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Nouvelles frappes américaines en Iran après les avertissements de Trump
L'armée américaine a annoncé mercredi soir de nouvelles frappes "puissantes" sur le sol iranien, quelques heures après que Donald Trump a averti que les Etats-Unis allaient frapper "fort" l'Iran, et alors que le conflit au Moyen-Orient s'étend en Arabie saoudite et en Irak.
Ces frappes, lancées à 20H00 heure de Washington (00H00 GMT jeudi), "constituent une réponse puissante aux attaques iraniennes avortées d'hier contre les forces américaines basées au Moyen-Orient", a soutenu le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.
L'armée américaine avait annoncé dans la nuit de mardi à mercredi avoir intercepté des missiles en provenance de l'Iran visant ses forces "au Moyen-Orient". La télévision iranienne avait ensuite fait état de frappes américaines dans le nord-ouest du pays.
"Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée", a déclaré le président américain dans des propos rapportés par un journaliste de la chaîne Fox News mercredi.
"On va les frapper très fort, parce que c'est à notre tour", a-t-il insisté plus tard devant la presse depuis la Maison Blanche.
- "Violation flagrante" -
Washington avait annoncé des frappes en Irak dans la nuit de mardi à mercredi contre des groupes armés pro-iraniens, menées conjointement avec l'Arabie saoudite, visée plus tôt par des missiles en provenance du territoire irakien.
Ces attaques dans plusieurs villes d'Irak ont fait 20 morts - dont cinq Iraniens - et 32 blessés dans les rangs du Hachd al-Chaabi, a indiqué ce réseau de factions à majorité chiite, intégré aux forces armées irakiennes et englobant des groupes armés pro-Iran.
"Notre riposte contre l'ennemi américain est inévitable, et pourrait frapper ses instruments en Arabie saoudite", a soutenu mercredi dans un communiqué la Résistance islamique en Irak, une puissante alliance armée irakienne pro-Iran.
Si M. Trump a affirmé, selon le journaliste de Fox News, que les frappes étaient "coordonnées avec le gouvernement irakien", la présidence irakienne a dénoncé une "violation flagrante de la souveraineté de l'Irak".
Le Conseil ministériel irakien pour la sécurité nationale a ensuite indiqué avoir adopté "un plan de sécurité global (...) pour faire face à toute violation de la souveraineté de l'Irak et empêcher toute entité d'utiliser le territoire irakien pour menacer les Etats voisins".
Les groupes pro-iraniens en Irak ont démenti être derrière les tirs ayant visé des installations pétrolières dans l'est de l'Arabie saoudite.
"Des avions de combat américains et saoudiens ont frappé plusieurs sites logistiques et d'armement terroristes dans l'est de l'Irak", a écrit le Centcom.
Téhéran a condamné les frappes dans le pays voisin.
- Guerre ou paix? -
Dans la capitale iranienne, des habitants exhalent leur lassitude.
"On ne sait pas vraiment si nous sommes en guerre ou en paix (...) Ce que je vois, c'est une population profondément découragée et déprimée", déclare à l'AFP Golrokh, une retraitée de 60 ans.
Avant les dernières frappes, le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis s'était étendu à un autre front opposant les rebelles yéménites houthis à l'Arabie saoudite.
Ryad soutient militairement le gouvernement yéménite face aux Houthis, soutenus par l'Iran.
Les rebelles ont affirmé mardi avoir visé avec des missiles un pétrolier saoudien en mer Rouge, l'accusant d'avoir "violé le blocus naval" dont ils menacent le royaume, premier exportateur de brut au monde.
- "Guerre par procuration" -
"Téhéran utilise désormais son réseau de proxys (...) La guerre par procuration est la poursuite de la guerre directe par d'autres moyens, et elle est menée avec une cohérence stratégique considérable", déclare à l'AFP Hesham Alghannam, analyste et chercheur saoudien spécialisé dans les questions de sécurité.
Le gouvernement yéménite a accusé mercredi les Houthis de vouloir imposer des droits de passage aux navires transitant par la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d'étranglement à son extrémité sud.
L'Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l'Iran verrouille de nouveau le stratégique détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule.
Les Gardiens iraniens ont d'ailleurs annoncé mercredi avoir frappé et arrêté trois pétroliers qui tentaient de franchir ce détroit, par lequel transitait avant la guerre quelque 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié dans le monde.
De son côté, Washington a annoncé de nouvelles sanctions visant des entités iraniennes liées aux Gardiens, accusées d'extorquer des revenus aux navires transitant par ce détroit.
burx-vl-lb/sia/llb
Ferreira--PC