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Fifa: contre Infantino, l'UEFA, la Concacaf et l'AFC veulent rallier "la famille du football"
Déterminées à voir Gianni Infantino quitter la tête de la Fifa, les confédérations européenne (UEFA), nord-américaine (Concacaf) et asiatique (AFC) ont tenté lundi de rallier à leur cause la "famille du football", profondément divisée sur l'issue de la crise.
Faut-il forcer l'Italo-Suisse à un vote de confiance ? Ou au contraire passer l'éponge et attendre l'élection présidentielle dans sept mois, maintenant que la Fifa a présenté des "excuses" pour son projet avorté d'ouverture à des investisseurs privés, mené sans concertation par son patron ?
Le football "n'appartient à aucun individu", estiment lundi l'UEFA, la Concacaf et l'AFC dans une "lettre ouverte" commune. "Le leadership (...) ne consiste pas à détenir - ou à exiger - un pouvoir à conserver. C'est un devoir de service envers la famille du football".
Selon les trois instances frondeuses, "lorsque la confiance est brisée par la tromperie, lorsqu'un individu se place au-dessus du collectif qui lui a confié l'autorité, ce devoir est abandonné".
Sans jamais citer Gianni Infantino, elles balaient donc ses tentatives de sauver son trône, lui qui semblait il y a quelques semaines encore se diriger vers une tranquille réélection le 18 mars 2027 à Rabat, après un Mondial-2026 plus lucratif que jamais.
- "Rupture fondamentale de confiance" -
L'UEFA, la Concacaf et l'AFC n'ont nullement été convaincues par la lettre adressée mercredi dernier par la Fifa à ses 211 fédérations, qui reconnaissait des "erreurs" dans l'élaboration en catimini d'un projet de société commerciale finalement abandonné sous la pression.
"Cette lettre ne reconnaît pas que la proposition elle-même était fondamentalement erronée", déplorent les présidents et secrétaires généraux des trois instances. "Il n'y a toujours aucune admission que tenter de céder une participation dans la Coupe du monde de la Fifa constituait une grave défaillance de jugement — non seulement une erreur de procédure, mais une rupture fondamentale de confiance envers les institutions mêmes que la Fifa existe pour servir".
Les signataires restent aussi sceptiques sur la réunion d'urgence convoquée la semaine dernière à Rabat, pour voir la Fifa et son N°2 Mattias Grafström réaffirmer leur "soutien" à Gianni Infantino, sans inviter d'élus au Conseil ni se rendre au siège de Zurich "pour s'adresser au coeur de la Fifa, son personnel".
"Il y a du silence là où il devrait y avoir des responsabilités, de la distance là où il devrait y avoir de la transparence. Ce ne sont pas les qualités que le football mérite de trouver dans son leadership", insistent les trois confédérations.
- Rassurer les fédérations -
Mais alors que les positions semblent se figer après deux semaines de crise - Infantino demeure notamment soutenu par les confédérations africaine et sud-américaine -, l'UEFA, la Concacaf et l'AFC s'efforcent aussi de rassurer sur leurs intentions et, en creux, de rallier à leur cause les nombreuses fédérations silencieuses.
"Il ne s'agit pas d'argent", assurent-elles, sujet hautement sensible puisque la vigueur de la réplique partie d'Europe, où l'UEFA menace toujours de boycotter les tournois de la Fifa, a privé les fédérations tentées par le projet d'Infantino de la manne financière qu'il leur promettait.
Les trois instances ne s'opposeront pas à une rallonge aux fédérations, puisqu'elles "ont déjà appelé à une distribution responsable des vastes réserves existantes de la Fifa", souligne leur texte commun.
L'UEFA, la Concacaf et l'AFC n'entendent pas non plus "revenir sur l'élargissement des compétitions, les dotations liées à la Coupe du monde ou toute autre décision prise collectivement".
En additionnant tous leurs pays membres, les instances européennes, nord-américaines et asiatiques paraissent détenir une confortable majorité dans le système électoral de la Fifa, mais le calcul est trompeur: aucune discipline de vote ne leur est garantie.
Le Mexique s'est publiquement démarqué de la ligne de la Concacaf, réaffirmant son soutien à Gianni Infantino, alors que l'AFC apparaît encore plus divisée: Qatar, Sri Lanka, Koweït, Liban, Indonésie, Philippines, Mongolie et Bhoutan ont déjà volé au secours du patron de la Fifa.
H.Portela--PC