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Après le gel des subventions, l'administration Trump encourage le départ des fonctionnaires
Après avoir ordonné le gel de milliards de dollars de subventions, le gouvernement de Donald Trump a proposé mardi aux fonctionnaires fédéraux qui le souhaitent de démissionner en échange d'une indemnité, dans le cadre d'une vaste offensive pour réduire les dépenses publiques.
Lundi soir, la Maison Blanche a demandé aux ministères et agences fédérales de geler une partie des dépenses "d'assistance" -- subventions et allocations notamment -- et d'en faire une revue d'ensemble afin de s'assurer de leur conformité avec "les priorités présidentielles".
Dénoncée avec véhémence à gauche, la mesure a été suspendue mardi par une juge avant de bloquer potentiellement des centaines, voire des milliers de milliards de dollars irriguant tout le pays.
Les annonces fracassantes se sont poursuivies mardi soir: les fonctionnaires fédéraux américains ont reçu une lettre leur proposant de démissionner tout en conservant leur salaire et avantages sociaux jusqu'à fin septembre.
"On estime que 5 à 10 % des effectifs démissionneront, ce qui pourrait permettre de réaliser des économies de l'ordre de 100 milliards de dollars", a déclaré sur X Elon Musk, le dirigeant de Tesla, SpaceX et X, qui pilote une mission consultative au gouvernement pour faire des économies.
La lettre du bureau chargé des fonctionnaires fédéraux rappelle que le président américain a publié plusieurs directives concernant les fonctionnaires, décrétant notamment l'interdiction du télétravail, la fin de la discrimination positive au recrutement, une attention accrue aux performances et de probables plans sociaux pour réduire le personnel.
Autant de principes de management chers à Elon Musk, qui avait congédié les trois-quarts des employés de Twitter (désormais X) dans les semaines ayant suivi son rachat du réseau social fin 2022.
Le bureau remercie ceux qui décideront de rester, tout en précisant ne pas pouvoir garantir la pérennité de leur poste.
- "Un braquage" -
Le gel des subventions fédérales décidé lundi soir, qualifié mardi par la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt de "très responsable", a rapidement provoqué une bronca.
Plusieurs ONG et organisations représentant les petites entreprises ont déposé un recours auprès d'un tribunal fédéral de Washington, jugeant le mémo publié lundi soir "dénué de toute base juridique ou de la plus simple justification".
La juge saisie du dossier a ordonné sa suspension immédiate, et jusqu'à lundi prochain, le temps d'examiner le dossier.
Les procureurs généraux de 23 Etats ont aussi annoncé vouloir contester ce texte de l'exécutif.
L'opposition démocrate est de son côté montée au créneau, dénonçant, par la voix du responsable de la minorité démocrate au Sénat Chuck Schumer, une "décision illégale, dangereuse, destructrice, cruelle". "C'est un braquage, réalisé à l'échelle nationale", a-t-il aussi cinglé.
"Les Américains devraient se demander si c'est +woke+ de financer la recherche contre le cancer ou la reconstruction d'un pont délabré", a ajouté la sénatrice de l'Etat de Washington Patty Murray.
Selon la professeure de droit à l'Université Columbia Gillian Metzger, "le pouvoir exécutif a la possibilité de "reporter ou annuler des dépenses mais uniquement dans des cas particuliers et selon des procédures précises".
La mesure a provoqué la confusion dans le pays.
Durant quelques heures mardi, le portail d'accès à Medicaid, l'assurance santé pour les Américains les plus pauvres, était inaccessible dans plusieurs Etats américains, empêchant les hôpitaux et médecins d'obtenir le paiement des actes réalisés, selon plusieurs élus démocrates. La Maison Blanche a plus tard assuré que l'accès allait être rétabli.
- Réduire l'Etat -
Selon le mémo présidentiel, l'objectif est "d'éliminer le poids financier de l'inflation sur les citoyens, mettre fin aux politiques +woke+ et d'instrumentalisation de l'Etat".
La lutte contre le "wokisme", assimilé à une bien-pensance de gauche, fait partie des chevaux de bataille des conservateurs américains.
L'Etat fédéral a déboursé l'an dernier plus de 3.000 milliards de dollars en matière d'"assistance financière", ce qui inclut bourses, prêts, aides d'urgence en cas de catastrophe naturelle - autant de dépenses approuvées par le Congrès.
La semaine dernière, les Etats-Unis ont déjà gelé les aides apportées en dehors de leurs frontières, le temps d'un réexamen complet.
Le républicain a promis pendant sa campagne de réduire le poids de l'Etat fédéral et de tailler dans les dépenses.
J.V.Jacinto--PC