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Burnham évoque l'option d'un retour du Royaume-Uni dans l'UE : "Welcome back", répond Macron

Burnham évoque l'option d'un retour du Royaume-Uni dans l'UE : "Welcome back", répond Macron

Le Premier ministre travailliste Andy Burnham a relancé mercredi l'idée d'un retour possible du Royaume-Uni dans l'Union européenne, une première pour un chef du gouvernement britannique depuis le Brexit, saluée d'un "Welcome back!" par le président français Emmanuel Macron.

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Le Royaume-Uni a quitté l'Union européenne en 2020, après le référendum du 23 juin 2016, mais depuis, le sujet, qui a profondément divisé la société britannique, reste politiquement sensible et aucun gouvernement n'a souhaité rouvrir le débat, malgré les effets négatifs largement reconnus du Brexit, notamment sur l'économie.

Rompant avec cette prudence, Andy Burnham, arrivé à Downing Street en juillet après la démission de Keir Starmer, a déclaré mardi lors du congrès du Labour vouloir présenter "différentes options" pour les relations à long terme avec l'UE à l'occasion d'un sommet bilatéral prévu d'ici à la fin de l'année.

Interrogé mercredi sur BBC radio 4, il a cité plusieurs scénarios: le statu quo, un retour dans l'union douanière, dans le marché unique, "ou bien aller jusqu'au bout", c'est-à-dire réintégrer l'UE.

"Nous devons examiner ce qui est réalisable", a poursuivi le Premier ministre, jugeant qu'il n'était "pas satisfaisant de laisser cette question en suspens".

Il n'a pas indiqué quelle option avait sa préférence. Mais dans son discours mardi, Andy Burnham, qui avait fait campagne contre le Brexit en 2016, a estimé que la sortie de l'UE avait "fait plus de mal que de bien" au Royaume-Uni.

Début juin, avant d'entrer à Downing Street, il avait dit "espérer" que le Royaume-Uni retourne dans l'UE "de (son) vivant".

- "Opportunité historique" -

Le président français a salué d'un "Welcome back!" les propos d'Andy Burnham, estimant que "si les Britanniques veulent revenir et si le Premier ministre va dans ce sens, (...) c'est une très bonne nouvelle".

"Nos collègues à travers l'Europe peuvent constater qu'enfin, (...) le Royaume-Uni est prêt à aller de l'avant et à construire notre avenir commun ensemble", s'est félicitée auprès de l'AFP la députée travailliste Stella Creasy.

Le député européen Sandro Gozi, président d'une initiative parlementaire sur les relations bilatérales, a salué dans les propos de Burnham une "opportunité historique", au moment où l'UE cherche à développer des partenariats privilégiés avec d'autres pays, comme le Canada, face aux pressions et à la concurrence des Etats-Unis et de la Chine.

A l'inverse, les partisans du Brexit ont vivement critiqué une telle perspective.

Richard Tice, numéro 2 du parti nationaliste Reform UK dirigé par le héraut du Brexit Nigel Farage, a dénoncé une "trahison".

Dix ans après le référendum sur la sortie de l'UE, l'opinion publique britannique a évolué. Si un référendum devait avoir lieu, 55% des électeurs opteraient pour un retour dans le bloc, selon une enquête de l'institut Survation publiée début juin.

- "Divisions" -

"C'est fantastique, ça va aider le commerce", s'est réjoui John Baker, retraité de 76 ans rencontré mercredi par l'AFP à Manchester.

"J'aimerais que nous rejoignions complètement" l'UE, abonde Sally Jones, commerçante de 52 ans, tandis que Dougie Brown, compositeur de 38 ans, craint le retour des "divisions" et estime qu'"il y a tant d'autres problèmes à régler".

Si Andy Burnham n'appelle pas ouvertement à une réadhésion à ce stade, c'est "en raison des craintes que cela (...) ravive les déchirements du passé", souligne auprès de l'AFP David Henig, du cercle de réflexion European Centre for International Political Economy.

Le Labour avait remporté les élections de 2024 sur un programme promettant un rapprochement avec l'UE, tout en excluant un retour dans l'union douanière, le marché unique ou la libre circulation des personnes.

Après un premier sommet bilatéral en mai 2025, qui a abouti à un "nouveau partenariat stratégique", axé sur la défense et un assouplissement des relations commerciales, un nouveau sommet doit avoir lieu avant la fin de l'année.

L'ambassadeur de l'UE à Londres, le Finlandais Jukka Salovaara, s'est dit mardi "confiant dans le fait qu'(il) se déroulera en novembre".

Il y a une volonté "bien présente" de réussir ce sommet, a souligné à l'AFP une source officielle européenne, malgré des frictions sur la mobilité des jeunes et la politique européenne de soutien au "made in Europe".

E.Ramalho--PC