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Venezuela: faible affluence pour les élections, vers une victoire du pouvoir en l'absence d'opposition
L'affluence était faible à la mi-journée au Venezuela dans les bureaux de vote des élections législatives et régionales dont le pouvoir est largement favori, la plus grande partie de l'opposition boycottant le scrutin, dix mois après la réélection contestée du président Nicolas Maduro, entachée de fraude selon elle.
L'élection a été marquée par l'arrestation vendredi de Juan Pablo Guanipa, dirigeant de l'opposition proche de la leader Maria Corina Machado, qui appelle au boycott. L'ancien député est accusé d'appartenir à un "réseau terroriste" qui cherchait à "saboter" les élections de dimanche.
Cette arrestation a soulevé des protestations, notamment du secrétaire d'Etat américain Marco Rubio qui l'estime "injustifiée et arbitraire".
Le pouvoir, qui dénonce régulièrement des complots -réels ou imaginaires- a suspendu des vols en provenance de Colombie, dénonçant l'infiltration de "mercenaires" voulant "saboter" les élections.
Plus de 400.000 membres des forces de l'ordre sont déployées. Les bureaux de vote ferment à 18H00 (22H00 GMT) avec des résultats attendus en soirée.
Contrairement aux queues de la présidentielle du 28 juillet, les bureaux de vote étaient peu fréquentés, ont constaté des journalistes de l'AFP à Caracas, San Cristobal (sud-ouest, à la frontière colombienne) ou Barinas (sud-ouest).
Selon un sondage de l'entreprise Delphos, la participation devrait avoisiner les 16% à peine d'un corps électoral de 21 millions. L'essentiel des votants devrait être des militants du pouvoir.
"C'est un processus de participation citoyenne important", estime Samadi Romero, universitaire de 32 ans. Elle dit avoir voté pour Nicolas Maduro Guerra, le fils de président Maduro. +Nicolasito+, comme on le surnomme, est la tête de liste du parti de M. Maduro à Caracas.
"Je ne vais pas voter parce que j'ai voté le 28 juillet (présidentielle) et ils ont volé les élections. Alors, c'est vraiment une farce. Eux seuls (pouvoir) savent pourquoi ils l'organisent", affirme à San Cristobal, Candelaria Rojas Sierra, fonctionnaire retraitée de 78 ans, en allant à la messe "prier pour le Venezuela".
- Représentants pour l'Essequibo -
Lors de ce scrutin, le pouvoir a revu le découpage électoral pour faire élire un gouverneur et huit députés pour l'Essequibo, région riche en pétrole que Caracas revendique et dispute au Guyana dans le cadre d'un différend datant de l'époque coloniale.
La semaine dernière, le président du Guyana Irfaan Ali a affirmé à l'AFP qu'il s'agissait "d'une menace", bien que le vote n'ait lieu que dans la zone frontalière côté Venezuela. Il n'y a pas de bureaux de vote sur le territoire de 160.000 km² administré par Georgetown.
Le chavisme, mouvement créé par feu le président Hugo Chavez dont M. Maduro est l'héritier, contrôle actuellement 19 des 23 Etats du pays, et détient 253 des 277 sièges de députés.
Les sondages prédisent une majorité absolue pour le parti de M. Maduro à l'Assemblée. Et selon plusieurs analystes, l'opposition n'est en mesure de remporter que deux des 24 Etats: Zulia, l'Etat pétrolier, et Nueva Sparta, l'île de Margarita.
"La partie majoritaire de l'opposition ne va pas voter, ce qui favorise une victoire du pouvoir. Le 25 mai, nous allons avoir une carte très rouge", prévoit Jesus Castillo, le directeur du cabinet Polianalitica, en référence à la couleur du chavisme.
La campagne a été discrète, tant du côté de l'opposition que du pouvoir.
Avec "54 partis, plus de 6.500 candidats... Il y en a pour tous les goûts", se targue M. Maduro, qui promet une "victoire écrasante" de son camp.
De son côté, Mme Machado a dénoncé une "énorme farce que le régime veut monter pour enterrer sa défaite (à la présidentielle) du 28 juillet". "Nous allons (...) ratifier cette défaite avec l'absence totale, (...) en laissant tous les bureaux de vote vides", a-t-elle dit.
Les troubles post-électoraux s'étaient soldés par 28 morts et 2.400 arrestations (1.900 libérations depuis).
Henrique Capriles, deux fois candidat à la présidentielle, a toutefois entraîné derrière lui une frange de l'opposition convaincue de la nécessité de participer au scrutin.
"Le vote est un outil de changement, de lutte, de résistance. Je comprends la frustration des gens mais les luttes sont ainsi, elles sont difficiles (...) Il faut se battre", a justifié Juan Requesens, candidat au gouvernorat de Miranda, où se trouve une partie de Caracas.
A.Seabra--PC