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Poursuite des bombardements au Moyen-Orient, des infrastructures civiles touchées
Les Etats-Unis ont bombardé vendredi et pour le sixième jour consécutif l'Iran qui a riposté en visant des pays du Golfe alliés de Washington, avec des dégâts des deux côtés sur des infrastructures civiles ciblées, marquant une nouvelle intensification de la guerre.
L'armée américaine a affirmé avoir attaqué dans la nuit de jeudi à vendredi "des dizaines de cibles militaires iraniennes comme des sites de surveillance côtière et de défense aérienne, des infrastructures logistiques militaires et des installations maritimes".
Des frappes qui ont fait huit morts et 20 blessés, selon l'agence officielle iranienne Irna.
Les autorités iraniennes ont elles rapporté des dégâts sur le réseau électrique dans le sud et appelé les habitants à réduire leur consommation d'électricité, ainsi que des bombardements sur des ponts, un port, un aéroport, des infrastructures de télécommunications et une gare.
Le président américain Donald Trump avait menacé cette semaine de frapper les ponts et les centrales électriques d'Iran si ses dirigeants ne revenaient pas à la table des négociations.
Mais "si les Américains frappent les infrastructures de la République islamique, alors toutes les infrastructures de la région deviendront des cibles légitimes pour l'Iran", a menacé un porte-parole de l'armée iranienne.
Et les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont prévenu que les frappes "se poursuivront jusqu'au retour du calme sur la côte sud et dans le détroit d'Ormuz".
"Le détroit d'Ormuz est en train de devenir un piège pour les deux belligérants. La logique de l'escalade leur échappe de plus en plus", analyse David Khalfa, spécialiste du Moyen-Orient à la Fondation Jean Jaurès qui s'inquiète du "risque d'une confrontation régionale plus large".
- Economiser l'électricité -
Au Koweït, une centrale électrique et de dessalement d'eau ont été touchées par une attaque iranienne, selon l'émirat qui a également appelé les usagers "à rationaliser leur consommation d'électricité durant cette phase exceptionnelle" dans un pays où les températures atteignent les 48°C.
Les forces armées du Koweït, de Jordanie, de Bahreïn et du Qatar, autant d'alliés proches des Etats-Unis, ont aussi annoncé avoir fait face à l'aube à des attaques aériennes.
Au Koweït, l'armée déplore plusieurs blessés. Un enfant a été blessé par des débris au Qatar, médiateur du conflit, où les Gardiens de la Révolution ont affirmé avoir ciblé la base américaine d'Al-Udeid, disant y avoir détruit des systèmes radar et des avions militaires, pour "punir l'agresseur".
"J'étais dans mon lit, prêt à dormir, et j'ai entendu l'alerte", a raconté à l'AFP Abu Baker, employé gouvernemental soudanais de 27 ans habitant au Qatar. "J'espérais que ce serait au-dessus de la mer, mais ça a explosé et ma maison a tremblé", a-t-il expliqué, craignant "que cette guerre s'éternise".
Au Kurdistan irakien, neuf rebelles kurdes iraniens ont été tués et les forces kurdes en Irak ont affirmé que la coalition menée par les Etats-Unis avait intercepté huit drones au-dessus d'Erbil. La présidence de cette région autonome a dénoncé "une violation flagrante de la souveraineté de l'Irak".
Les affrontements ont repris le 7 juillet après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent depuis le cessez-le-feu d'avril.
- Pressions internationales -
Déclenché le 28 février par des bombardements israélo-américains, le conflit a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et n'en finit pas d'ébranler l'économie mondiale.
Les ministres des Affaires étrangères de la Chine et du Pakistan, ce dernier pays étant également médiateur des discussions, ont appelé les belligérants à reprendre les négociations dans le cadre du protocole d'accord signé mi-juin, qui a volé en éclats.
Islamabad a aussi appelé à un "retour à la normale dans le détroit d'Ormuz", de nouveau verrouillé par l'Iran depuis le week-end dernier. Les Etats-Unis ont eux rétabli leur blocus des ports iraniens.
Donald Trump "reste toujours ouvert à la diplomatie dans le même temps", a déclaré jeudi la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt. Selon elle, les Iraniens "ont fait savoir au président qu'ils veulent toujours conclure un accord. Nous leur parlons, mais, encore une fois, le président ne va pas les laisser tirer sur des navires dans le détroit sans conséquences".
Dans le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant la guerre un cinquième du pétrole et du gaz liquéfié mondiaux, le trafic s'est raréfié.
L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a rapporté vendredi qu'un navire avait été touché par un "projectile non identifié" au large d'Oman près du détroit, provoquant des dégâts "mineurs" mais sans faire de victime.
Restant loin de leurs niveaux de 126 dollars vus au début du conflit, les cours du pétrole étaient dopés par ce contexte, le baril de Brent prenant 2,88% à 86,66 dollars.
burx-tq-san/mdh
P.Queiroz--PC