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Andy Burnham, probable successeur de Starmer, promet de décentraliser pour relancer le Royaume-Uni
Le probable successeur de Keir Starmer à Downing Street, Andy Burnham, a proposé lundi de transférer davantage de pouvoirs aux maires pour stimuler la croissance, lors d'un discours très attendu sur l'économie, sa première prise de parole majeure depuis l'annonce de la démission du Premier ministre travailliste.
"Nous allons opérer le plus grand rééquilibrage des pouvoirs que notre pays ait jamais connu", a-t-il déclaré depuis le symbolique musée de l'histoire du peuple de Manchester, ville dont il a été maire jusqu'à son élection le 18 juin dernier au Parlement de Westminster.
"Il est temps que Whitehall (où se trouvent les principaux bureaux du gouvernement britannique, ndlr) accepte que la croissance ne peut pas être décrétée d'en haut, qu'elle ne peut être qu'encouragée à partir de la base", a-t-il ajouté, capitalisant sur son expérience de maire d'une grande ville du nord du pays.
Le travailliste entend pour cela créer à Manchester même une nouvelle structure décentralisée, le "Numéro 10 Nord", en référence à l'adresse de la résidence officielle du Premier ministre au 10 Downing Street à Londres, qui sera chargée de redistribuer "les pouvoirs et les ressources à travers le Royaume-Uni".
- "Pas tout laisser au marché" -
Cette grande réforme destinée à décentraliser un pays qu'il juge trop tourné sur Londres constitue la mesure phare de ce discours sur l'économie, très attendu dans la mesure où Andy Burnham, 56 ans, est aujourd'hui seul candidat pour remplacer Keir Starmer à la tête du Labour et donc du pays.
Si aucun adversaire ne se déclare, il pourrait devenir Premier ministre dès le 20 juillet.
Celui qui est jusqu'à présent resté assez vague sur ses projets économiques est également scruté par les marchés financiers, préoccupés par son positionnement réputé à gauche et potentiellement moins rigoureux sur le plan budgétaire, au moment où la croissance tousse, où les craintes d'une hausse de l'inflation persistent et où le marché du travail reste sous pression.
S'il a réitéré lundi son attachement à des "finances publiques saines", selon les strictes "règles budgétaires actuelles" fixées par l'actuelle ministre des Finances Rachel Reeves, il a aussi appelé à "ne pas tout laisser au marché", souhaitant "recourir à l'intervention publique lorsque c'est nécessaire".
Il a aussi fermement rejeté "l'ancien modèle du ruissellement", cette idée libérale selon laquelle les richesses créées au sommet finissent par profiter à tous.
Celui qui se définit comme un "socialiste pro-entreprises" propose de lancer une "mission de dix ans pour relever le niveau de vie" du Royaume-Uni, via une politique de réindustrialisation, un effort sur le logement et les infrastructures, ainsi qu'une réforme de la fourniture de services essentiels (eau, énergie...), sur lesquels il réclame un contrôle public accru.
- Poste sensible des Finances -
Derrière ses habituelles lunettes rectangulaires et son perpétuel T-shirt sombre, Andy Burnham n'a pas répondu à la presse à l'issue de sa prise de parole d'environ 25 minutes -- ce qui lui vaut les reproches de ses adversaires conservateurs et du parti d'extrême droite Reform UK.
Ce discours visait autant à présenter sa vision qu'à démontrer que le "roi du Nord", son surnom, est prêt à endosser le costume de chef du gouvernement.
Beaucoup attendent ainsi de voir si Andy Burnham, aussi naturel et à l'aise sur les réseaux sociaux que dans son contact avec les Britanniques, saura mieux impulser le changement promis par les travaillistes que le sérieux mais impopulaire Keir Starmer, au pouvoir depuis juillet 2024.
Le choix qu'il fera pour remplacer Mme Reeves au ministère des Finances, aussi prestigieux que sensible, alimente depuis des jours les spéculations.
Le nom du ministre de l'Energie Ed Miliband revient avec insistance, malgré les critiques de ceux qui jugent celui qui fut dirigeant du Labour entre 2010 et 2015 trop anti-entreprises, et les réticences des marchés.
La ministre de l'Intérieur, Shabana Mahmood, plus centriste, est aussi citée, tout comme l'ex-ministre de la Santé Wes Streeting, un temps dans la course pour succéder à Starmer.
H.Silva--PC