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Les fortes chaleurs s'étendent et pourraient coûter cher à la France
Les chaleurs caniculaires continuent de gagner du terrain mercredi, s'étendant à quasiment toute la France, et le gouvernement estime que leur succession cet été pourrait coûter jusqu'à 15 milliards d'euros à la France.
Pas moins de 78 départements de la métropole, du sud à l'ouest en passant par la Normandie, l'Ile-de-France et jusqu'aux Vosges, sont en vigilance orange canicule. Un chiffre qui grimpera à 80 jeudi.
"Ce mercredi, vers 15H00, on a relevé à l'intérieur des terres des températures de 35 degrés comme à Paris-Montsouris", voire jusqu'à 40°C comme à Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire), indique Météo-France dans son bulletin de 16H00.
Les canicules à répétition cet été pourraient coûter "de l'ordre de 10 à 15 milliards d'euros", selon la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, qui réunit mercredi le Comité d'anticipation et de suivi hydrologique (CASH).
Exemple des perturbations économiques: le parc de réacteurs nucléaires d'EDF a atteint mercredi matin un record d'indisponibilités dites "environnementales" liées aux fortes chaleurs et à l'arrivée massive de méduses dans la centrale de Gravelines (Nord), selon des calculs de l'AFP.
Au total en Europe, au moins 92 millions de personnes devraient connaître des températures supérieures à 35°C à un moment de la journée mercredi, dont 30 millions en France, selon les calculs de l'AFP.
Vers 20H00, lorsque le soleil sera momentanément obscurci par la lune, le thermomètre devrait encore afficher des valeurs "très élevées sur de nombreuses régions, en particulier à l'Ouest, souvent comprises entre 30 et 35°C, entre 25 et 28°C le long de la Manche", indique le prévisionniste national.
- "Fenêtres fermées" -
Dans la journée, les conditions seront encore rudes.
"Les fours tournent à plein régime jusqu'à 12 heures ou 13 heures donc (...) on garde la chaleur", explique Eléonore, 23 ans, une boulangère de Rennes qui a souhaité garder l'anonymat, et qui ne dispose que d'un ventilateur pour se rafraichir.
Dans la boucherie d'Erwan Créach ou dans les bus de la capitale bretonne, "pas le choix", c'est climatisation obligatoire pour préserver la viande et le moteur des véhicules.
"Je fais quasiment des pauses toutes les heures et demi pour (...) éviter que le bus ne tombe en panne. Ça me permet de m'hydrater aussi", explique Jean-Pierre, chauffeur, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.
Mais cette répétition épuise moralement. "A nouveau, on vit fenêtres fermées, dans le noir, et on ne peut même pas aérer la nuit tellement il fait chaud", constate, dépité, Romain Vandepitterie, un entrepreneur bordelais qui travaille chez lui.
Ce nouvel épisode caniculaire est la poursuite et l'amplification d'une vague de chaleur entamée le 28 juillet.
Il s'agit de la troisième vague de chaleur de l'été, après celle exceptionnellement intense de fin juin et celle du 4 au 19 juillet, parmi les plus longues jamais enregistrées. Avant cela, un épisode caniculaire précoce avait eu lieu fin mai.
Dans le contexte du réchauffement climatique lié aux activités humaines, ces périodes de fortes chaleurs sont plus fréquentes, intenses et étendues sur l'année.
Avec comme corollaire, une qualité de l'air qui se dégrade. Jeudi, la pollution à l'ozone devrait dépasser le seuil d'information-recommandation sur l'Ile de France, avertit Air Parif.
Le répit n'est pas attendu avant le week-end.
- Restrictions d'eau -
Autre conséquence du thermomètre en surchauffe et du manque de pluie, la sécheresse en France ne cesse d'empirer.
Les sols n'ont jamais été aussi secs en surface, et la situation des petits cours d'eau est "la plus critique jamais enregistrée à cette période" de l'année, selon Météo-France et l'Office français de la biodiversité (OFB).
Mardi, des restrictions sur l'eau potable concernaient les lieux de résidence de 62 millions de personnes, soit 94% de la population métropolitaine, selon les calculs de l'AFP.
Monique Barbut a appelé mercredi les préfets à faire appliquer les mesures "avec rigueur", à renforcer les contrôles et à n'accorder des dérogations qu'à titre "exceptionnel".
Le gouvernement a aussi revu en hausse le nombre de personnes affectées par des coupures d'eau du robinet, qui sont désormais "plus de 40.000".
dep-enl-bur-jmi/mpm
O.Salvador--PC