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Au Népal, des victimes de la crue catastrophe toujours en attente d'un toit
Au Népal, des victimes de la crue catastrophe toujours en attente d'un toit / Photo: Prakash MATHEMA - AFP

Au Népal, des victimes de la crue catastrophe toujours en attente d'un toit

Chaque jour, depuis son abri de fortune, Shanti Dangol, 62 ans, se tourne vers la rivière Trishuli en espérant y voir émerger des traces de sa maison emportée par la crue catastrophique qui a balayé sa vallée du Népal.

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Le 26 août, la vague gigantesque formée par l'effondrement d'un glacier et d'un pan d'un sommet de l'Himalaya, près de la frontière avec la Chine, a tout détruit sur son passage, ponts, routes et bâtiments.

Le dernier bilan encore provisoire des autorités népalaises fait état de plus de 1.400 morts et 5.000 disparus, auxquels s'ajoutent des milliers de sans-abri.

Auparavant propriétaire d'un hôtel, Shanti Dangol vit depuis sous la toile d'une tente plantée dans la clairière d'une forêt à Betrawati, un village du district de Rasuwa, qu'elle partage avec 25 autres familles privées de toit.

"Où est-ce qu'on est censé aller ? Qu'est-ce qu'on est censé faire ?", s'interroge-t-elle à haute voix. "La rivière coule à l'endroit où se trouvait notre maison. Où est-ce que le gouvernement va nous reloger ?"

En plus d'avoir perdu 18 membres de sa famille dans l'inondation, la Népalaise a vu son hôtel enseveli et reste sans nouvelle de quatre de ses salariés.

"Nous vivons en bord de route (...), on tend la main pour manger ce que l'on veut bien nous donner. On est en vie, mais c'est comme si on était morts", décrit-elle, "maintenant nous voulons juste un endroit pour vivre, rien d'autre".

Le gouvernement a évalué à plus de 7.500 le nombre d'habitations détruites par ce "tsunami des montagnes".

- "Très difficile" -

Un mois et demi plus tard, plus d'un millier d'habitants du district de Rasuwa sont toujours hébergés dans des centres d'accueil d'urgence, indique son administrateur, Kamal Prasad Pandey. "Leur relogement nous inquiète tout autant que leur hygiène et leur santé mentale".

Aarati Magar, 26 ans, qui a elle aussi perdu son hôtel dans la catastrophe, vit sous la même tente que Shanti Dangol et ses deux filles de 8 et 3 ans. Leur sécurité et leur éducation sont ses préoccupations quotidiennes.

"C'est très dur pour nous de vivre ici", soupire la mère de famille, "il n'y a pas de place, pas d'endroit pour se laver", dit-elle.

"Je ne vois pas comment on pourrait passer plusieurs mois encore dans cette tente", s'inquiète à son tour un autre de ses pensionnaires, Narayan Man Dangol, 58 ans, alors que l'hiver himalayen approche déjà.

"Le vent va tout emporter. Et puis il va pleuvoir. Ce n'est qu'un bout de tissu", dit-il en désignant la toile de son abri, "y vivre va être très difficile", ajoute-t-il.

D'autant plus que la crue l'a également privée de toute source de revenu. "On ne peut plus travailler dans les champs, la vie ne sera plus jamais la même", dit-il.

Responsable de l'autorité chargée de la gestion des situations d'urgence, Dharam Raj Uprety a récemment indiqué que ses équipes avaient suspendu leurs opérations de secours pour se pencher sur "la recherche d'abris et l'identification de zones de relogement".

"Cela va au-delà de la reconstruction des infrastructures détruites", a renchéri Kyoko Yokosuka, à la tête de l'antenne népalaise du Programme de développement de l'ONU: "Il s'agit d'aider les gens à regagner leur vie, de relancer l'économie, de relever des communautés entières".

Pour Shanti Dangol, il s'agit de retrouver au plus vite un abri en dur: "Nous ne voulons pas que la prochaine génération soit privée de toit comme nous le sommes".

aoj-pm/pa/bfi

P.L.Madureira--PC