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L'économie française a rebondi au deuxième trimestre, avec une croissance de 0,2%
L'activité économique a rebondi en France au deuxième trimestre après un recul en début d'année, avec une croissance de 0,2% tirée par la demande intérieure et les exportations, malgré les conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur la consommation d'énergie.
Cette première estimation de la croissance par l'Institut national de la statistique français (Insee) est inférieure à ses prévisions pour la période. L'Insee anticipait jusque-là une croissance de 0,3% au deuxième trimestre après un recul de 0,1% du produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre. Cette croissance de 0,2% est en revanche en ligne avec les prévisions de la Banque de France.
"C'est une bonne nouvelle. Ça prouve que face à des vents contraires - et on n'en manque pas ces temps-ci - l'économie française a résisté", s'est réjoui le ministre de l'Economie Roland Lescure sur France Inter.
D'autres poids lourds européens publient leurs chiffres du PIB jeudi. En Espagne, la croissance a atteint 0,7% entre avril et juin. Le PIB de l'Irlande, publié mercredi, a rebondi sur le trimestre, progressant de 3,9% après une lourde chute en début d'année.
Dans le détail, en France, la demande intérieure a contribué positivement au PIB (+0,1 point), après une participation négative au trimestre précédent. La consommation des administrations publiques a continué à augmenter (+0,4% après +0,3%), tandis que la consommation des ménages, pilier traditionnel de la croissance, s'est légèrement redressée (+0,2% après -0,3% au premier trimestre).
- "Satisfaisant" -
La consommation des ménages a été portée par celle de biens fabriqués et de services, avec notamment "un dynamisme des achats de télévisions en juin, ce qui est un peu habituel quand on a des grands événements sportifs comme la Coupe du monde", a expliqué la cheffe du département des comptes nationaux de l'Insee Marie Leclair lors d'un point de presse.
La consommation en matériel de transports a accéléré, en particulier les achats de voitures. Les ménages ont en revanche consommé moins de produits alimentaires, et nettement moins de produits pétroliers raffinés et d'énergie, notamment des carburants, "en lien avec la forte augmentation des prix suite à la situation géopolitique", a-t-elle poursuivi.
Le commerce extérieur a contribué lui aussi positivement à la croissance. Les exportations ont rebondi nettement, de 2,6%, contrecoup d'un recul de 3,1% sur les trois premiers mois de l'année.
Cette croissance de 0,2% est "un chiffre largement attendu", a commenté auprès de l'AFP Maxime Darmet, économiste chez Allianz Trade. Et il est "satisfaisant au regard du contexte de prix d'énergie élevé."
Ce rebond "attendu" s'explique "premièrement en raison de la nette augmentation des exportations aéronautiques", analyse Stéphane Colliac, économiste chez BNP Paribas. "La bonne surprise concerne la consommation des ménages", tirée par "la progression des ventes de voitures électriques et hybrides".
- "Incertitude géopolitique" -
Le recul du PIB au premier trimestre avait d'abord fait craindre à certains économistes une récession technique, soit deux trimestres consécutifs de baisse, sous l'effet de la flambée des prix de l'énergie avec le conflit au Moyen-Orient, qui a débuté fin février.
Fin mai, "il était raisonnable de voir une récession technique au deuxième trimestre au moins comme une possibilité", souligne Fabien Bossy, chef économiste France de la banque d'investissement de la Société Générale. Pour lui, "les résultats de ce matin sont donc rassurants", même s'ils ne sont "pas enthousiasmants car l'accélération reste modeste".
Pour Mathieu Plane, directeur adjoint du département analyse et prévision de l'OFCE, c'est aussi "plutôt un bon chiffre vu le contexte" de hausse de prix de l'énergie et d'épisodes caniculaires. "On aurait pu penser que la guerre au Moyen-Orient pèse plus", avec "le pic du blocage du détroit d'Ormuz et de l'effet de l'inflation sur les prix de l'énergie", dit-il.
L'inflation avait connu un pic à 2,4% en mai, avant de refluer à 1,8% sur un an en juin, à la faveur de la signature d'un protocole d'accord le 17 juin entre les États-Unis et l'Iran.
"Le premier semestre est quand même mauvais", tempère cependant Mathieu Plane, qui se dit "prudent" pour le deuxième semestre, en raison notamment de "l'incertitude géopolitique". Pour lui, "la dynamique des prix du pétrole va jouer beaucoup".
X.Matos--PC