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Les actionnaires valident la stratégie climat de TotalEnergies au terme d'une AG chahutée
Débutée sous haute tension avec les actionnaires bloqués à l'extérieur par des manifestants, l'assemblée générale de TotalEnergies s'est achevée en milieu de journée mercredi sur un large vote en faveur de la stratégie climat du géant français du gaz et du pétrole, dénoncée par des ONG environnementales et plusieurs petits actionnaires.
Près de deux heures avant le début de l'AG, environ 200 militants ont pris de vitesse les vigiles présents. Ils se sont installés, voire enchaînés devant les portes de la salle Pleyel à Paris pour empêcher l'accès aux actionnaires et espéraient ainsi bloquer la tenue de la réunion annuelle. D'autres ont déployé une large banderole "stop projets énergies fossiles", en Angola, en Tanzanie ou au Mozambique où le groupe est implanté.
A l'ouverture de la séance qui s'est tenue par conséquent "à huis clos" et en ligne, le PDG Patrick Pouyanné s'est excusé auprès des actionnaires n'ayant pu accéder à la salle. Moins d'une cinquantaine d'entre eux, arrivés tôt, ont pu y assister.
L'AG s'est achevée vers 13h00 avec un vote d'une résolution sur la stratégie climat du groupe, adoptée à près de 89%, en recul cependant par rapport à 2021. "Les actionnaires soutiennent la stratégie mise en oeuvre à une très large majorité", s'est félicité M. Pouyanné.
Pour l'ONG Reclaim Finance, ce résultat démontre au contraire "l'échec de l'engagement actionnarial qui se perd dans des dialogues sans fin et sans résultat". Elle appelle dans un communiqué "les investisseurs soucieux du climat à acter dès maintenant l'arrêt de leurs investissements dans l'expansion gazière et pétrolière".
Les militants présents devant la salle Pleyel ont hué le résultat, une fois connu, avant de chanter "Total, Total, il faut choisir les énergies fossiles ou notre avenir", a observé un journaliste de l'AFP.
"Aujourd'hui, on a perdu une bataille mais dans un an on peut gagner la guerre, les esprits évoluent", a cependant déclaré à l'AFP le député européen Pierre Larrouturou, présent sur place.
- Une contestation interne et externe -
Les manifestants, encerclés par une vingtaine de policiers, sont restés durant toute la durée de l'AG à l'extérieur de la salle, puis ont pu quitter les lieux, par petits groupes et dans le calme, une fois la séance terminée.
Ils jugent le groupe pétrolier et gazier "totalement irresponsable" car il continue à exploiter pétrole et gaz, malgré les appels des scientifiques à réduire drastiquement l'usage des énergies fossiles pour lutter contre le réchauffement climatique.
Ils dénoncent également la présence du groupe en Russie. L'ex-Total, rebaptisé l'an dernier, "finance la machine de guerre de Poutine", a affirmé à un journaliste de l'AFP Svetlana, activiste de Stand with Ukraine.
"Total continue de fonctionner avec un modèle économique qui est celui du monde d’hier", estime Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France, présent aussi sur place.
Dans la salle, au moins huit petits actionnaires espéraient influencer l'orientation climatique du groupe, un mouvement observé dans de multiples grandes entreprises en France, aux Etats-Unis et ailleurs.
Parmi les actionnaires rebelles, Edmond de Rothschild ou La Financière de l'Echiquier, pas spécialement connus pour leur activisme actionnarial, ainsi que le néerlandais MN. Mais aussi Meeschaert Amilton, Mandarine gestion et Sycomore AM, ou les Assurances du Crédit Mutuel. Tous avaient annoncé voter contre le plan climatique soumis aux actionnaires.
En cause: l'anticipation par TotalEnergies d'une "forte augmentation de la production des hydrocarbures sur 2019-2030" mais également le regret que "les excédents découlant des prix actuels élevés des hydrocarbures ne soient pas affectés prioritairement à des investissements additionnels dans le renouvelable", selon les Assurances du Crédit Mutuel.
D'autant que le groupe a dégagé un bénéfice de 16 milliards de dollars l'an dernier.
-Nouvelle acquisition verte-
TotalEnergies dit viser à terme la neutralité carbone au milieu du siècle, et s’est engagée, parmi d'autres objectifs, à réduire de plus de 30% par rapport à 2015, les émissions dégagées par les produits pétroliers qu'elle vend. Elle investit dans les renouvelables, ajoutant mercredi un grand producteur américain, Clearway, à son portefeuille.
Mais le groupe estime que la demande restera forte, ne croyant pas à une baisse de 30% d'ici à 2030, comme l'envisage l'Agence internationale de l'énergie (AIE). La "baisse de la demande de pétrole et de gaz ne sera pas linéaire", a déclaré M. Pouyanné devant la poignée d'actionnaires présents dans la salle.
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P.Sousa--PC