D'après la télévision d'Etat iranienne, elle comprend le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf, également président du Parlement, le chef de la diplomatie Abbas Araghchi et le gouverneur de la Banque centrale Abdolnaser Hemmati.
Le vice-président américain JD Vance doit rejoindre l'émissaire Steve Witkoff et le gendre du président Donald Trump, Jared Kushner. Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été décisive pour conclure l'accord du 17 juin, a également annoncé samedi soir qu'il était en route pour la Suisse.
Les discussions devraient durer "quelques jours", a affirmé JD Vance à la presse avant de s'envoler pour la Suisse samedi soir, précisant qu'il ne pourrait rester "qu'un jour ou deux".
"J'espère qu'on va faire des progrès sur la question nucléaire et sur la question du cessez-le-feu au Liban. Ce sont les deux points principaux sur lesquels je pense que nous allons nous concentrer", a-t-il déclaré.
Les pourparlers sont prévus dans un hôtel de luxe du Bürgenstock, une montagne surplombant le lac de Lucerne, a confirmé samedi le ministère helvétique des Affaires étrangères.
Des discussions "préparatoires" ont commencé samedi entre diplomates, selon Berne. Le ministère iranien des Affaires étrangères a confirmé pour sa part la tenue de discussions "techniques" dimanche entre Iraniens et Américains.
- Protocole "en danger" -
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a prévenu samedi les Etats-Unis que le protocole serait "en danger" si ses clauses n'étaient pas appliquées rapidement, allusion à la situation au Liban, où les affrontements continuent entre Israël et le mouvement chiite pro-iranien Hezbollah.
Des frappes israéliennes ont encore fait plusieurs dizaines de morts samedi dans l'est et le sud du Liban, avant une interruption constatée par un correspondant de l'AFP à partir de la fin de la journée, lorsque l'armée israélienne a reçu l'ordre de cesser les affrontements avec le Hezbollah dans le sud tout en continuant d'y opérer "de manière défensive".
"La peur domine chez tout le monde", a témoigné auprès de l'AFP Fadi Zayat, un habitant du village méridional de Tayr Debba.
L'armée israélienne a annoncé pour sa part qu'un de ses soldats avait été tué samedi dans le sud du Liban.
Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient par des tirs de roquettes sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien, tué lors des frappes américano-israéliennes sur Téhéran qui ont déclenché la guerre le 28 février. Depuis, les opérations israéliennes au Liban ont fait 4.057 morts, selon le dernier bilan, samedi, du ministère libanais de la Santé.
Avant son départ pour la Suisse, le vice-président américain a assuré que la situation "s'améliore" au Liban.
"Le gros problème, c'est que vous allez avoir quelqu'un qui va commencer à tirer et ensuite quelqu'un va répondre, et donc vous avez en quelque sorte ce problème de l'oeuf et de la poule où il faut réussir à arrêter les tirs suffisamment longtemps pour que le cessez-le-feu tienne, c'est ce qu'on essaie de faire", a-t-il dit.
- Ormuz refermé -
Après les nouveaux affrontements au Liban, le commandement central de l'armée iranienne a annoncé que "le détroit d'Ormuz serait fermé au trafic maritime", une "première mesure en réponse à la violation des engagements par l'ennemi". Il a menacé "d'autres mesures" si nécessaire "pour contraindre l'ennemi à respecter ses obligations".
La réouverture du détroit a constitué l'un des points clés du protocole d'accord américano-iranien. L'Iran avait verrouillé au début de la guerre cette voie maritime stratégique par laquelle transitaient auparavant quelque 20% des hydrocarbures mondiaux, provoquant un emballement des cours du pétrole.
Après l'annonce par l'Iran de sa nouvelle fermeture, le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué que ses forces demeuraient "vigilantes". Selon lui, 55 navires marchands ont franchi le détroit de manière sûre samedi.
Téhéran a également évoqué la possible mise en place de "frais" de service maritime pour les navires voulant y transiter. Et le président américain Donald Trump a lui aussi menacé d'appliquer un péage dans le détroit en cas d'échec des discussions avec l'Iran.
burx-roc/tmt
C.Amaral--PC